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    Amériques

    Nicaragua: Masaya panse ses plaies après un samedi de violences

    media Des manifestants défilent à Managua contre le pouvoir de Daniel Ortega, le vendredi 11 mai 2018. REUTERS/Oswaldo Rivas

    Ce dimanche, le Nicaragua a retrouvé un certain calme après les violences meurtrières qui ont eu lieu samedi à Masaya. Une ville proche de la capitale Managua, vers laquelle a convergé une immense caravane de véhicules pour rencontrer les victimes de la répression policière qui a fait un mort et quelque 150 blessés. Dans l'intérieur du pays, de nombreuses routes restaient coupées, alors que les familles des Nicaraguayens tombés sous les balles de la police ces derniers jours enterraient leurs morts.

    Avec notre correspondant régional, Patrick John Buffe

    Ce dimanche, les habitants de Managua ont été des milliers à se rendre en voitures, en camionnettes et en motos à Masaya, dans le but de montrer leur solidarité avec les manifestants de cette ville qui, samedi, avait été mise à feux et à sang par la police anti-émeute et des milices armées sandinistes.

    Durant le parcours, les membres de cette immense caravane ont lancé des slogans contre Daniel Ortega et Rosario Murillo, le couple présidentiel dont ils demandent la démission.

    Mais malgré une journée sans répression, l'incertitude prévaut toujours au Nicaragua. Car c'est ce lundi qu'expire le délai imparti par l'Eglise catholique au chef de l'Etat pour qu'il accepte de participer à un dialogue national.

    Une médiation compromise

    Le président Ortega n'a toujours pas réagi, mis à part le message qu'il a adressé samedi soir aux Nicaraguayens. Un message par lequel il prétendait « réitérer l'appel et l'engagement de mettre fin à la mort et à la destruction ».

    Sans autre réponse de sa part, il est fort possible que l'Eglise catholique renonce à sa médiation dans cette crise qui risque de s'approfondir avec l'appel des manifestants à de nouvelles mobilisations.

    ANALYSE

    Il y a des informations qui nous viennent notamment de la Fédération des droits de l’homme, selon lesquelles il y a des paramilitaires, soutiens occultes du régime, qui s’occupent de la répression la plus dure.

    Alain Musset

    Spécialiste de l'Amérique centrale à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)

    14/05/2018 - par Stefanie Schüler Écouter

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