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    Trump dément avoir tenu des propos injurieux, la polémique enfle

    media Le président américain Donald Trump a ignoré les questions des journalistes concernant ses propos injurieux alors qu'il rendait hommage à Martin Luther King. REUTERS/Joshua Roberts

    Le président Donald Trump dément sur Twitter avoir utilisé l’expression « pays de merde » pour qualifier Haïti, le Salvador et certains pays africains. « J'ai employé des mots rudes mais pas celui-là » a écrit Donald Trump. Hasard du calendrier, en pleine polémique, le président américain vient de rendre hommage à Martin Luther King. Donald Trump a ignoré les questions des journalistes qui l’ont interrogé sur ses propos de jeudi.

    Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

    « Monsieur le président êtes-vous raciste ? » la question a été posée à plusieurs reprises par la presse à l’issue du discours de Donald Trump. Mais le président n’a pas répondu.

    Dans son allocution, il a rendu hommage à l’héritage de Martin Luther King champion de la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains. Donald Trump a lu son discours et s’est bien gardé d’improviser comme il le fait régulièrement. Il a notamment déclaré : « Quels que soient notre couleur de peau et notre lieu de naissance, nous sommes tous égaux. »

    « Il a dit des choses haineuses, ignobles et racistes »

    Mais cette tentative pour rectifier les propos injurieux tenus jeudi dans le bureau ovale n'a pas suffi pas à apaiser la polémique. Personne ne croit au vague démenti qu’il a publié sur Twitter, puisque quelques temps après, ses propos ont été confirmés par un sénateur présent dans le bureau ovale.

    Dick Durbin confirme sans ambiguïté les propos outranciers du locataire de la Maison Blanche. « Alors que le sénateur Graham faisait sa présentation, le président l'a interrompu à plusieurs reprises avec des questions, et au cours de ses commentaires il a dit des choses haineuses, ignobles et racistes, a expliqué le sénateur démocrate. J'emploie ces mots sans hésiter. Je sais qu'il s'agit de termes très forts. »

    « Je crois que dans l'histoire de la Maison Blanche, dans ce bureau ovale, aucun président n'a jamais utilisé les mots que j'ai personnellement entendus dans la bouche du président hier, a poursuivi l’élu démocrate. Vous avez lu les articles dans la presse, je n'en ai lu aucun qui était inexact. Sans surprise le président a tweeté ce matin pour démentir avoir utilisé ces mots. Mais ce n'est pas vrai. Il a dit ces choses haineuses et il les a dites de manière répétée. »

    « Quand la question du sort des Haïtiens a été évoquée par exemple. Il a dit : "les Haïtiens ? Est-ce qu'on a besoin de plus d'Haïtiens ?" Et ensuite il a continué quand on a commencé à parler de l'immigration venue d'Afrique qui était protégée dans cet accord bilatéral. C'est là qu'il a utilisé ce commentaire vulgaire et ignoble en qualifiant les pays dont ils venaient de "trous à merde". C'est le terme exact qu'il a employé, pas une fois, mais plusieurs reprises. »

    Indignation chez les républicains

    Les propos de Donald Trump ont suscité de nombreuses réactions dans le monde et aux Etats-Unis. Et même au sein du parti républicain, les condamnations sont de plus en plus nombreuses.

    Après un long silence le chef de la majorité à la chambre s’est exprimé. Il a qualifié les propos du président d’« inutile » et d’« infortuné ». Paul Ryan a évoqué l’histoire de sa propre famille pour rappeler qu’aux Etats Unis, la très grande majorité des citoyens sont descendants d’immigrés.

    « Ma famille, comme celle de beaucoup de gens, est venue d’Irlande à bord de ce qu’on appelait à l’époque des bateaux cercueils. Ils sont venus ici et ont travaillé sur les voies ferrées (...) jusqu’à ce qu’ils aient gagné assez d’argent pour s’acheter une ferme dans le Wisconsin. Ensuite leur fils a lancé une entreprise qui faisait des remblais pour le chemin de fer et cette entreprise a évolué est aujourd’hui dirigée par mes cousins. C’est une belle histoire de l’Amérique. C’est l’histoire qui se déroule aujourd’hui, qui se déroulait hier, et c’est ce qui fait de ce pays si exceptionnel et unique. »

    Le très respecté sénateur John McCain a assené sur Twitter : « les gens sont venus de partout pour faire donner sa grandeur à l'Amérique. Notre président doit respecter cette vérité ». Le coup de grâce est venu du sénateur Lindsey Graham, républicain présent dans le bureau ovale qui a affirmé : « j'ai dit au président que je n'étais pas d'accord. J'ai toujours pensé que l'Amérique était définie par son idéal, pas par sa population ».

    L’ambassadeur au Panama a annoncé sa démission officiellement pour raisons personnelles mais selon l’agence Reuters, elle serait liée aux termes employés par le président.

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