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    Amériques

    Les journalistes équatoriens d'«El Comercio» probablement assassinés en Colombie

    media Ricardo Rivas, frère de l'un des journalistes enlevés, s'adresse à la presse le 1er avril 2018. REUTERS/Daniel Tapia

    Le stade de l'inquiétude est dépassé en Equateur, au sujet d'une équipe de journalistes enlevés le 26 mars par des présumés guérilleros colombiens. En effet des photos circulent en Colombie qui semblent confirmer l’assassinat des trois membres de l‘équipe du quotidien El Comercio, l’un des plus influents d'Equateur. Les autorités équatoriennes indiquent que les photos sont en en cours d'analyse et le président équatorien a décidé de quitter Lima où il se trouvait pour participer au VIIIe Sommet des Amériques, afin de rentrer à Quito.

    Le président équatorien Lenin Moreno a quitté Lima où il devait participer au Sommet des Amériques, pour regagner Quito tant les Equatoriens craignent le pire concernant les trois journalistes enlevés le 26 mars dernier. « J'ai décidé de rentrer immédiatement en Equateur en raison de la situation critique que nous vivons en ce moment », a déclaré sur twitter le président qui a lancé un ultimatum de 12 heures aux ravisseurs.

    Hier soir, jeudi, sur la grand-place de Quito, en face du palais présidentiel, ils sont arrivés vers 19h comme tous les soirs depuis le 26 mars, date de l’enlèvement du reporter Javier Ortega, du photographe Paul Rivas et de leur chauffeur Efrain Segarra, rapporte notre correspondant,  Eric Samson. Sauf que hier, le coeur n’y était plus. Ils avaient beau crier « #NosFaltan3 » («Il nous en manque trois») et « nous les voulons de retour », cette manifestation était bien un adieu.

    Des rumeurs puis des informations négatives sont en effet arrivées toute la journée de Colombie. Il y a quelques jours, un supposé communiqué de dissidents des Farc avait déjà annoncé l’exécution des trois otages mais faute de confirmation officielle, leurs familles, leurs amis et leurs collègues avaient décidé de ne pas perdre espoir.

    Jeudi matin, ce sont en revanche des photographies qui ont été remises au média colombien RCN. Sur ces photos, l’un des otages exécutés était identifiable. Toute la journée, les médias au courant comme Radio France internationale, les ONG de défense de la liberté de presse comme Fundamedios, la FLIP et Reporters sans frontières ont décidé de ne rien publier jusqu’à ce que les familles soient informées.

    Dans la soirée, des fuites en Colombie ont tout précipité. A la une de la page web du quotidien El Comercio, une phrase d’Albert Camus prenait alors un sens dramatique : « La presse libre peut être bonne ou mauvaise, mais sans liberté, la presse ne sera jamais que mauvaise ». Sans liberté mais également sans journalistes.

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