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    «Non à la narco-esthétique» en Colombie

    media En 2016, près de 300 000 interventions esthétiques ont été pratiquées en Colombie. Najet Benrabaa / RFI

    Les cartels de la drogue n'ont pas donné naissance qu'à un large trafic de poudre blanche. Ils ont également influencé la culture et la société colombienne. L'image de la femme s'est transformée. Les « poupées des narcos », c'est-à-dire les femmes pulpeuses à la forte poitrine et aux fesses rebondies, sont devenues un canon de beauté dans le pays. Des organisations de défense des droits de la femme tentent de faire évoluer les choses, sur un territoire où la chirurgie esthétique est courante. En 2016, 288 443 interventions ont été́ enregistrées en Colombie, soit environ 790 opérations par jour.

    La narco-esthétique est arrivée en Colombie dans les années 1980. Comme son nom l'indique, elle est liée aux narcotrafiquants. Ils ont imposé à leurs femmes « leurs canons de beauté » : forte poitrine, fesses protubérantes, ventre plat et visage au nez fin. Ces caractéristiques correspondent « au corps féminin parfait » fantasmé par les narcos, loin de la réalité des Colombiennes.

    Alors, pour tenter de se rapprocher de cet idéal, la chirurgie esthétique est courante. A Medellin, la ville de Pablo Escobar, le narcotrafiquant colombien le plus célèbre, les filles fêtent leur 15 ans avec en cadeau une opération de chirurgie esthétique. L'augmentation mammaire et les liposuccions sont les interventions les plus fréquentes.

    D'après l’International Society of Aesthetic Plastic Surgery (ISAPS), la Colombie est le septième pays au monde en nombre d’interventions esthétiques. Elle est sixième si l'on ne prend en compte que les chirurgies plastiques.

    En lutte pour changer les mentalités

    Ce constat terrifie une partie de la société. Des Colombiens publient des photos et vidéos sur les réseaux sociaux pour dénoncer les dangers de la chirurgie : réactions inflammatoires, opérations ratées, décès de patientes après ou pendant l'opération. Les organisations s'unissent également à ce mouvement tel La red feminista antimilitarista - le réseau féministe antimilitariste –, installé à Medellin depuis 25 ans.

    Dernièrement, une de ses responsables, Sandra Isaza, a lancé une vidéo d'alerte sur le sujet avec la participation du quotidien El Espectador : « #NiUnaMenos ». Le réseau est géré par  25 femmes qui travaillent sur « les questions de la domination entre les races et les sexes et de la militarisation de la Colombie ». Au total, 150 personnes fréquentent l'organisation.

    Sandra Isaza, membre du Réseau Féministe Antimilitariste de Medellin, à l'origine de la vidéo contre la narco-esthétique Najet Benrabaa/RFI

    A 40 ans, femme accomplie et sûre d'elle, Sandra affirme ses opinions. « Dans la logique du narcotrafic, nous sommes vues comme des produits. Comment je dois m'habiller ou paraître pour être plus attractive, plus “consommable”. A Medellin, le fait d'être ronde ou grosse est mal vu. »

    A cela s'ajoutent les relations humaines réelles avec les narcotrafiquants. « Certaines femmes flirtent avec les narcos et elles veulent le montrer à travers les chirurgies de leur corps. Elles veulent attirer l'attention et recevoir des compliments ou simplement des réactions des hommes pour leurs seins, leurs fesses ou leur taille. »

    Le rôle des « Novelas », les feuilletons télés

    Pour Sandra, la télévision a son rôle à assumer dans ce fantasme de la narco-esthétique. « L'influence des novelas (les feuilletons télés) en Colombie est très forte. Elles accentuent le regard “narco”. Elles parlent des "poupées” de la mafia comme dans la novela “Sin tetas no hay paraíso” et maintenant, la suite “Sin tetas sí hay paraíso”. Ce sont des feuilletons qui rencontrent un grand succès. Ils génèrent une certaine image de la Colombie et de la femme, sur son comportement et sa manière de se vêtir. »

    La présidente de l'Union des citoyennes  de Colombie (Union de Ciudadanes de Colombia), Margarita Rosa Trujillo parle d’un « goût narcotrafiquant. Ce n'est pas un goût commun à tous. Malheureusement, il est répandu. C'est une mauvaise éducation du goût et de l'esthétique. Il n'y a pas de raison que ce soit une règle. Pour moi, nous sommes devant un produit du machisme et de la société patriarcale. Le narcotrafic est le résultat du machisme où les hommes, et le monde entier considèrent que le plus important, c'est l'argent ».

    L'ONG lutte depuis 60 ans pour l'équité des genres. « Ces transformations physiques créent de la tristesse, pas de la joie. Au bout du processus, on entre dans de l'esclavage mental des femmes. Cela produit des maladies mentales. Elles ne se rendent pas compte qu'ils sont en train de les réduire à des objets sexuels. »

    D'après la Médecine légale de Colombie, les morts à la suite d'une chirurgie plastique ont augmenté de 130% en un an.

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