GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 20 Septembre
Vendredi 21 Septembre
Samedi 22 Septembre
Dimanche 23 Septembre
Aujourd'hui
Mardi 25 Septembre
Mercredi 26 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Amériques

    Présidentielle au Brésil: une drôle de campagne électorale

    media Les candidats à la présidentielle Jair Bolsonaro (extrême-droite) et Marina Silva (écologiste/évangéliste) lors d'un débat télévisé le 17 août 2018. REUTERS/Paulo Whitaker

    Un ex-président en prison qui caracole en tête des sondages, une extrême-droite qui exploite le sentiment de rejet de la politique après les affaires de corruption, et des espoirs de renouvellement déçus... C’est un cocktail inédit qui est réservé aux Brésiliens lors du scrutin du 7 octobre, premier tour des élections générales.

    Avec notre correspondant à São Paulo,

    Lula, increvable ? Il n’apparaît pas dans les débats à la télévision, pourtant il attire de plus en plus de monde. Selon les sondages, l’ancien président, condamné à 12 ans de prison pour corruption et incarcéré depuis avril, recueille entre 37% et 39% des intentions de vote au premier tour. Loin devant tous ses opposants. Lors d’un hypothétique second tour, il l’emporterait haut la main.

    « Lula maintient son prestige auprès d’une part de l’électorat qui avait une meilleure qualité de vie lorsqu’il était au pouvoir et qui lui en sait gré, affirme Claudio Couto, professeur de sciences politiques à la Fondation Getulio Vargas. D’autre part, le Parti des Travailleurs (PT) a réussi à vendre la thèse selon laquelle Lula est persécuté par la justice. De ce point de vue, cette stratégie a réussi ». Alors que la plupart des médias locaux demeurent farouchement anti-Lula, « une bonne partie de la population estime qu’il a été condamné injustement et qu’il a été mis en prison pour éviter qu’il ne soit de nouveau président de la République », affirme le politologue Aldo Fornazoeri, de la Fondation-école de sociologie et politique de São Paulo (FESPSP).

    L’imbroglio politico-juridique autour de Lula continue

    Contestée, la candidature de Lula est désormais suspendue au verdict du Tribunal supérieur électoral (TSE), qui doit intervenir avant le 17 septembre, à trois semaines du premier tour. En cas d’invalidation, les avocats de Lula peuvent invoquer un nouveau recours devant la Cour suprême (STF). Mais, ayant été condamné en appel, « il ne peut, au regard de la loi, être éligible », estime Claudio Couto. Pour Caio Magri, ancien conseiller de Lula à la présidence, « Lula ne sera pas libéré avant les élections ». Pour cela, il faudrait que sa condamnation soit annulée, et la justice brésilienne n’y semble pas disposée.

    Des manifestants pro-Lula lors d'une marche «Lula libre» à Brasilia, le 14 août 2018. REUTERS/Adriano Machado

    « Le risque, c’est que certains ne reconnaissent pas ces élections comme légitimes, ajoute Caio Magri, président de l’Institut Éthos. Cela prolongerait et peut-être même aggraverait la crise dans laquelle nous sommes plongés depuis quatre ans. Alors que ce dont nous avons besoin, c’est de reconstruire un contrat social qui reconnaisse la démocratie comme un facteur déterminant pour notre avenir politique. » Si la candidature de Lula était définitivement rejetée, il appellerait alors à voter en faveur de Fernando Haddad, son actuel colistier et ancien maire de São Paulo.

    Sans Lula, l’extrême-droite en tête

    Sans Lula, c’est Jair Bolsonaro qui passerait en tête (22%) devant Marina Silva (écologiste/évangéliste, 16%), Ciro Gomes (gauche, 10%) et Geraldo Alckmin (conservateur, 9%), selon le dernier sondage Datafolha. Dans ce cas, le « candidat de Lula », Fernando Haddad, ne recueillerait que 4% des intentions de vote.

