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    Amériques

    Au Brésil, un gouvernement de combat sous l’ère Bolsonaro

    media Jair Bolsonaro et son épouse Michelle sur la Rolls Royce décapotable présidentielle, le jour de l'investiture, le 1er janvier 2019. REUTERS/Ricardo Moraes

    Intronisé mardi 1er janvier 38e président du Brésil, Jair Bolsonaro incarne le début d’une nouvelle ère pour le plus grand pays d’Amérique du Sud où l’extrême droite n’était plus au pouvoir depuis 1985. La composition de son premier gouvernement laisse peu de doutes sur ses intentions : faire du Brésil un État fort inspiré de l’Amérique trumpienne.

    L’investiture mardi 1er janvier de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil marque un tournant pour le plus grand et le plus peuplé pays d’Amérique du sud (8,5 M de km2, 209 M d’habitants) qui compte donc désormais à sa tête cet ancien député d’extrême droite, âgé de 63 ans. Après avoir effectué un passage dans l’armée sous le grade de capitaine, ce natif de Sao Paulo a siégé durant 27 ans à l’Assemblée sous différentes étiquettes mais sans se faire particulièrement remarquer par son action à Rio, la ville où il a émergé politiquement. Il a néanmoins été élu avec 55,13% des voix au second tour de la présidentielle le 28 octobre dernier dans un contexte de grande insécurité (64 000 homicides au Brésil en 2017) et sur fond de corruption généralisée dont la figure la plus visible reste l’ancien président Lula da Silva qui purge une peine de douze ans de prison.

    Ouvertement nostalgique des « années de plomb » de la dictature militaire qui a sévi de 1964 à 1985 au Brésil et décidé à « purger le Brésil du socialisme » selon ses termes, Jair Bolsonaro s’est signalé par des prises de position radicales sur les sujets de société, sur l’écologie (il est climatosceptique) et a fait du président américain Donald Trump son modèle, lequel lui a manifesté un soutien appuyé ces dernières semaines. Celui que l’on a surnommé « O Mito » (le Mythe) a par exemple affiché son intention de généraliser le port d’armes, une mesure envers laquelle 61% des Brésiliens se sont pourtant déclarés défavorables et il a multiplié les allusions misogynes, racistes et homophobes tout au long de sa campagne, sans que cela ne lui nuise réellement chez son électorat de base.

    Influence américaine

    Cette volonté de se présenter en « homme fort », tendance qui est en train de prendre forme dans de nombreuses démocraties à travers le monde, se reflète dans la composition d’un premier gouvernement où l’on compte sept militaires et seulement deux femmes, sur vingt-deux membres, tous Blancs, au premier rang desquels Hamilton Mourao, un général de 65 ans dont il a fait son vice-président, un homme lui aussi situé à l’extrême droite et qui s’était également signalé par quelques saillies racistes et homophobes durant la campagne électorale. Reste que la clef de voûte de ce gouvernement sera Paulo Guedes, 69 ans, qui a hérité d’un super ministère de l’Économie, une discipline pour laquelle Jair Bolsonaro avoue ne pas avoir de grandes dispositions.

    Surnommé « Chicago Boy » car influencé par l’école de Chicago, ville où il eut entre autres pour professeur l’économiste américain Milton Friedman, Paulo Guedes a prévu de procéder à de larges privatisations pour endiguer la dette du pays, de s’attaquer à une refonte fiscale, de mener une politique d’encouragement des investissements étrangers et de réformer le régime des retraites, un vaste programme qui aura toutefois besoin de l’aval d’un Parlement très fragmenté où le parti du président Bolsonaro, le PSL – qui ne compte que 52 sièges sur 513 à l’Assemblée et 4 sur 81 au Sénat – devra faire des alliances pour imposer sa politique ultra-libérale. Autre personnage emblématique de ce gouvernement, le ministre de la Justice Sergio Moro, un homme aux méthodes expéditives qui a notamment mené l’opération « Lava Jato », une affaire de corruption et de blanchiment d’argent impliquant parmi d’autres la société Petrobras et provoquant la chute de l’ex-président Lula.

    Un gouvernement musclé

    Autres figures de premier plan du gouvernement Bolsonaro : Onyx Lorenzoni, 64 ans, qui fut l’éminence grise de la campagne présidentielle et s’est vu confier le poste de chef de la Maison Civile, une position qui lui confère la charge de coordonner les différents ministères et fait pratiquement de lui un Premier ministre et Ernesto Araujo, 51 ans, ministre des Affaires étrangères ouvertement pro-Trump, un président américain dont il partage les vues sur le climat – un dogme scientifique selon lui – et les habitudes compulsives sur les réseaux sociaux. Cette dernière nomination marque au passage une rupture avec le multilatéralisme traditionnel du Brésil, une posture qui s’est déjà manifestée par des attaques en règle contre le Venezuela et Cuba, avec ce que cela peut laisser supposer comme tensions futures dans la région.

    À cette galerie de portraits s’ajoute également Damares Alves, 38 ans, l’une des deux femmes du gouvernement, nouvelle ministre des droits de la Femme, de la Famille et des Droits de l’homme qui a la particularité d’être pasteur évangélique, une église dont se revendiquent beaucoup de Brésiliens (mais pas Bolsonaro qui s'est converti au protestantisme apprès avoir été catholique). À souligner également, la présence d’Augusto Heleno Ribeiro Pereira, 71 ans, l’un des mentors de Jair Bolsonaro dont il fut l’instructeur à l’académie militaire et qui s’est vu confié les services de renseignement. Il s’était fait remarquer en menant de façon très musclée la mission de l’ONU en Haïti après le départ de Jean-Bertrand Aristide en 2004, nouveau signe que le nouvel homme fort du Brésil ne s’est pas entouré d’enfants de chœur.

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