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    A la Une: le Venezuela et ses voisins à couteaux tirés

    media Le président vénézuélien Nicolas Maduro, le 24 septembre 2018 à Caracas, lors d'une déclaration auprès de ses ministres. Miraflores Palace/Handout via REUTERS

    Le président vénézuélien Nicolas Maduro dit détenir « des éléments de preuve » du soutien apporté par des diplomates du Chili, de la Colombie et du Mexique aux responsables de la tentative d’assassinat contre lui début août. En fait, ces affirmations se fondent sur le témoignage d'une personne arrêtée samedi par les autorités vénézuéliennes, explique Ultimas Noticias, un journal pro-gouvernemental à Caracas.

    Celui qui est surnommé « Morfeo » est accusé d’avoir fourni une aide logistique aux responsables de l’attentat. Lors de son audition, dont Nicolas Maduro a diffusé des extraits lors du Conseil des vice-présidents, il laisse entendre que des diplomates ont tenté de l'aider à s'enfuir. Il soutient qu'une « personne en Espagne l'a appelé pour lui dire de se rendre à l'ambassade du Chili, pour être ensuite amené en voiture à l'ambassade du Mexique, puis à l'ambassade de Colombie, d'où il serait ensuite exfiltré vers le pays voisin ».

    Nicolas Maduro souhaite la mise sur pied d'une « commission internationale indépendante pour demander aux Nations unies de mettre au clair la responsabilité de ces ambassades dans la tentative d'assassinat » contre lui, écrit Ultimas Noticias.

    Procédure devant la CPI

    En parallèle, plusieurs pays voisins du Venezuela adressent ce mardi une lettre à la Cour pénale internationale (CPI) pour demander l'ouverture d'une enquête contre Nicolas Maduro pour crime contre l'humanité. « Quel est l'avenir d'une telle procédure CPI ? », s'interroge El Tiempo. Le journal conclut que cela « peut servir de mécanisme de pression, mais est sans effet à court et moyen terme », selon des analystes interrogés par le journal vénézuélien.

    Le processus d'enquête préliminaire peut durer plusieurs années, donc pas d'effet prévisible sur la crise actuelle. D'autant plus, rappelle le journal argentin La Nacion, que « ce n'est pas la première fois que Nicolas Maduro est dénoncé devant la Haute cour. L'an passé, plus d'une centaine de députés chiliens et colombiens avaient déjà utilisé cette voie ». Mais « la situation éprouvante que connaît le Venezuela doit être dénoncée devant toutes les instances possibles pour isoler le régime », pense tout de même La Nacion.

    Isoler davantage le Venezuela, c'est ce que le président colombien Ivan Duque devrait demander à son homologue Donald Trump ce mardi. Les deux dirigeants se rencontrent en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, note El Colombiano, pour qui le journal déploie en ce moment « une croisade contre le gouvernement Maduro ». Ivan Duque devrait demander à Donald Trump de « durcir ses sanctions économiques contre le Venezuela ». L'Ambassadeur colombien aux Etats-Unis se confie au quotidien. Il affirme que Bogota « assume d'être le porte-voix de la lutte contre la dictature vénézuélienne ». Il soutient aussi qu'il n'a « pas proposé d'intervention militaire » et que cela n'était qu'une « interprétation » de ses propos.

    Marijuana : un marché en plein boom

    Un mot du Canada, pour terminer. Le pays va importer de la marijuana colombienne ! Dans les deux pays cette culture est légale. La Colombie a légalisé le cannabis à usage thérapeutique et le Canada est allé plus loin en autorisant son usage récréatif : les Canadiens pourront en consommer librement à partir du 17 octobre. L’objectif de ces importations de cannabis colombien, explique Milenio, à Bogota, c'est donc d'alimenter ce « marché de 5,4 millions de Canadiens ».

    Le tout à moindre coût, puisque « produire un gramme de cannabis au Canada coûte 1,5 dollar contre 50 cents en Colombie ». Ajoutez à cela un climat idéal, des salaires bien plus bas qu'au Canada et vous comprendrez pourquoi « sept producteurs canadiens ont investi 100 millions de dollars dans des filiales colombiennes ». Ces investisseurs, précise le journal colombien, « n'écartent pas les risques des investissements sur ces terres marquées par le narcotrafic et la corruption ». L'article de Milenio ne précise pas sous quelle forme le cannabis pourra être exporté, ni si son usage sera réservé à l'usage thérapeutique, le seul autorisé en Colombie...

    C'est en tout cas un marché en plein boom, nous explique El Cronista, qui parle de nouvelle « drogue financière de Wall Street ». Le journal argentin rappelle que tous les principaux producteurs de cannabis thérapeutique sont Canadiens. « Le porte-drapeau est Tilray, qui depuis qu'elle est entrée en Bourse a vu sa cotation multipliée par 10 », mais qui subit depuis un effet boomerang. El Cronista soutient que si le marché est porté par une telle frénésie, c'est que les investisseurs parient sur la légalisation prochaine du cannabis à usage récréatif sur tout le territoire américain : « Un marché fabuleux pour les entreprises qui se dédient à ce jour au cannabis médical ». Certains analystes mettent cependant en garde, poursuit le journal, contre une éventuelle bulle spéculative, comme celle du bitcoin en 2017. « Dans ce cas précis, il s'agirait plutôt d'un nuage de fumée », commente El Cronista.

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