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    [Reportage] Etats-Unis: la renaissance de Detroit

    media Economiquement laminée par la crise des subprimes en 2007, Detroit avait été vidée de ses forces vives. Celles-ci reviennent peu à peu, à la faveur d'un marché immobilier très accessible. Anne Corpet/RFI

    La crise des subprimes l’avait frappée en plein cœur, il y a dix ans : parsemée de maisons abandonnées et de friches industrielles en ruines, Detroit, sinistrée, a perdu près des deux tiers de sa population. Depuis cinq ans, le berceau de l’industrie automobile américaine renaît de ses cendres, et devient une destination tendance pour les touristes en quête d’aventure urbaine. Balade au long cours entre parcelles désertées et gratte-ciel rutilants.

    De notre envoyée spéciale à Détroit

    Un espace de promenade longe la rivière de Detroit au pied des gratte-ciel du centre-ville. Quelques sportifs y font leur jogging, des adolescents se prélassent à l’ombre des arbres. Un couple de retraités se photographie devant un vieux bateau à roues à aubes. Patty et Stan viennent de la banlieue de Chicago, à trois heures et demie de route, et visitent pour la première fois « Motorcity ». « Pour nous, Detroit était synonyme de bidonvilles, saleté, criminalité » explique Stan. Paty l’interrompt : « Nous avons entendu parler de renouveau, nous avons voulu venir voir ». « Je suis très surpris », conclue Stan dans un éclat de rire, « c’est très joli, très propre, bien tenu ».

    Anne Corpet/RFI

    Un centre-ville rutilant

    Un tramway multicolore remonte Woodward avenue, qui sépare la ville d’est en ouest : c’est la nouvelle ligne Q, initiale de Quicken Loans, la société de crédit immobilier de Dan Gilbert. Ce milliardaire originaire du Michigan, qui a fait fortune dans les prêts en ligne, est à l’origine de la renaissance du centre-ville. Aidé par d’imposants avantages fiscaux, il a racheté une centaine d’immeubles, qu’il a retapés et remis sur le marché : ces buildings vétustes ont été transformés en appartements de haut standing, loués à des prix prohibitifs. Dan Gilbert a également déplacé ses bureaux au centre-ville, et assure avoir créé plus de 12 000 emplois à Detroit. Près d’un tiers des salariés de sa société résident au cœur de la cité, autrefois sinistre et déserté.

    Le milliardaire s’est enfin lancé dans la construction du plus haut building de Detroit. Devant le trou béant du chantier, Jakie, retraitée de l’usine Ford, embrasse d’un geste les façades rutilantes et l’élégance des édifices qui tutoient l’azur : « J’ai vécu dans cette ville toute ma vie. J’ai connu ses heures les plus sombres. Mais aujourd’hui, les valeurs des propriétés augmentent, il y a de nouveaux commerces, le centre est magnifique, j’adore ! », s’exclame-t-elle.

    Anne Corpet/RFI

    Un peu plus au nord, au-delà d’une de ces artères à six voies qui strient la ville de leurs bruyantes cicatrices, c’est un autre milliardaire, Mike Illitch qui a pris les choses en main : il a investi sa fortune, gagnée en vendant des pizzas, dans l’achat de parcelles à des prix dérisoires. « Tout était délabré, Mike Illitch a racheté des propriétés à des gens qui pensaient qu’elles ne valaient rien. Une fois qu’il a été à la tête d’un imposant patrimoine, il a construit un stade, inauguré en septembre dernier. La valeur du quartier a considérablement augmenté », relate Henri Briche, un jeune Français qui achève sa thèse sur le déclin et la renaissance de la ville. 

    Anne Corpet/RFI

    Dans son bureau de Fort street, Renée Monforton, chargée de communication depuis vingt-trois ans à Visit Detroit, l’office du tourisme de la ville, sourit lorsqu’elle évoque ses souvenirs : la tâche n’a pas toujours été facile. « Detroit a été engluée pendant des années dans sa réputation de ville industrielle sinistrée. Mais nous regorgeons de richesse culturelles, et en 2018 le guide Lonely Planet nous a classé à la deuxième place des villes à visiter, juste derrière Séville en Espagne » se réjouit-elle. Dix-neuf millions de touristes ont déambulé l’année dernière entre les façades art déco et les musées de la cité. Ils ont contribué à hauteur de six milliards de dollars à l’économie locale, selon Visit Detroit. « La plupart sont Américains, mais la clientèle internationale commence à arriver. Une compagnie aérienne islandaise low-cost a inauguré une ligne directe il y a quelques mois, c’est bien le signe de ce nouvel intérêt », décrypte Renée Monforton.

