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    Amériques

    Des centaines d’Argentins renoncent collectivement à la foi catholique

    media Des centaines d’Argentins ont participé à une apostasie collective, appelant de leur voeux la séparation de l'Église et de l’Etat, à Buenos Aires, le 18 août 2018. Aude Villiers-Moriamé

    Dix jours après le rejet de la légalisation de l’IVG par le Sénat, des centaines d’Argentins ont participé à une apostasie collective, appelant de leur voeux la séparation de l'Église et de l’Etat.

    De notre correspondante à Buenos Aires,

    « Alors, tu remplis le formulaire, tu joins une photocopie de ta carte d’identité, une de ton acte de baptême, et on s’occupe de tout ». À l’angle des grandes avenues Callao et Corrientes, au coeur de la capitale argentine, César Rosenstein donne les instructions aux futurs apostats. Ce membre de la Coalition argentine pour un Etat laïc (CAEL) n’attendait pas une telle affluence : « Cela fait dix ans qu’on lutte pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Mais c’est la première fois que je vois tant de personnes prêtes à renoncer collectivement à la foi catholique ».

    Le principe est simple : avec ces quelques documents en main, chacun peut exiger son exclusion de l’Eglise catholique. « Cela veut dire concrètement que l’Eglise ne peut plus nous compter comme l’un de ses membres. Et que, dans les registres paroissiaux, à côté de notre nom apparaîtra la mention “apostat”. Même si nous préférerions que notre nom soit tout simplement effacé de ces registres », explique César Rosenstein. La CAEL remettra ensuite ces demandes d’apostasie à la conférence épiscopale de Buenos Aires, le 24 août.

    « Pas en mon nom »

    À mi-chemin de la longue file d’attente qui part du stand de la CAEL, Marcia, graphiste, met en ordre ses photocopies. « On m’a baptisée quand j’étais encore bébé. Je n’avais évidemment pas la possibilité de m’y opposer. J’ai fait toutes mes études dans une école catholique et je ne me reconnais pas dans ces enseignements que je trouve néfastes. Je refuse de faire partie de cette institution et surtout, je refuse que l’Eglise agisse en mon nom ! », s’exclame la jeune femme.

    « No en mi nombre » (“pas en mon nom”) est justement l’un des slogans de cette journée. Certains organisateurs le portent écrits sur leur tee-shirt. Ils sont aussi nombreux à avoir noué à leur cou un foulard vert, symbole de la campagne nationale pour l’avortement légal, sûr et gratuit.

    Il y a dix jours, les sénateurs ont rejeté à 38 voix contre 31 une proposition de loi visant à légaliser l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Une douche froide pour le mouvement féministe argentin, qui n’avait jamais connu de telles avancées. « Le résultat du vote a généré beaucoup de colère. L’apostasie est un geste politique fort, une manifestation de notre opposition à cette ingérence permanente de l’Eglise dans les débats de société », indique Julieta Arosteguy, membre de la CAEL.

    Des Argentins font la queue pour remplir le formulaire prêts à renoncer collectivement à la foi catholique, à Buenos Aires, le 18 août 2018. RFI/ Aude Villiers-Moriamé

    Trois décès depuis le début du mois

    En Amérique latine, région en grande majorité catholique, l’IVG n’est permise que dans une poignée de pays (seuls l’Uruguay, le Guyana, Cuba et la ville de Mexico l’ont légalisée). Le pays d’origine du pape François, l’Argentine - dont la Constitution indique dès le deuxième article que le gouvernement « soutient le culte catholique apostolique romain » - ne fait pas exception, et n’autorise l’avortement qu’en cas de viol, ou si la grossesse présente un danger pour la santé de la femme enceinte. Ce qui n’empêche pas un demi-million d’Argentines d’avorter clandestinement chaque année, selon les associations féministes.

    Depuis le début du mois, au moins trois femmes sont décédées en tentant clandestinement de mettre fin à leur grossesse. « Avortement légal à l’hôpital ! » scandent quelques jeunes femmes qui attendent de réaliser leur apostasie. Certaines tiennent à la main des tracts verts sur lesquels on peut lire « la lutte continue ». 2019 étant une année d’élections, le texte de loi pour légaliser l’IVG a cependant peu de chances de repasser devant le Congrès avant 2020.

    « L’Argentine est un pays hypocrite. Nous sommes tous baptisés parce que c’est la coutume, nous nous marions à l’église parce que c’est la coutume, mais très peu d’Argentins vont à la messe le dimanche et sont véritablement pratiquants », estime Julieta Arosteguy.

    L’Eglise catholique revendique 90 % de membres au sein de la population argentine. Les enquêtes d’opinion révèlent pour leur part que 76 % des Argentins se considèrent catholiques. Le nombre de fidèles que compte l’Eglise lui permet d’obtenir chaque année des subventions de l’Etat, de l’ordre de 176 millions de pesos (près de 5 millions d’euros) selon le gouvernement.

    « Moi, j’estime que je suis agnostique. Ce qui est sûr, c’est que je ne crois plus en cette institution », affirme Alexis, venu en famille renoncer à la foi catholique. Devant lui, ses enfants jouent avec les foulards verts de la campagne pour l’IVG et avec ceux, noirs et oranges, de la campagne pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il sourit : « Eux, je ne les ai évidemment pas baptisés. Ils feront ce qu’ils voudront quand ils seront plus grands ».

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