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    [Portrait] Brésil: Marina Silva, enfant de la forêt, l’environnement à cœur

    media De confession évangélique, Marina Silva a pour projet de soumettre à référendum des questions de société épineuses comme la légalisation de l'avortement ou des drogues. Vagner Campos/ MSILVA Online

    Jamais deux sans trois. Après deux défaites en 2010 et en 2014, Marina Silva se lance à nouveau dans la course à la présidentielle du Brésil. Arrivée troisième lors des deux précédents scrutins avec environ 20% des voix, l’ancienne ministre de l’Ecologie de Lula faisait partie des favoris pour l’élection présidentielle. Distancée au fil des semaines, elle est désormais en cinquième position dans les intentions de votes, à quelques jours du premier tour, dimanche 7 octobre. Entre les partis historiques du PT (Parti des travailleurs) et du PSDB (Parti de la social-démocratie brésilienne) Marina Silva veut pourtant proposer une troisième voie. Celle de l’écologie.

    Entre Silva et selva, il n’y a qu’une lettre qui change. De quoi rapprocher encore un peu plus Maria Osmarina da Silva de la selva, la forêt, qui l’a vue naître et qu’elle veut aujourd’hui protéger. Elle adoptera par la suite le prénom de Marina qui est le diminutif de son deuxième nom.

    De Bagaço, près de Rio Branco, à Brasilia, le parcours de l’ancienne sénatrice est loin d’être typique. Si les sondages en août la plaçaient juste derrière le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, pour l'élection présidentielle du 7 octobre, elle a été distancée au fil des semaines. Elle est aujourd'hui en cinquième position, avec environ 5% d'intentions de votes. A tout juste 60 ans, la candidate espérait pourtant que cette fois serait la bonne.

    L’enfant pauvre

    Car Marina Silva semble avoir survécu à tous les obstacles qui se sont dressés contre elle, si bien que l’on pourrait la penser destinée à tout surpasser. Née dans la misère et la pauvreté dans l’Etat d’Acre, au fin fond de l’Amazonie, dans une demeure sur pilotis avec un toit en paille, une table et cinq ou six hamacs, elle dut d’abord survivre à la faim qui pesait sur elle, ses parents, ses six soeurs et son frère. Des onze enfants de Pedro Augusto da Silva et Maria Augusta da Silva, seuls ces huit ont survécu au paludisme et à l’indigence. Marina est déjà une survivante.

    Comment dès lors la qualifier lorsque l’on sait qu’elle a aussi enduré la malaria et l’hépatite, avant d’être intoxiquée au mercure ? Que sa silhouette frêle et fine ne trompe personne ; sa santé fragile est également le témoin d’une détermination hors du commun.

    Travaillant dans des plantations d’hévéas, l’arbre à caoutchouc, elle n’avait aucun accès à l’éducation. Elle apprend à lire et à écrire à l’âge de 16 ans, lorsqu’elle quitte Bagaço pour Rio Branco, la capitale d’Acre. Elle part seule, pour étudier, mais aussi pour se soigner. Là-bas, elle travaille en tant que domestique pour financer ses études, et rêvant en parallèle de devenir religieuse. Aujourd’hui évangélique, la religion lui assure un électorat fidèle.

    La naissance d’une militante

    « J’ai rapidement compris que ma foi n’était pas faite pour rester enfermée entre quatre murs », affirme-t-elle aujourd’hui. A l’époque, alors qu’elle est à la messe, elle voit une affiche pour un cours en présence de Chico Mendes, légendaire militant, icône de l’écologie brésilienne, et Clodovis Boff, théologien catholique. Un premier pas vers l’action syndicale pour Marina Silva, qui finit par décrocher une licence d’histoire à l'université fédérale de Rio Branco.

    L’église mise légèrement de côté, c’est son côté militant qui se construit petit à petit, notamment après son adhésion au Parti communiste révolutionnaire (PRC). A cette époque, elle milite clandestinement contre la dictature militaire. C’est aussi au début des années 1980 qu’elle s’établit en meneuse du mouvement écologiste au Brésil. Sans jamais perdre contact avec la communauté de la forêt, avec qui elle se bat pour défendre leurs droits.

