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    A la Une: le Nicaragua suit «le chemin du désespoir»

    media Un manifestant de la communauté indigène de Monimbo, à Masaya, le 11 juillet 2018. Dans la ville, la contestation est particulièrement intense. REUTERS/Oswaldo Rivas

    Le Nicaragua s’enfonce un peu plus dans la crise. Le mouvement de protestation contre Daniel Ortega se poursuit. Le président apparaît de plus en plus isolé sur la scène internationale. En dehors du Venezuela, tous les membres de l’Organisation des États américains (OEA) ont condamné cette semaine la violence exercée par le gouvernement contre les manifestants qui manifestent depuis le 18 avril.

    La Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) avance le bilan de 264 morts. La Prensa choisit d’afficher en une le chiffre de 351 morts - 289 par armes à feu. Ces chiffres proviennent de l’Association nicaraguayenne de défense des droits de l’homme (ANPDH). Sur le site web du journal, une caricature présente le régime Ortega cerné de zombies armés jusqu’aux dents. Les membres de ce régime sont qualifiés de « pourritures vivantes ».

    Changement de ton à l’OEA ?

    La Prensa se félicite des dernières déclarations de l’Organisation des États américains. Pour son éditorialiste, « Ortega ne trompe plus personne ». Le patron de l’OEA, Luis Almagro, « qui avait été accusé par des secteurs de l’opposition politique d’être accommodant avec la dictature, a mentionné lors de la réunion de mercredi que l’outil fondamental pour arrêter la violence était bien "la tenue d’élections anticipées dans le cadre d’un processus électoral propre et transparent" ».

    Même chose pour la Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme, croit savoir le journal. « Ni elle ni personne ne croit aux prétendues conspirations criminelles inventées par Daniel Ortega, Rosario Murillo et leurs acolytes ». El Nuevo Diario évoque pour sa part en une que « l’appui international aux évêques nicaraguayens prend de l’ampleur », même si le Vatican n’a pas formulé de protestation formelle après l’agression, lundi, de prêtres dans une église par un groupe d’hommes encagoulés.

    « On tourne en rond »

    Pour le The Washington Post, « le Nicaragua suit le chemin du désespoir ». Il s’agit d’« une répression à outrance semblable à celle pratiquée contre le mouvement démocratique au Venezuela ». Le journal américain estime que les sanctions prises dernièrement par les États-Unis contre plusieurs hauts responsables nicaraguayens vont dans le bon sens. Mais il invite à une prise de conscience régionale. « Le dictateur semble parier sur le fait que les démocraties de la région sont trop occupées par d’autres événements, comme la transition politique au Mexique. Ces pays doivent prouver à Ortega qu’il a tort ».

    Si El Comercio, en Équateur, dénonce l’attaque de lundi 9 juillet dans une église « par les forces répressives du gouvernement Ortega », le quotidien évoque aussi « l’obstination » de l’opposition, qui exige envers et contre tout « la démission du président ». « L’histoire tourne en rond, conclut l’éditorialiste, les dirigeants révolutionnaires d’il y a 40 ans sont dans l’opposition et Ortega réprime à son tour dans le style de l’ex-dictateur Somoza ».

    « Vous voulez une réduction de peine ou l’acquittement ? »

    Au Pérou, un vent de révolte souffle contre la corruption du système judiciaire. Une grande manifestation s’est tenue mercredi 11 juillet au soir dans les rues de Lima. La publication d’enregistrements audio par les journalistes d’investigation d’IDL-Reporteros. On y entend des conversations téléphoniques attribuées, notamment, à un juge de la Cour suprême du Pérou, César Hinostroza. Il y évoque notamment une affaire de viol d’enfant. « Qu’est-ce que vous voulez ? demande-t-il. Une réduction de peine ou l’acquittement ? » D’autres enregistrements impliquent des membres du Conseil national de la magistrature, voire le président péruvien lui-même. Depuis, le juge Hinostroza a été démis de ses fonctions à la Cour suprême, rapporte El Comercio.

    Le président Martín Vizcarra s’est emparé de l’affaire. Mercredi, il a promis du changement. Le Premier ministre, de son côté, promet que les noms des membres de la Commission chargée de préparer le projet de loi, seront annoncés ce jeudi à 16 h, heure de Lima. Ces personnes, promet-il, seront « totalement indépendantes du gouvernement ou de toute autre institution », peut-on lire, toujours dans El Comercio.

    La presse s’interroge aussi sur les liens entre le juge Hinostroza et l’ancienne candidate à la présidentielle, Keiko Fujimori. Serait-elle la fameuse « Madame K » évoquée dans certains enregistrements ? Interrogé sur ce point par La Republica, le juge a brutalement coupé court à l’interview. Quant à Keiko Fujimori, elle a opposé un démenti sur Twitter.

    Sur le même réseau social, un Péruvien a répertorié plus de 1 400 affaires jugées par ce magistrat. Il dit les avoir tirées du site du ministère de la Justice, de peur que celui-ci ne soit bientôt... plus fonctionnel.

    Quand un séisme révèle des trésors…

    La presse mexicaine évoque les conséquences inattendues du terrible séisme du 19 septembre 2017. Il « a dévoilé des secrets que l’histoire nous réservait encore », écrit Sin Embargo. A savoir « une sous-structure située à l’intérieur d’une pyramide sur le site archéologique de Teopanzolco, à Cuernavaca, dans le petit État mexicain de Morelos ». C’est en tentant de restaurer ce temple, très endommagé par le tremblement de terre, que le vestige a été découvert. Il s’agirait d’un sanctuaire dédié à Tlaloc, dieu de la pluie. Cela pourrait constituer « la plus ancienne occupation connue » et va donc entraîner « la modification de la datation du site archéologique ».

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