    La vieille dame de Detroit sauvée par Ford

    A l’ouest de Woodward avenue, la silhouette de l’immense gare centrale du Michigan se découpe sur le quartier historique de Corktown. Abandonnée depuis plus de trente ans, la « vieille dame », comme on l’appelle ici, incarnait la décrépitude de Detroit. Elle incarnera bientôt son renouveau : en juin dernier, Ford a annoncé le rachat de ce lieu emblématique. Dix-huit étages, 46 000 mètres carrés à rénover, un chantier pharaonique dont le coût n’a pas encore été révélé. Shawn Wilson, responsable de projet chez Ford, explique : « Ford voulait faire venir les jeunes talents les plus brillants à Detroit, pour y concevoir la mobilité de demain, véhicules autonomes et voitures électriques. Mais les jeunes veulent vivre en milieu urbain. Rénover la gare est une merveilleuse façon de les attirer. »

    L’entreprise automobile déploie la même stratégie que celle de Dan Gilbert en centre-ville, et a acheté de nombreuses parcelles afin de loger ses employés (entre 2500 et 5000 personnes selon les projections de l’entreprise) autour de l’imposant bâtiment, dont le rez-de-chaussée abritera des boutiques, des espaces culturels, des cafés. « Lors des journées portes ouvertes, 40 000 personnes sont venues. Les gens faisaient la queue sous la pluie pour revoir les murs de marbre de la salle d’attente ou la galerie marchande », se souvient Shawn Wilson. En attendant le réveil de la vieille dame, d’ici quatre ans selon Ford, le lieu reste ceint de barbelés.

    Juste à côté, seul éclat de vie dans un paysage urbain désolé, une maison en bois vert pastel, que Stephen Mc Gee a retapé avec sa femme et ses trois jeunes enfants. « Nous l’avons racheté pour un dollar symbolique à une association en 2013, contre la promesse d’y élever une famille », raconte le jeune propriétaire. Et il ajoute : « A l’époque, c’était dans un état déplorable. Cette maison a été l’un des meilleurs endroits pour acheter de la drogue à Détroit. L’arrivée de Ford va radicalement changer la donne ici. » Derrière la maison des Mc Gee, un hôtel de cinq étages a été racheté pour 26 000 dollars il y a cinq ans. Les lieux sont toujours envahis d’herbes folles, mais leur valeur a déjà considérablement augmenté : « Ils ont eu une offre à quatre millions, qu’ils ont refusée » assure Stephen. Derrière son bar, deux kilomètres plus loin sur la Michigan avenue, Patrick Torres s’enthousiasme : « Ford a toujours été la vraie famille de Detroit. On pensait que la gare ne serait jamais reprise, et maintenant, Ford va prendre soin de notre vieille dame, c’est fantastique, c’est ce que nous avions toujours espéré ! »

    L'usine Packard. Ces squelettes de béton ne demandent qu'à être incarné à nouveau. Anne Corpet/RFI

    Du haut de gamme estampillé Detroit

    Le Fisher Building, construit par General Motors dans les années 20 pour y installer son siège, domine le quartier de New Center au nord du centre-ville. Passé les portes coulissantes, la flamboyance de l’âge d’or de l’automobile se dévoile sous les arches somptueuses et les plafonds multicolores du bâtiment. « GM avait fait le pari que la croissance du centre-ville viendrait jusqu’ici, mais la crise de 1929 a douché cet espoir. Pendant longtemps, le Fisher Building dominait le milieu de nulle part. Les investisseurs commencent tout juste à revenir par ici », rappelle Henri Briche.

    Le bâtiment abrite un théâtre de bonne renommée, mais le promoteur qui a racheté l’immeuble a encore du mal à attirer des locataires pour les boutiques du rez-de-chaussée. C’est à deux pas de ce joyau des années folles que Shinola a installé ses usines, il y a cinq ans. L’entreprise fabrique des montres, des sacs de cuir, des vélos… De l’artisanat haut-de-gamme estampillé Detroit. « Graver le nom de la ville sur le cadran de nos montres prouve à quel point nous sommes fiers d’être ici », explique Alex Drinker, le directeur du marketing. Et le jeune homme précise : « Nous allons ouvrir un hôtel de 130 chambres dans le centre-ville à la fin de l’année. Cela sera une nouvelle manière de nous assurer que nous contribuons à la croissance de Detroit. »

    En cinq ans, Shinola a créé 3500 emplois dans la ville, et sa boutique, ouverte sur une artère autrefois mal famée, a créé un petit pôle tendance au cœur de Midtown : un restaurant et plusieurs échoppes s’y sont installés, dont le label Thirdman Records, rapatrié de Nashville par son créateur Jack White, qui a décidé de presser sur place les albums vinyle de son enseigne. « Quand j’étais à l’école d’art, les temps étaient moroses, et  je pensais que j’allais forcément devoir quitter la ville », raconte Sarah, qui y accueille les visiteurs. « Jamais je n’aurais pensé pouvoir travailler ici dans l’industrie musicale. Nous sommes tous tellement fiers de notre cité que la voir revivre nous comble de joie. » Detroit, capitale de l’automobile, n’oublie pas son titre de « Rock City ». Le musée de la Motown, qui attire chaque année 300 000 visiteurs venus frissonner dans le studio A où les stars des années 50 et 60 enregistraient leurs tubes planétaires, vient d’ailleurs de lancer une souscription de 50 millions de dollars pour élargir ses locaux.

