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    Eruption du volcan Fuego au Guatemala: le bilan continue de s'aggraver [Diapo]

    media Guatemala: dans les cendres volcaniques, San Miguel Los Lotes, Escuintla le 4 juin. REUTERS/Luis Echeverria

    Au Guatemala, le bilan continue de s'alourdir après la spectaculaire éruption du volcan Fuego, qui culmine à plus de 3000 mètres, dimanche 3 juin. Au moins 69 morts, des centaines de blessés, de nombreuses communes rurales alentour détruites... Les opérations de recherche et d'évacuation sont rendues difficiles par de nouvelles éruptions de lave, de cendre et de gaz toxiques. Les vols ont repris depuis l'aéroport mais l'état d'urgence est maintenu dans les trois départements les plus touchés, à une trentaine de kilomètres seulement de la capitale. Le président Jimmy Morales Cabrera a déclaré trois jours de deuil national.

    Les cendres sont encore fumantes, et l'air difficilement respirable... Dans les deux communes les plus touchées, El Rodeo et San Miguel Los Lotes, les pompiers qui recherchent des disparus, s'attellent à la construction de passerelles en bois pour pouvoir traverser les coulées de laves encore brûlantes... et accéder aux maisons ou à ce qu'il en reste.

    Sur les images publiées par la presse et sur les réseaux sociaux, on découvre ces villages en partie ou totalement enterrés sous une boue grisâtre. «Une Pompéi guatémaltèque», disent certains : seuls les étages supérieurs, les toitures sont encore visibles. Ici et là des arbres couchés, des camionnettes sans dessus dessous, et sous les débris, les sauveteurs ont pour l'instant retrouvé 28 corps figées comme des statues, asphixiés par les gaz, ou brûlés par les nuées ardentes.

    Actuellement, «69 corps» sont en cours d'identification au sein de l'Institut national médico-légal(Inacif), indiquait lundi soir son directeur, Fanuel Garcia. Les corps sont souvent calcinés aussi seules 17 personnes ont pu être identifiées grâce à leurs «empreintes digitales et leurs caractéristiques physiques», précisait à l’AFP, Fanuel Garcia.

    Outre les personnes décédées et blessées, il y aurait également de nombreux disparus. «Il y a des disparus, mais on ne sait pas combien», déclarait encore lundi le directeur de la Conred, la Coordination nationale pour la gestion des catastrophes, Sergio Cabañas. Difficile de savoir combien de personnes sont encore sous les décombres. Plus d'un million et demi de personnes ont été affectées. Au total, près de 3300 personnes ont été évacuées de la zone et un peu plus 1800 sont prises en charge dans différents centres d'urgence du département d'Escuintla.

    Le président Jimmy Morales Cabrera s'est rendu sur place lundi. Il a annoncé 3 jours de deuil national.

    Pouvait-on anticiper une éruption d'une telle ampleur ?

    Difficilement, selon le volcanologue Bruno Scaillet, chercheur en sciences de la terre au CNRS. C’est un volcan bien connu de la communauté des scientifiques parce que c’est « l‘un des plus actifs au monde », nous explique le volcanologue. Comme « il a beaucoup d’activité, on a beaucoup de données d’observation à partir desquelles on pourrait penser qu’on en connaît bien le fonctionnement, mais non ! ». La volcanologie n’est pas une science exacte rappelle le chercheur. « Un volcan a toujours un bruit de fond : séismes, fumées, gaz, mouvements du sol » mais la difficulté est de savoir à partir de quand on s’écarte de ce bruit de fond. « Le problème de ce volcan est que comme il est très régulièrement en éruption, on est incapable de dire aujourd’hui si ça va être une grosse ou une petite (éruption) et de quel forme : une coulée de lave ou des explosions. Dans le cas du Fuego, je pense que les gens ont été un peu pris par surprise par la violence de l’événement. Le Guatemala est un pays très très peuplé, les plaines autour des volcans sont très fertiles et très cultivées. Cela rend encore plus difficile la gestion du risque associée au volcanisme actif dans un petit pays comme le Guatemala, par ailleurs pas très riche. »

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