    Lula et Silva : destins croisés

    Son chemin croise bientôt celui de Luiz Inácio Lula da Silva, dont l’ascension n’est pas sans rappeler celle de Marina Silva. Par bien des aspects, leurs histoires sont comparables : ils sont deux enfants du peuple, deux vies faites de luttes, qui ont connu la pauvreté et la faim avant de gravir les échelons et faire petit à petit leur place dans le monde politique brésilien.

    Ils ont tous les deux fait figure d’outsiders et de candidats éthiques à l’élection présidentielle, à des moments différents. Ils ont aujourd’hui le même nombre de scrutins manqués à leur actif. 2 à 2. Des destins croisés qui ont évolué ensemble au sein du PT, le Parti des travailleurs.

    D’abord conseillère municipale, députée puis sénatrice, elle devient très vite l’une des références mondiales pour la préservation de la forêt de la biodiversité, jusqu’à remporter le Prix Goldman pour la diversité en 1996. Huit ans plus tard, Lula choisit Marina Silva comme ministre de l’Environnement dans son gouvernement.

    Elle milite pour ralentir la déforestation de l’Amazonie ainsi que pour réduire les émissions de CO2, en créant notamment des unités de conservation dans tout le Brésil. Elle ne manquera pas de tourner le dos au PT après de forts désaccords avec la politique du parti concernant les agrocarburants, la légalisation du soja transgénique et surtout, le projet de barrage de Belo Monte en Amazonie.

    Propulsée sur le devant de la scène

    Les choses s’accélèrent pour Marina Silva lorsque Eduardo Campos, candidat du Parti socialiste brésilien décède brutalement dans un accident d’avion en 2013. Avion dans lequel l’ancienne sénatrice aurait dû monter si elle n’avait pas changé de plan au dernier moment. Elle se dit sauvée par la « divine providence », une phrase qui plaira beaucoup aux fervents religieux, constituant aujourd’hui un socle électoral non négligeable.

    Devant assurer la succession, rapidement, l’ex-ministre devient une véritable rivale lors des élections présidentielles, et fera même frémir Dilma Rousseff en 2014. Ses idées plaisent, son parcours, digne d’une telenovela brésilienne, séduit aussi. De cette bataille politique, Marina Silva ressortira affaiblie. Elle n’en est pas pour autant dissuadée de tenter sa chance une troisième fois à l’élection présidentielle. Pour elle, cette fois-ci sera la bonne.

    Incertitude

    Mais aujourd’hui, le contexte est différent. Dans un Brésil tourmenté par les scandales de corruption, le vote pour Marina Silva, qui n’a jamais été citée dans aucune affaire, aurait pu s’établir comme une sorte de refuge pour des électeurs frustrés, lassés devant ce véritable désenchantement politique.

    Mais pour Bruno Boghossian, éditorialiste à la Folha de São Paulo, la configuration particulière de la course à la présidence de cette année était susceptible de créer des obstacles sur le chemin de l’ancienne sénatrice.

    « Marina Silva est également forte d’un discours de huit années consécutives en opposition à une politique traditionnelle, affirme Bruno Boghossian, ce qui fait d’elle une option acceptable pour les électeurs désespérés ». C’est avec ce message qu’elle a conquis de nombreux Brésiliens en 2010 et en 2014.

    Mais aujourd’hui « il n’y a pas de nette polarisation, et le label de l’anti-système paraît coller avec d’autres candidats, dont Bolsonaro », selon Bruno Boghossian. D’autant qu’avec son parti Rede Sustentabilidade (Réseau durable), elle ne bénéficie pas d’une structure politique assez solide pour l’éditorialiste, n’ayant pas d’alliance pour la soutenir. Si, en aôut, les sondages la plaçaient en deuxième position, derrière le très controversé député d'extrême-droite Jair Bolsonaro, elle est aujourd"hui en cinquième position, avec seulement 5% d'intentions de vote. Si c'est le cas, ses voix pourraient profiter à Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs, qui arriverait derrière Jair Bolsonaro. La troisième voie ne suffit donc plus pour Marina Silva. Son nouveau défi : trouver encore un autre chemin.

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