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    Afrique

    Canada: l'association Sherpa demande une enquête sur les «biens mal acquis»

    media L'avocat français et fondateur de l'ONG Sherpa William Bourdon, ici dans son bureau à paris le 23 décembre 2014. JOEL SAGET / AFP

    L'ONG Sherpa, organisation de défense des droits de l'homme, demande l'ouverture d'une enquête au Canada dans le cadre des affaires des « Biens mal acquis ». Dans le viseur, une vingtaine de politiciens, hommes d'Etat et hauts gradés en Afrique, allant des membres de la famille Bongo (Gabon) à Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), en passant par le clan autour d’Idriss Déby (Tchad), notamment. William Bourdon, président et fondateur de Sherpa, les accuse de s'être constitué un patrimoine immobilier à travers des opérations de blanchiment d'argent au Canada.

    Selon l’ONG française Sherpa, leur saisine de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), intervient « en étroite coordination » avec la Coalition Biens Mal Acquis du Canada. Au Canada, les autorités ont refusé de confirmer qu'une enquête était en cours. « Nous sommes au courant de l'affaire », a seulement dit une porte-parole de la GRC. La Coalition Biens Mal Acquis du Canada a pour sa part relevé à l'AFP « que l'enquête devrait être enclenchée vu que la GRC a reçu la plainte ».

    Le Journal de Montréal, qui a révélé l'information, a recensé « des dizaines de propriétés entre les mains de ministres, d'ex-ministres et autres personnalités proches de dictateurs et de dirigeants corrompus d'Afrique ». Ces biens immobiliers, selon le quotidien, se situent à Montréal, à Ottawa et dans une cossue région montagneuse québécoise. Le Journal évoque plus de 30 millions de dollars canadiens (19 millions d'euros) investis au total.

    Plusieurs procédures sont déjà en cours en France dans ces dossiers dits des « biens mal acquis ». En 2017, le vice-président de Guinée équatoriale, Teodorin Obiang, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende, également avec sursis. Cela pour s'être bâti frauduleusement un patrimoine en France.

    Le président et fondateur de Sherpa, William Bourdon, « les soupçonne, et c’est la philosophie des procédures des biens mal acquis, d’avoir - par des procédés divers plus ou moins sophistiqués - profité et abusé des positions qui étaient les leurs, officielles ou officieuses. »

    On les soupçonne (...) au prix d’un certain nombre d’infractions financières dont le résultat est toujours d’opérations de blanchiment, d'avoir favorisé leur enrichissement personnel - illustré notamment par l’acquisition de biens et immeubles, pas dans leur pays, pas dans leur capitale, loin des yeux et des yeux du juge local.
    William Bourdon, président et fondateur de l'ONG Sherpa, à l'origine de l'enquête 02/03/2018 - par RFI Écouter

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