    Anne Corpet/RFI

    Une marge de progression énorme

    Côté Est, c’est à Eastern Market que bat le cœur de la ville. Des étals de pommes du Michigan, de maïs, d’herbes aromatiques attirent chaque semaine des milliers de clients. Un cours de yoga est dispensé sous la halle en fer forgé, et de nombreux restaurants ont ouvert aux alentours du marché. Les fresques murales du quartier nous conduisent jusqu’à un ancien local de pompiers où Robert Stanzler vend toute une série d’articles dédiés à la ville (Detroit mercantile shop) : « L’identité de cette ville est profonde, et ceux qui ne l’ont pas quittée y sont profondément attachés », déclare-t-il, devant un lot de cartes postales anciennes et de bibelots issus de la grande époque industrielle. Dans un soupir, le quinquagénaire ajoute : « La marque Detroit se vend bien désormais. La valeur de mon commerce a augmenté, j’ai réalisé de gros gains financiers. Mais cette réussite est teintée d’un soupçon de culpabilité vis-à-vis de ceux qui n’ont pas pu tenir le coup pendant la crise, qui ont dû vendre leurs biens et partir, et qui n’ont pas bénéficié de ce renouveau. »

    Fresque murale à Eastern Market. Anne Corpet/RFI

    Dans un local mitoyen, Jérôme Huez, Français débarqué à Detroit dans le sillage de l’industrie automobile, a ouvert une agence immobilière en 2011. « A l’époque, on était en pleine crise des saisies. Le prix des appartements était descendu à 10 ou 15 000 dollars. Le bon moment pour se constituer un portefeuille immobilier. Aujourd’hui, ces biens valent dix fois plus cher », constate-t-il. « La dynamique ne retombera pas », assure Jérôme Huez. Les milliards de dollars injectés dans le centre-ville par Dan Gilbert et Mike Illitch ont redonné confiance aux investisseurs, et l’agent immobilier anticipe encore une « énorme » marge de progression. « Les prix à Detroit sont toujours moins élevés que dans les villes environnantes, mais nous offrons ici des services qu’elles n’ont pas : un stade, un opéra, un orchestre lyrique...», énumère-t-il.

    Jérôme Huez évoque un réaménagement complet de la cité : « Detroit est très étendue mais la génération des milleniums, celle qui achète actuellement, ne veut pas des grandes maisons des quartiers distants du centre. Les jeunes exigent plus de services de proximité, plus de densité urbaine. On est en train d’inverser ce qui s’était passé dans les années 70 après les émeutes raciales, quand tout le monde avait quitté la ville pour les banlieues. Donc on reconstruit au centre, mais on abandonne un peu les quartiers périphériques. Pour Détroit, qui a été conçue à l’horizontale autour de grands axes autoroutiers, c’est une réinvention. »

    Des prairies urbaines investies par les habitants

    A la périphérie, le paysage est parcellé de prairies. Seules les bouches d’incendie rappellent l’existence d’un dense tissu urbain aujourd’hui disparu. Quelques maisons résistent, parfois rongées par la végétation. « Depuis quelques années, la mairie a lancé un chantier de démolition massive, financé par des fonds fédéraux : 80 000 habitations délabrées ont été promises à la destruction, dont la moitié doivent l’être en urgence », détaille Henri Briche. Une politique qui a assuré à Mike Duggan, le maire de la ville, une réélection triomphale. « Les habitants soutiennent ce programme, car il suffit qu’une maison soit inoccupée dans un quartier pour faire grimper la criminalité », explique l’universitaire.

    Prairies urbaines. Anne Corpet/RFI

    Au coin d’Heidelberg street, entre deux artères désertes, un jaillissement de couleurs accueille le visiteur : depuis plus de vingt ans, l’artiste Tyree Guyton colonise l’espace de ses créations baroques tirées d’objets récupérés dans les maisons abandonnées.

