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    Amériques

    George H.W. Bush, président de transition dans un monde en transition

    media Avril 1992: le président G.W. Bush aux côtés de sa mère Barbara et de son père, l'ancien président H.W. Bush (illustration). REUTERS/Jason Reed

    Le 41ème président des Etats-Unis, George Bush est décédé à l'âge de 94 ans vendredi 30 novembre au soir. Il avait été hospitalisé au printemps dernier et son décès survient quelques mois après celui de son épouse Barbara. Ancien aviateur de la marine américaine, George Bush avait été durant huit ans vice-président de Ronald Reagan, avant de se faire élire en 1989. Il ne fera qu'un seul mandat en tant que président mais, selon Vincent Michelot, spécialiste des Etats-Unis, enseignant à l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon, si George H.W. Bush fait figure de président de transition, il était aussi une figure assez consensuelle dans la classe politique américaine.

    RFI: Le président Bush père n’aurait-il pas été un peu effacé, entre deux autres grands présidents, Ronald Reagan et William Clinton ?

    Vincent Michelot: Oui, mais avec un peu plus de recul on se rend compte que c’est un président qui a sans doute eu une action transformatrice aussi importante que le président Clinton. C’est aussi un ancien vice-président qui a été particulièrement utile pendant l’administration Reagan. Et quel que soit le billet partisan, cette administration Reagan n’aurait pas été la même sans l’homme qu’était George W. Bush.

    Que peut-on dire de son mandat sur le plan intérieur, parce que, finalement, on connaît surtout George H.W. Bush pour ses interventions extérieures ?

    On le connaît pour la première guerre en Irak, on le connaît pour la contemporanéité avec la désintégration de l’URSS. Sur le plan intérieur c’est difficile, parce qu’il commence avec la promesse qu’il n’augmentera pas les impôts. Et puis, quelques mois plus tard, il est contraint de le faire. Et on le considère souvent dans les milieux conservateurs comme une forme de renégat, comme celui qui aurait, en quelque sorte, trahi les idéaux du credo conservateur.

    Et cela explique en partie le fait qu’il n’ait pas été réélu à un nouveau mandat ?

    En partie. Mais comme je le disais, il est très, très difficile pour un parti de se maintenir à la Maison Blanche sur trois mandats consécutifs. Deux mandats d’un premier président, puis un mandat d’un deuxième. Seul Franklin Roosevelt a réussi à se faire élire quatre fois. C’était l’époque où le 22ème amendement à la Constitution n’existait pas, où un président pouvait, en quelque sorte, se présenter aussi souvent qu’il le souhaitait. Mais même Franklin Roosevelt avait été une exception absolue, et particulièrement problématique. Et on l’a vu même avec Hillary Clinton, qui se présente en 2016: il est très difficile pour un parti de faire trois mandats successifs.

    Et puis, évidemment, il y a les conditions économiques autour de l’élection de 1992, qui se jouent vraiment sur la situation économique du pays. Il y a une forme de lassitude, et surtout, on sent bien qu’à l’issue des deux mandats de Ronald Reagan, le conservatisme américain est arrivé en fin de cycle.

    Barbara Bush et Barack Obama, lors d'une cérémonie présidentielle en l'honneur de l'ancien président George W. Bush à Dallas le 25 avril 2013. ©REUTERS/Jason Reed

    Et c’est aussi une fin de cycle générationnelle. George H.W. Bush est le dernier président de la génération de la Deuxième Guerre mondiale. Son contemporain c’est Jimmy Carter, qui avait servi avant lui entre 1977 et 1981. Mais on voit bien cette génération qu’on a appelle the Greatest Génération - la grande génération -, s’effacer et être remplacée par les Clinton et Bush fils, ou encore Obama, qui sont - pour les deux premiers -, la génération du Vietnam et pour Obama, la génération des gens nés au début des années 1960. Donc, juste avant le début de la guerre du Vietnam.

    Est-ce qu’on peut dire qu’il fait figure de président de transition, peut-être, un peu plus consensuel que Ronald Reagan et Bill Clinton ?

