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    Festival de San Sebastián: au Mexique, les «invisibles» crèvent l'écran

    media Alfonso Cuarón et Yalitza Aparicio, qui interprète Cléo dans le film «Roma» du réalisateur mexicain. www.sansebastianfestival.com

    Ce sont deux regards portés sur un même monde, celui des « invisibles ». D'un côté, le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón et son film Roma, récemment consacré au festival de Venise. Et de l'autre, une toute jeune cinéaste, également mexicaine : Lila Avilés, dont La camarista (« La femme de chambre ») est le premier long-métrage de fiction. Les invisibles dont ils nous racontent l'histoire, ce sont des femmes, femme de ménage et employée de maison. Deux magnifiques portraits proposés dans le cadre du festival de San Sebastián.

    De notre envoyée spéciale à San Sebastián,

    Ce sont ces grands écarts qui font le bonheur des festivaliers. Le film d'Alfonso Cuaron, valeur sûre du cinéma à qui l'on doit Y tu mamá tambien (2001), Gravity (2013), l'un des meilleurs Harry Potter, réalisateur multi-couronné aux Oscars et à Venise, est présenté dans la section Perlas du festival de San Sebastián qui permet de voir une sélection de films récents. Il fait écho à celui de Lila Avilés, présenté lui dans la catégorie « nouveaux réalisateurs », réalisatrice également mexicaine et dont est présenté à San Sebastián le premier long métrage de fiction.

    La Camarista Eva, enfermée dans le huis clos d'un grand hôtel

    Gabriela Cartol, comédienne professionnelle et magistrale interprète de La camarista, film de la jeune réalisatrice mexicaine Lila Alvilés, présenté à San Sebastián. www.sansebastianfestival.com

    La camarista nous raconte le quotidien d'une femme de ménage d'un grand hôtel international de Mexico. Un film tourné en 17 jours, avec peu de moyens, jonglant avec les contraintes du lieu où la vie ne s'est pas arrêtée pour cause de tournage. Eve, petit bout de femme timide, visage fermé et concentré, nettoie les chambres de clients le plus souvent invisibles, parfois littéralement quand ils sont cachés sous une montagne de couettes.

    C'est un huis clos de couloirs, de chambres aux lourds rideaux, de fenêtres fermées, entre lingerie et ascenseur... Peu d'air dans cet univers étouffant aux couleurs ternes, à l'image de l'uniforme des femmes de ménage. Les grandes baies vitrées des chambres n'apportent pas beaucoup d'ouverture sur le monde extérieur, d'autant qu'Eve s'applique à les fermer pour ne pas se laisser distraire de son travail par les tentatives de séduction d'un laveur de vitres... La jeune femme, qui vit à l'hôtel, est la maman d'un petit garçon qu'elle voit peu mais auquel elle parle beaucoup. Le téléphone est le lien avec les siens.

    Elle travaille bien et dur. Ses gestes professionnels sont précis et elle aime le travail bien fait, faisant disparaître une poussière invisible d'un meuble. Quand on découvre qu'il n'y a rien de tel qu'un manche à balai pour faire disparaître les plis d'une couette... La comédienne Gabriela Cartol est magnifique dans ce rôle auquel elle donne par sa seule présence - elle est tout le temps à l'image - une force incroyable. Elle raconte, avec peu de mots, les envies, la curiosité et aussi les frustrations de cette jeune employée. Les séquences avec la jeune maman argentine, même continent mais autre planète, sont tout à la fois drôles et amères. Tout aussi intéressantes sont les relations, souvent marchandes, avec ses collègues. De la nécessité d'arrondir ses fins de mois. Eve, qui prend des cours du soir pour progresser, est une jeune femme fière, consciente de sa valeur et d'avoir mérité sa belle robe rouge.

    Cleo est l'héroïne de Roma, d'Alfonso Cuarón

    Eve communique avec les siens en espagnol. Une de ses collègues de l'hôtel parle à sa famille dans sa langue natale, une langue indienne. Cleo, dans le (magnifique) film d'Alfonso Cuarón, Lion d'or à Venise, communique en espagnol avec ses patrons mais dans sa langue, le mixtèque, avec son amie également servante dans la même maison. Aucune des deux n'était comédienne avant le tournage. Cleo est la nounou d'une famille bourgeoise de quatre enfants qui vit à Mexico et se déglingue au fil du récit.

    Tourné en noir et blanc et situé au tout début des années 1970, le film est très largement autobiographique. Un hommage à ces petits bouts de femmes (par la taille) qui, par les soins et l'amour qu'elles apportent, comme Cléo, aux enfants notamment, constituent en fait le vrai ciment de la cellule familiale. Lors de la présentation du film à Venise, Alfonso Cuarón a rendu hommage à Liba devenue Cleo pour son œuvre, lui décernant le prix reçu, en témoignage de son amour pour elle et pour son pays.

    Comme Eve, Cléo est avare de mots et se livre peu. Pudeur des sentiments, pudeur héritée aussi de sa culture, une culture indienne rarement représentée à l'écran par un réalisateur de l'envergure d'Alfonso Cuarón. Dans les deux films, autour des deux protagonistes, toute une galerie de personnages qui racontent aussi les relations sociales, amicales ou amoureuses qui s'organisent autour de l'employée de maison. Y compris au sein de leur propre communauté. L'amitié des employés indiens de l'estancia, où la famille passe les fêtes de fin d'année, qui invitent Cléo à leur réveillon de Nouvel An parce que comme eux, elle est une paysanne ; ou le mépris du père de son futur bébé pour cette petite servante indienne, ce même garçon qui sera l'exécuteur des basses œuvres du pouvoir un peu plus tard dans le récit, un nervi dans la répression d'une manifestation étudiante dont la violence rappelle celle de la place de Tlatelolco en octobre 1968.

    Douce Cléo qui aura bien du mal à pleurer sa douleur, tout comme il faudra des chocs électriques - un jeu entre collègues - à Eve pour dénouer les tensions qu'elle porte. Des portraits de femmes, de ces modestes invisibles qui racontent un pays et dont les visages, les sourires et les larmes, envahissent l'écran dans ces deux films.

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