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    Amériques

    A la Une: réactions hétéroclites après l'annonce de Trump sur Jérusalem

    media A Gaza, des palesitniens marchent sur une photo de Donald Trump juste après l'annonce de la décision de reconnaître Jérusalem, capitale d'Israël. ©MOHAMMED ABED/AFP

    « Depuis sa création Israël réclame que les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu. Jusqu'à présent, chaque gouvernement américain a lié cette reconnaissance de Jérusalem au statut final de la ville, négocié dans le cadre d'un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens », rappelle le New York Times qui s’insurge : « Et voilà que ce mercredi, Donald Trump a offert la reconnaissance de Jérusalem à Israël. Comme ça ! Gratuitement ! Sans contrepartie ! ». Et l’éditorialiste de conclure : « Cela fait 30 ans que je couvre la politique étrangère des Etats-Unis. Mais je n'ai jamais vu un président américain renoncer à autant de choses pour autant de gens, pour aussi peu. »

    « Le président Trump manque clairement de patience. C'est pourquoi il est incapable de tenir un discours mesuré ou de se comporter en homme d'Etat quand il s'agit des affaires internationales » estime le St. Louis Post Dispatch, qui poursuit en ironisant : « Le même président qui a si habilement géré des tensions nucléaires avec la Corée du Nord en traitant son dirigeant de ‘Petit homme-fusée’, apporte maintenant sa touche diplomatique au Moyen-Orient. Mais sérieux ! Ce serait le comble de l'ironie si ce président, dont l'approche de la diplomatie internationale est la plus godiche de l'histoire américaine, s'avérait être celui qui apporte la paix au Proche Orient. »

    Mais il y a aussi ceux qui saluent la décision de Donald Trump. A l’instar du Boston Herald qui écrit : « Jérusalem est depuis toujours un objet de marchandage. Sur la route vers la paix au Proche Orient, il existe des obstacles bien plus hauts qu'une déclaration présidentielle sur la capitale d'Israël ! Comme par exemple le refus des Palestiniens de reconnaître le droit d'Israël d'exister. La décision de Donald Trump n’y change pas grand-chose ».

    « Beaucoup d'Américains sont en colère », constate USA Today. « Ils sont en colère parce que Monsieur Trump tient parole sur un dossier qui a permis à trois de ses prédécesseurs d’arriver à la Maison Blanche et qui ensuite n’ont pas tenu leur promesse. Au fur et à mesure que Donald Trump réussit à imposer des résultats concrets, comme le Travel Ban ou l’abrogation de certains acquis d'Obamacare, une réalité gênante commence à émerger à travers le pays : ce président, vu par de nombreux électeurs comme indigne de confiance, s'avère apparemment très fiable quand il s'agit de joindre les actes aux paroles. »

    Honduras : la crise électorale s’enlise

    Après la présidentielle du 26 novembre, la crise électorale s’enlise au Honduras. Mercredi, une solution semble pourtant possible, puisque le président sortant et candidat à sa réélection pour le Parti National, Juan Orlando Hernandez, avait donné son accord pour le recomptage de l'ensemble des procès-verbaux pour écarter les soupçons de fraude. Chose qui avait été réclamée par son principal adversaire, le candidat de l'Alliance de l'opposition contre la dictature, Salvador Nasralla.

    Mais selon le journal La Prensa, Juan Orlando Hernandez est certes d'accord pour un recomptage total du processus électoral. Il insiste toutefois à ce que cette vérification se fasse « dans le cadre de la loi électorale » et donc par le TSE, le Tribunal suprême électoral. Or, son adversaire, Salvador Nasralla, n'a aucune confiance en cette instance et réclame aux organisations internationales, dont l'OEA, la formation d'un organisme indépendant pour procéder au recomptage, rapporte El Heraldo.

    Voyant que le président sortant n'accède pas à cette nouvelle exigence, Salvador Nasralla est encore allé plus loin et souhaite maintenant l'organisation d'un second tour entre lui et Juan Orlando Hernandez. Cette proposition est également inacceptable pour le Parti National. Parce qu’elle impliquerait la remise en question des résultats annoncés par le Tribunal suprême électoral, résultats, rappelons-le, qui donne Juan Orlando Hernandez vainqueur de la présidentielle, explique encore La Prensa. Du coup, le président sortant a appelé ses partisans à manifester aujourd'hui dans la capitale Tegucigalpa pour défendre sa victoire. Et le quotidien de conclure : « Alors que les candidats campent sur leurs positions, la population hondurienne plonge dans l'incertitude et la peur que les actes de violence gagnent du terrain à travers le pays ».

    Colombie : crise dans les pourparlers entre gouvernement et ELN

    En Colombie, les pourparlers de paix entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et la guérilla ELN semblent traverser une crise. Mercredi, le général Eduardo Herrera a démissionné de la délégation gouvernementale, annonce El Tiempo. Son départ porte à quatre les démissions au sein de l'équipe de Bogota à la table des négociations. La semaine dernière déjà, le chef de la délégation avait donné sa démission.

    Le quotidien El Colombiano croit savoir que c'est la stratégie de Juan Manuel Santos qui est à l’origine du problème. Car au-delà des négociateurs officiels, le chef de l'Etat a jugé bon d'envoyer deux de ses proches aux pourparlers avec l'ELN, un ex-ministre et un député. « Une structure parallèle qui permet à la guérilla de jouer sur deux tableaux ce qui décrédibilise la délégation officielle », explique le journal.

    Le président Santos minimise les difficultés. Il doit annoncer une nouvelle équipe de négociateurs dans la journée, conclut El Colombiano.

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