    Décomplexée, l’extrême-droite - regroupée derrière l’ancien capitaine et député de Rio Bolsonaro - surfe sur le sentiment de rejet de la classe politique traditionnelle. « Il y a un maintenant au Brésil une partie de l’électorat qui s’identifie à l’extrême droite, un peu comme cela se passe en France, souligne Claudio Couto. C’est un fantôme qui va hanter la politique brésilienne pendant un certain temps ».

    Jair Bolsonaro joue sur deux tableaux : déjà mis en cause pour des propos homophobes et misogynes, il tente de rendre l’extrême-droite plus respectable. Bien qu’il défende toujours la libération du port d’armes, thème populaire auprès des grands propriétaires terriens et d’une bonne partie de l’opinion publique, alarmée par la montée de la violence. En outre, il épouse les thèses de l’austérité budgétaire de son gourou économique, l’ancien banquier Paulo Guedes, pour attirer une partie de l’électorat conservateur traditionnel.

    Les huit candidats à la présidentielle présents au débat télévisé du 17 août. En haut, vers la droite: Cabo Daciolo, Jair Bolsonaro, Guilherme Boulos, Ciro Gomes. En bas, Alvaro Dias, Henrique Meirelles, Geraldo Alckimin et Marina Silva. REUTERS/Paulo Whitaker

    Echec du mouvement de renouvellement politique

    Dernier élément de cette drôle de campagne : l’échec du mouvement de renouvellement. Il y a encore quelques semaines, les Brésiliens n’avaient que ce mot à la bouche. Ce renouvellement devait permettre de balayer tous les impliqués dans des scandales de corruption. L’ambiance « sortez les sortants », déclenchée par les révélations inouïes sur l’ampleur de la corruption, devrait faciliter l’émergence d’outsiders et d’une nouvelle classe politique valorisant l’éthique.

    Guillaume Liegey, qui a participé à la campagne victorieuse d’Emmanuel Macron, est même venu au Brésil à deux reprises pour tenter de vendre son logiciel « 50+1 » aux candidats en quête de rénovation politique. Sans succès.

    →(Re)lire : Le Brésil en quête d’un avenir politique

    Mais une semaine après la date limite de dépôt des candidatures, le constat est décevant. Tous les outsiders de poids potentiels ont abandonné la course à la présidence : de l’animateur de variétés de la chaîne TV Globo, Luciano Huck, à l’ancien président de la Cour Suprême, Joaquim Barbosa. Pire encore : au Congrès, un des nids les mieux garnis de la corruption au Brésil, trois parlementaires sortants sur quatre tentent de se faire réélire, souvent pour ne pas perdre l’immunité parlementaire en cas d’accusation de corruption. Sans compter ceux qui briguent un mandat de gouverneur dans les différents Etats...

    Fonds publics et temps de parole selon le score lors des dernières législatives

    Les règles du jeu ont également été verrouillées de manière à favoriser les sortants. Car si, d’une part, le financement des campagnes par des entreprises a été interdit, d’autre part, ce sont les caciques des partis politiques qui sont aujourd’hui chargés de distribuer les fonds publics. Les candidats disposant d’un important patrimoine peuvent également financer leurs propres campagnes. À la télévision, le temps de parole des candidats durant « la propagande électorale gratuite » est également proportionnel à la représentation actuelle des partis à la chambre des députés. Une arme qui pourrait jouer en faveur du PT et de Geraldo Alckmin (PSDB, droite), qui a su bâtir une large coalition autour de lui.

    De fait, les velléités de renouvellement semblent pour l’instant avoir été étouffées dans l’œuf. Exemple : le lancement dans l’arène politique de Rogério Chequer, ex-leader du Mouvement « Vem Pra Rua », qui avait été très actif dans la campagne anti-Lula et en faveur de la destitution de l’ancienne président Dilma Rousseff. Mais il recueille actuellement moins d’1% d’intentions de vote dans les sondages en vue de l’élection de gouverneur de l’État de São Paulo. Toutefois, certains groupes de la société civile appellent encore de leurs vœux une sorte de « grande mobilisation civique » afin de bousculer le statu quo, selon l’expression de Caio Magri. Une partie qui ne s’annonce pas facile.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.