    Oui, c’est clairement un président de transition. Mais le caractère consensuel tient aussi à la nature du personnage. Autant son fils George W. Bush, autant Bill Clinton, sont des hommes politiques extrêmement partisans, qui d’ailleurs, avaient à cœur de nourrir, de soutenir, de financer, d’organiser leur parti, autant Bush père est l’image archétypal du grand fonctionnaire qui a été ambassadeur en Chine, qui a été ambassadeur aux Nations unies, qui a été directeur de la CIA, qui a été vice-président… Un homme, qui, en quelque sorte, est passé par toutes les hautes fonctions, de la haute fonction publique américaine, et qui va donc effectivement être un président de transition. Mais qui, là encore, arrive au bout d’un cycle conservateur qui commence à montrer ses limites, mais qui va être revivifié, re-nourri, ressourcé par son fils huit ans plus tard. Et c’est aussi un président qui arrive – et c’est le hasard de la chronologie –, à un moment où le monde lui-même est en transition. C’est-à-dire qu’on sait très bien qu’il y a un avant et un après 1989, que la géopolitique subit une véritable révolution copernicienne le jour où le mur tombe à Berlin.

    On l’a vu il y a quelques mois, l’enterrement de son épouse Barbara Bush a été un véritable moment de rassemblement des deux partis notamment. Peut-on imaginer la même chose pour ses funérailles dans le contexte actuel ?

    Très vraisemblablement. Bien sûr, la première question qui sera posée, puisqu’elle fut déjà posée à l’occasion des funérailles de Barbara Bush, c’est d’abord de savoir si le président Trump sera invité, ce qui est loin d’être certain, vu les relations extrêmement tendues entre la famille Bush élargie, qu’il s’agisse de son fils, l'ex-président ou de son fils ex-gouverneur de Floride et ex-candidat à l’investiture républicaine que j’ai nommé Jeb Bush. Et puis, moment de rassemblement national, oui, certainement. Parce que, tout comme John McCain était un héros de la guerre du Vietnam, qu’il avait été prisonnier après avoir été abattu au-dessus du Vietnam, Bush père est, lui, un héros de la guerre du Pacifique. Lui aussi, a été abattu, alors qu’il pilotait un avion de l’aéronavale. On peut penser qu’il y aura inévitablement une forme de polémique autour de la présence du président Trump qui a eu des mots extrêmement durs pour Jeb Bush et qui entretient des relations compliquées avec le reste du clan. Et je crois qu’au sens très positif du terme, le terme, justement, de « clan » convient bien pour parler de la famille Bush.

    C’est important ça, aux Etats-Unis, le fait que George Bush ait construit cette dynastie, cette famille ?

    Oui, c’est un exemple de réussite des grandes familles patriciennes de la côte Est. On rappellera aussi que le grand-père de George W. Bush - donc le fils -, était lui-même un sénateur du Connecticut. Il s’agit de ces très grandes familles d’industriels, puisque Bush père, décédé hier, était un millionnaire qui avait réussi dans le pétrole au Texas, après avoir grandi sur la côte Est. Ce sont des dynasties avec plusieurs fils qui se présentent aux élections. S’il avait eu une personnalité un petit peu plus charismatique, il est certain, par exemple, que Jeb Bush l’aurait emporté dans la primaire républicaine de 2016, a fortiori si on n’avait pas eu une crise dans le parti républicain, une désintégration du parti républicain qui a mené à l’investiture de Donald Trump.


    Le dossier israélo-palestinien sous George H. W. Bush

    George Bush pere n'aura fait qu'un mandat, mais un mandat très remarqué sur la scène internationale, puisqu'il aura été l'un des artisans du dialogue israélo-palestinien, estime Philip Golub, enseignant à l'American University of Paris.

    Il était moins proche d'Israël que les présidents précédents et ceux qui lui ont succédé [...] Il cherchait un certain équilibre dans les relations israélo-palestiniennes. Aujourd'hui, on est dans un déséquilibre complet
    Philip Golub 02/12/2018 - par Domitille Piron Écouter

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