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    Chili: le chef de la police limogé après la mort d'un jeune Mapuche

    media Les Mapuches se confrontent aux policiers chiliens et réclament justice pour Camilo Catrillanca. REUTERS/Ivan Alvarado

    Le chef de la police chilienne a été démis de ses fonctions ce jeudi 20 décembre, après de nouvelles révélations concernant l'assassinat en novembre d'un jeune indigène mapuche lors d'une opération policière dans le sud du pays.

    Le général Hermes Soto a été limogé par le président chilien Sebastián Piñera, un jour après la découverte de nouvelles vidéos de l'opération de police durant laquelle Camilo Catrillanca, un Mapuche de 24 ans, a perdu la vie. Les vidéos montrent que le jeune homme a été abattu sans qu'il y ait eu d'affrontements avec les policiers et contredisent la version donnée par ces derniers.

    « Nous sommes arrivés à la conclusion que les Carabiniers du Chili (policiers, ndlr) ont besoin d'une nouvelle direction », a déclaré M. Piñera en annonçant le renvoi du chef de la police, en même temps que celui de dix autres généraux, confondus par une succession de mensonges concernant la mort de Camilo Catrillanca. Une première vidéo fait entendre des coups de feu. D'autres images montrent le corps de Camilo Catrillanca, inerte, comme posé sur le volant de son tracteur après avoir reçu une balle dans la nuque.

    Une balle dans la nuque

    Quatre policiers qui faisaient partie de la patrouille ont également été démis de leurs fonctions et poursuivis par la justice, ainsi qu'un général responsable de la zone. Lors d'une comparution en présence de la presse mercredi, le général Soto a affirmé que les révélations des nouvelles vidéos l'avaient pris « par surprise ».

    Hermes Soto avait indiqué qu'aucune caméra de surveillance n'avait pu filmer la scène, puis avait finalement annoncé qu'il existait bien des images de vidéo, mais qu'elles avaient été détruites par un policier ayant participé à l'opération.

    Au Chili, la règlementation prévoit que les opérations policières soient filmées. Le 14 novembre, Camilo Catrillanca avait reçu une balle dans la nuque lors d'une opération dans la région de l'Araucania, à 600 km au sud de Santiago, où vit la majorité des Mapuches. Le jeune homme conduisait un tracteur en compagnie d'un autre jeune, âgé de 15 ans, dans une zone rurale où patrouillaient des policiers chargés d'enquêter sur des vols de véhicules.

    Une recrudesence d'attaques

    Après le limogeage du général, des dizaines de personnes se sont réunies devant le palais présidentiel à Santiago pour exiger également le départ du ministre de l'Intérieur et de la sécurité, Andrés Chadwick.

    Depuis le décès de Camilo Catrillanca, la région a connuune recrudescence d'attaques et d'incendies visant bâtiments publics et habitations. Un mode d'actions habituel de groupes radicaux mapuche en conflit avec l'Etat concernant la propriété de certaines terres, sans faire de victimes.

    « Un petit groupe de Carabiniers a provoqué une grave crise de crédibilité, d'honnêteté et d'efficacité concernant la tâche réalisée par les Carabiniers du Chili (...), une crise qui traîne depuis bien trop longtemps », a dénoncé Sebastián Piñera jeudi.

    Le « cas Catrillanca » remet en lumière l'action de la police chilienne dans la région de l'Araucania, depuis la découverte en 2017 de la fabrication de fausses preuves imputant à plusieurs chefs mapuche la responsabilité d'attaques incendiaires.

    (Avec AFP)

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