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    Amériques

    Nicaragua: l'opposition fait monter la pression sur Daniel Ortega

    media Manifestation contre le président Daniel Ortega, baptisée «Ensemble nous sommes un volcan», à Managua, le 12 juillet 2018. INTI OCON / AFP

    L'opposition nicaraguayenne fait monter la pression sur le président Daniel Ortega : après une manifestation organisée ce jeudi qui s'est soldée par la mort de quatre policiers et d'un manifestant dans le sud-est du pays (sources humanitaires), elle a appelé à une grève générale vendredi 13 juillet. Le gouvernement de son côté organise également ce vendredi à Masaya une marche en mémoire de la révolution sandiniste. La révolution qui en 1979 a mis fin à la dictature du clan Somoza. Ce qui fait craindre de nouvelles violences. Selon la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), le bilan de la répression des manifestations antigouvernementales au Nicaragua est monté à 264 morts et plus de 1 800 blessés.

    C'est un nouveau bras de fer qui s'annonce pour ce vendredi. L'opposition et le gouvernement mobilisent chacun leurs sympathisants.

    Les autorités ont choisi pour leur marche en mémoire de la révolution sandiniste la ville de Masaya. D'après l'Association nicaraguayenne des droits de l'homme, Masaya est assiégée par plus de 1 000 policiers et paramilitaires. Dans le quartier de Monimbo, dans le sud de la ville, les habitants ont érigé des barricades. Ils attendent l'assaut des forces gouvernementales.

    Dans le quartier indigène de Monimbo, dans le sud de la ville de Masaya, les barricades sont toujours debout malgré le renforcement de «l'opération nettoyage», ordonnée par le gouvernement ces dernières semaines. Photo prise le 11 juillet 2018. t REUTERS/Oswaldo Rivas

    Pour l'instant, le dialogue entre les deux parties est au point mort. Le président refuse de convoquer des élections anticipées comme le lui demandent l'opposition et l'Organisation des Etats Américains.

    Malgré les mises en garde de l'OEA et d'autres pays, Daniel Ortega poursuit la répression brutale de ses adversaires qualifiés de « terroristes ». Jeudi soir, quatre policiers et un manifestant ont été tués jeudi lors de heurts à Morrito, dans le sud-est.

    Lundi dernier, la tension est montée d'un cran. Les partisans et milices du président, qui d'après des ONG sont équipés d'armes lourdes comme des mitrailleuses et des lance-roquettes, ont agressé des dignitaires religieux dans une église.

    C'est dans ce contexte violent que le patronat appelle à une grève générale de 24 heures. Ce qui est d'après l'opposition trop peu pour vraiment faire pression sur le gouvernement. « Cet appel est considéré par un certain nombre d'organisations et de mouvements sociaux comme un geste assez timoré qui n'aura pas vraiment d'impact dans la mesure où il est limité à 24 heures, explique la sociologue Hélène Tristan, spécialiste du Nicaragua. Il y a des appels à une grève indéfinie. Or, il semble que le patronat n'y soit pas du tout décidé. La grève nationale, ça va être tout le monde chez soi, une opération pays mort, personne dans les rues... »

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