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    G7: la brouille entre Trump et Trudeau fait réagir aux Etats-Unis et au Canada

    media Le président américain, Donald Trump, et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, avaient pourtant mis en scène leur réconciliation samedi 09.06.2018, lors du sommet du G7 2018 au Quebec REUTERS/Christinne Muschi

    Au lendemain du fiasco lors de la réunion du G7, à l'issue de laquelle Donald Trump a finalement décidé de ne pas endosser le communiqué final, les réactions ont été vives aux États-Unis. Beaucoup, même dans le camp républicain, dénoncent le protectionnisme du président américain et sa volte-face via Twitter. Au Canada en revanche, la classe politique affiche un front uni derrière le Premier ministre Justin Trudeau.

    Face aux critiques, la Maison Blanche a envoyé ses principaux conseillers économique défendre le cavalier seul de Donald Trump, avec des éléments de langages particulièrement agressifs. De toute évidence, le président américain n'a pas le monopole de la formule-choc.

    Dimanche à la télévision, son conseiller pour le commerce a défendu la position protectionniste des États-Unis, estimant que le communiqué rédigé par le G7 était « socialiste », et que le président américain s'était rendu par courtoisie au Canada, alors qu'il avait bien plus important à faire.

    Et Peter Navarro de menacer : « Il y a une place spéciale en enfer pour tout dirigeant étranger qui fait preuve de mauvaise foi sur le plan diplomatique à l'égard du président Donald J. Trump et qui tente ensuite de le poignarder dans le dos alors qu'il s'apprête à partir. Et c'est ce que Justin Trudeau le malhonnête a fait avec sa conférence de presse provocatrice. »

    « L'Amérique toute seule » ?

    Ces propos semblent inédits alors que les voisins américains et canadiens ont toujours entretenu des relations cordiales, mais l'autre principal conseiller de la Maison Blanche sur les questions économiques a employé les mêmes termes.

    La « guerre commerciale » n'est ainsi pas une volonté à l'emporte-pièce du seul président, elle est portée par quelques experts, qui assument que le slogan « L'Amérique d'abord » signifie en fait « L'Amérique toute seule ».

    Mais Trump a bien été élu sur cette promesse, et les élections de mi-mandat de novembre diront si le concept est toujours aussi populaire, souligne notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier. Car les Américains en général, et les républicains en particulier, sont traditionnellement adeptes du libre-échange.

    Le sénateur John McCain, ancien candidat à la présidence, s'est ainsi adressé aux pays alliés dans un tweet, leur assurant qu'une majorité de tout bord restait favorable au commerce et à la mondialisation. « Les Américains sont toujours avec vous, même si notre président ne l'est pas », a-t-il conclu.

    La classe politique canadienne derrière Trudeau

    Au Canada en revanche, le front est uni derrière le chef de l’Etat. Même les plus féroces adversaires politiques de Justin Trudeau jugent que le Premier ministre a eu raison de qualifier d’« inacceptables » les surtaxes douanières imposées par l’administration Trump sur l’aluminium et l’acier canadien.

    Doug Ford, le nouveau Premier ministre de l’Ontario, se dit solidaire avec Justin Trudeau, lui qui pourtant ne cache pas son admiration pour le dirigeant américain en temps normal. La ministre canadienne des Affaires étrangères a réaffirmé la nécessité pour le Canada de répliquer aux sanctions commerciales imposées par son voisin du Sud.

    « Le Canada ne pratique pas une diplomatie utilisant les attaques personnelles, a expliqué Chrystia Freeland. Nous ne pensons pas qu’il s’agit d’une façon très productive de faire des affaires. Et nous nous abstenons encore davantage de ce type d’attaques quand il s’agit de nos alliés. »

    Le ton utilisé par la ministre canadienne reste donc très mesuré. Contrairement aux pays européens, le Canada ne peut se permettre de froisser son puissant voisin vers lequel partent près de 75% de ses exportations.

    Un voisin que le père de Justin Trudeau, lui aussi Premier ministre, comparait à un éléphant, dont le Canada subissait chacun des mouvements et grognements même quand il se montrait amical, rappelle notre correspondante à Montréal, Pascale Guéricolas.

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