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    Mexique: vingt-cinq ans après le soulèvement, le combat des Zapatistes continue

    media Le sous-commandant Marcos (devant) et des membres de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) arrivent pour une réunion avec les organisations autochtones dans l'Etat mexicain de Chiapas, le 13 août 2005. Archive d'illustration. REUTERS/Daniel Aguilar

    C’était il y a vingt-cinq ans : le 1er janvier 1994, le soulèvement de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) avait lieu au Chiapas. Au début de la semaine, les Zapatistes ont célébré cet anniversaire, à l’occasion duquel ils ont critiqué la politique du président mexicain, Lopez Obrador.

    De notre correspondant à Mexico,

    Les Zapatistes n’ont pas disparu. Ils vivent dans les municipalités autonomes du Chiapas qu’ils avaient créées à partir de 1994. Dans ces territoires qu’ils gouvernent, les rebelles maintiennent leur propre organisation sociale et communautaire, sans aucune intervention de l’Etat. D’ailleurs, depuis une quinzaine d’années, ils n’ont plus aucun contact avec le gouvernement mexicain, pas même avec celui de Lopez Obrador.

    Ce mouvement indigène s’est donc retranché dans ses terres et n’a plus beaucoup fait parler de lui. Sauf de temps en temps, lorsque les Zapatistes se manifestent, soit par des déclarations, soit par des initiatives, comme celle prise fin 2017, lorsqu’ils ont lancé la candidature d’une femme indigène aux élections présidentielles de juillet dernier. Candidature indépendante qui n’a finalement pas prospéré.

    Le sous-commandant Marcos fait profil bas

    Le mouvement zapatiste s’est rendu très populaire grâce au sous-commandant Marcos. « Marcos » est toujours là, au fin fond de la forêt du Chiapas. Il a d’ailleurs été vu le 1er janvier lors du 25eme anniversaire du soulèvement zapatiste. Il a même passé en revue les troupes, aujourd’hui non plus armées de fusils mais de bâtons. Mais depuis qu’il a changé de nom en 2014 pour devenir le sous-commandant Galeano, il a adopté un profil bas, laissant le commandement aux zapatistes indigènes. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit plus le stratège du mouvement.

    Vingt-cinq ans après l’insurrection zapatiste, rien n'a changé ou presque pour les indigènes mexicains. Et les causes du soulèvement armé de 1994 sont toujours présentes : les indigènes continuent à être des citoyens de seconde zone plongés dans la pauvreté, victimes du racisme et de l’exclusion sociale.

    Les Zapatistes, une résistance des « indigènes »

    Pour les Zapatistes l’arrivée au pouvoir d’un président de gauche, en la personne d'Andres Manuel Lopez Obrador, ne constitue pas un espoir de changement. Ils l’ont encore rappelé le 1er janvier. Appelant les indigènes à la résistance, ils ont critiqué Lopez Obrador, dont ils se méfient depuis longtemps. Et ils sont prêts à s’opposer à plusieurs de ses projets, dont la construction d’un train maya dans le Yucatan, le programme de reforestation dans le sud du pays, ainsi que la création d’une Garde nationale.

    Ce qui pourrait provoquer à l’avenir une confrontation ou un bras de fer entre le gouvernement et les Zapatistes, et de manière générale les indigènes, dont certains rejettent déjà la politique indigéniste de Lopez Obrador.

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