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    Colombie: quel bilan un an après l'accord de paix avec les FARC?

    media Le 24 novembre 2016, un accord de paix a été signé par le gouvernement colombien et la guérilla des Farc pour mettre fin à des années de conflit. (Photo du 15 novembre 2016). REUTERS/John Vizcaino

    Il y a tout juste un an, le 24 novembre 2016, un accord de paix était signé entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et les FARC, mettant fin à 53 ans d'un conflit sanglant. La même année, le président colombien a reçu le prix Nobel de la paix, les rebelles ont rendu leurs armes et se sont reconvertis en parti politique. Ils conservent le même acronyme, FARC, et leur ancien chef Rodrigo Londoño «Timochenko» se prépare déjà à l'élection présidentielle de 2018. Au premier anniversaire de l'accord avec les Farc, le président Juan Manuel Santos s'inquiète d'une perte d'«espérance dans la paix» en Colombie, mais estime que les problèmes actuels sont des «sursauts» de la guerre et qu'il faut voir «le verre à moitié plein».

    Dans une allocution jeudi soir, la veille de la célébration du premier anniversaire de la signature de l'accord de paix avec les Farc, le président colombien Juan Manuel Santos a promis la plus grande sévérité contre les « dissidents » des Farc, ceux qui choisissent d'intégrer des gangs de trafiquants au lieu de rejoindre la vie civile. « Nous mettrons tous nos moyens contre ces dissidents. Il n'y
    aura aucune hésitation
      », a averti le chef de l'Etat. Plusieurs centaines auraient refusé la démobilisation. Selon les estimations des services de sécurité et des services spécialisés, ils seraient entre 700 et 1 000 « dissidents ».

    Lors d'une rencontre jeudi avec la presse étrangère à Bogota, Juan Manuel dos Santos a salué le « désarmement exemplaire » des 7 000 combattants des Forces armées révolutionnaires de Colombie. « Ce qui me préoccupe, c'est que les gens perdent l'espérance dans la paix. Mais les gens ont la mémoire très courte. Ils ont oublié comment c'était avant. Certains veulent voir le verre à moitié plein, d'autres à moitié vide. Au gouvernement, nous le voyons à moitié plein », a déclaré le chef de l'Etat. « Ce processus est irréversible. Il sera impossible pour le prochain président, quel que soit son parti, de revenir en arrière », a-t-il souligné.

    Pour l'ancien négociateur des FARC : «Il n'y a plus d'espace pour la guerre»

    Près de 9 000 armes déposées, des milliers de morts en moins : 78 cette année, selon les chiffres officiels, contre 3 000 par an en moyenne. Moins de déplacés aussi : -79% selon l'ONU. La Colombie souffre moins, mais elle fait face à de nouvelles menaces. Plusieurs centaines de guérilleros n'ont pas rendu les armes : entre 4 et 9%, selon les estimations. Le nombre de plantations de coca a triplé.

    Dans certains territoires abandonnés par les FARC, d'autres groupes, paramilitaires notamment, se livrent à des exactions, selon Amnesty International. Et puis le Congrès, divisé, tarde à voter les lois prévues dans l'accord de paix. Surtout celle qui doit créer un tribunal spécial chargé de juger les crimes graves de ce long conflit. Quant aux réformes rurales mentionnées dans l'accord, elles sont elles aussi toujours attendues.

    Dans un entretien à l'Agence France-Presse (AFP), Pastor Alape l'ancien négociateur des FARC soutient que l'Etat n'a pas tenu ses promesses. « Par manque d'unité surtout », consent-il. Pourtant, pas question de reprendre les armes. Il assure aujourd'hui qu'il « n'y a plus d'espace pour la guerre ».

    →A écouter le Reportage international : Colombie: un an après la paix, désillusion pour les guérilleros des FARC

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