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    Moyen-Orient

    Attaque chimique présumée en Syrie: Washington prépare sa riposte

    media Le président américain Donald Trump s'est exprimé sur la Syrie en marge d'une réunion de son cabinet à la Maison Blanche le 9 avril 2018. REUTERS/Kevin Lamarque

    Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir ce lundi 9 avril pour évoquer la situation en Syrie, après l’attaque chimique présumée à Douma, dernier bastion rebelle aux abords de Damas. Les Etats-Unis ont démenti être à l’origine des tirs de missile qui ont visé dimanche le régime syrien, mais n’excluent pas d’intervenir et durcissent le ton à l’égard de la Russie.

    Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

    Les Etats-Unis se préparent à riposter après l’attaque chimique qui aurait touché la ville de Douma, dans la Ghouta orientale. Le président américain prévient qu’une décision majeure sera prise dans les prochaines 48 heures.

    Il y a tout juste un an, Donald Trump avait justifié un raid américain sur la base aérienne de Shayrat en Syrie par l’horreur qu’avaient suscitée les images d’enfants gazés. Des images tristement similaires ont été diffusées ce week-end après l’attaque chimique de Douma, et le président américain prévient : il ne restera pas les bras croisés. Donald Trump est intervenu devant les médias lors de la réunion de son cabinet à la mi-journée.

    « Je voudrais commencer par condamner l’odieuse attaque sur d’innocents Syriens avec des armes chimiques interdites, a déclaré le président américain. C’était une attaque atroce, c’était horrible. Nous étudions de très près la situation, nous consultons les militaires et nous allons prendre des décisions majeures dans les prochaines 24 à 48 heures. Nous sommes très préoccupés qu’un tel événement puisse se produire. Nous ne pouvons pas laisser ce genre de choses se passer. » 

    Le président américain a demandé à ce que les enquêteurs puissent se rendre sur place. Donald Trump continue par ailleurs de s’interroger sur le rôle de la Russie dans cette attaque. Interrogé sur la responsabilité de Vladimir Poutine, le président américain a répondu : « Elle est possible et si c’est le cas ce sera dur, très dur, il devra en payer le prix. »

    Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis (c) a déclaré ce lundi 9 avril qu'il «n'exclut rien» après l'attaque chimique présumée en Syrie. REUTERS/Joshua Roberts

    « Pas d'action militaire pour le moment »

    « Nous n’envisageons pas d’action militaire pour le moment », avait déclaré un le secrétaire à la Défense ce lundi matin, alors qu’il recevait l’émir du Qatar en visite à Washington. James Mattis insiste sur la nécessité d’une action coordonnée avec les alliés des Etats-Unis et met directement en cause la Russie qui avait parrainé en 2013 un plan d’élimination des armes chimiques.

    « La première chose que nous devons établir est pourquoi les armes chimiques sont toujours employées en Syrie alors que la Russie était le garant du retrait de tous les matériaux chimiques de ce pays. Donc nous travaillons avec nos partenaires, l'Otan, le Qatar et d’autres pour résoudre ce problème », a-t-il déclaré.

    Dans un tweet posté dimanche 8 avril, le président américain a également pointé la Russie du doigt. Donald Trump a accusé Vladimir Poutine de soutenir « l’animal Assad ».

    Vers la création d'un mécanisme d'enquête indépendant

    Washington a également proposé ce lundi 9 avril au matin une résolution créant un « mécanisme d'enquête indépendant des Nations unies » en Syrie, selon ce projet de résolution obtenu par l'Agence France-Presse. Ce nouvel outil d'investigation des Nations unies aurait un mandat initial d'un an, renouvelable.

    L'ONU n'a plus d'organisme d'enquête dédié aux attaques chimiques en Syrie depuis la disparition fin 2017 du JIM, un groupe ONU-OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) dont le mandat n'a pas été renouvelé en raison de plusieurs veto russes.

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