    L'artiste Tyree Guyton. Anne Corpet/RFI

    Ses œuvres évoluent au cours du temps. « Je me suis emparé de la rue et l’ai transformée en musée de plein air. Ce quartier était sous les radars et il est maintenant en pleine lumière » déclare l’artiste, « je veux que les gens viennent ici pour rencontrer les habitants, et je donne l’occasion à mes voisins de rencontrer des personnes du monde entier. » Le Heidelberg Project est devenu une étape incontournable de la visite de la ville. « La renaissance de Detroit est réelle », assure Tyree Guyton, « et je fais partie de cette équation. J’y contribue dans ce quartier. La ville change parce que les gens changent la ville ». 

    Au coin d’Heidelberg street, entre deux artères désertes, un jaillissement de couleurs accueille le visiteur. Anne Corpet/RFI

    Dans les quartiers nord, la ferme urbaine montée il y a sept ans par Tyson Gersh joue un rôle similaire. Elle est visitée chaque année par 10 000 bénévoles venus du monde entier. 300 légumes différents y sont cultivés, pour être gratuitement distribués chaque samedi aux habitants du quartier. « Nous occupons de manière productive un terrain qui sinon serait vacant», déclare Tyson Gersh, « mais ce que nous apportons au quartier va bien au-delà des produits que nous offrons ». La présence de la ferme a en effet attiré les acheteurs, séduits par l’idée d’habiter près d’une surface agricole. « 3,5 millions de dollars ont été investis dans les maisons alentours, notre ferme s’est révélée être une bonne stratégie de revitalisation du quartier », assure le jeune cultivateur.

    10 000 bénévoles, 300 légumes cultivés : la ferme urbain de Détroit a du succès. Anne Corpet/RFI

    Assis sous le porche de sa maison toute proche, Ronnie Simons, 65 ans, se souvient avec nostalgie du passé : « Je suis ici depuis 1953, j’ai vu la vie se retirer de ces rues autrefois si animées », témoigne-t-il. Les rares bâtisses qui projettent encore leur ombre sur le macadam aux alentours sont inoccupées, mais Ronnie a bon espoir. « Depuis deux ans, les gens retapent les propriétés. Ils rénovent, nettoient, réparent. Personne n’a encore emménagé dans ma rue, mais cela devrait finir par arriver. J’ai besoin de nouveaux voisins, je n’ai pas vu d’enfant courir sur le trottoir depuis des années. »

    « Chez moi c’est ici, à Detroit »

    Diane Feelay nous accueille chez elle, à l’autre bout de la ville, plein ouest, derrière la gare centrale. Elle fait partie d’une association qui lutte contre les expulsions. Le côté sombre du renouveau de Detroit. La retraitée craint que l’arrivée de Ford ne fasse exploser ses charges. « C’est formidable qu’ils rénovent notre vieille dame, mais je suis très inquiète de la répercussion sur les prix de mon loyer », lance-t-elle, avant de détailler les opérations coups de poing et les actions en justice menées par son association pour empêcher les expulsions.

    A Detroit, les habitants ont longtemps été propriétaires de leur logement. Cela n’est plus le cas pour 54% de la population. « Detroit, c’est comme le Far West. Le monde entier vient investir dans l’immobilier. Les investisseurs achètent des maisons qu’ils n’ont jamais vues : ils les regardent juste sur Google ! Et il n’y a pas de loi, ou le peu de lois qui existent ne sont pas respectées. Ils emploient des sociétés de gestion et nous avons beaucoup de problèmes avec ces entreprises. Certains louent de véritables taudis, avec des moisissures sur les murs ou sans chauffage. Et elles sont sans pitié pour les arriérés : les expulsions de locataires deviennent un  gros problème dans cette ville », soupire la militante. Les Afro-Américains sont les plus exposés : le taux de propriétaires noirs dans le Michigan, un peu supérieur à 50% en 2000 est tombé à 40%.

    Plus loin vers l’aéroport, Delray est un quartier déserté, isolé entre rivière et voie ferrée. Price est assise devant sa maison avec sa grand-mère et ses chiens, peu habitués aux visiteurs. Un pont est en construction à proximité, et la plupart des habitants ont été expropriés. Price se sent abandonnée. « Les promoteurs du  pont ont payé les gens pour racheter leurs maisons, les familles ont été contraintes de partir. Mais de ce côté-ci du quartier, ils ne nous ont rien offert pour déménager, nous voilà seuls, il n’y a plus rien, c’est bien triste » regrette-t-elle. Sa grand-mère souffre de la pollution, accentuée par l’arrivée d’une usine de ciment et la circulation incessante de camions. « Ma nièce me propose de la rejoindre en Californie, mais je n’irai pas », déclare la vieille femme. « Chez moi c’est ici, à Detroit. »

    Une famille à Delray. Le quartier est encore délabré, mais les promoteurs sont en embuscade. Les habitants redoutent l'expropriation. Anne Corpet/RFI

    (ré) écouter : Détroit, la renaissance d’une cité

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