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    Amériques

    Nicolas Maduro, un deuxième mandat contesté de toutes parts

    media Le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d'une conférence de presse le 9 janvier 2019 à Caracas. REUTERS/Manaure Quintero

    Au Venezuela, le président Nicolas Maduro sera investi ce jeudi 10 janvier 2019 pour un deuxième mandat, alors que le pays traverse une grave crise économique, sociale et politique. Officiellement, Nicolas Maduro a été réélu haut la main le 20 mai 2018 avec 68% des suffrages. Mais ce résultat est contesté par l'opposition vénézuélienne soutenue par une partie de la communauté internationale. Les adversaires de Nicolas Maduro l’appellent à renoncer à la présidence.

    Les Etats-Unis, l'Union européenne, le Canada et douze pays latino-américains ne reconnaissent pas la réélection de Nicolas Maduro. Selon eux, le scrutin n'a pas rempli les critères démocratiques requis. Forte de ce soutien international, l’opposition vénézuélienne semble reprendre un peu de couleurs. L’union des partis d’opposition qui s’étaient rassemblés dans une vaste coalition baptisée MUD (Table de l’union démocratique) avait volé en éclat, au printemps 2018, quand Henri Falcon, membre de la MUD, avait décidé de se présenter à l’élection présidentielle face à Nicolas Maduro, alors que le reste de l’opposition avait décidé de boycotter le scrutin.

    Aujourd’hui, l’Assemblée nationale, seule institution entre les mains de l’opposition, se dit prête à restaurer l’ordre constitutionnel dans le pays. Et elle est rejointe par la puissante conférence épiscopale. Certains élus veulent créer un conseil de transition afin d’organiser des élections libres. D’autres veulent tenter de remobiliser la population qui avait manifesté massivement pendant des semaines en 2017 en faveur d’un changement politique au Venezuela. Mais en vain.

    L'opposition doit regagner la confiance des Vénézuéliens

    « Ce 10 et le 11 janvier, nous, les députés, allons nous réunir en session extraordinaire, ici à l'Assemblée ou dans la rue, pour montrer aux Vénézuéliens que nous sommes disposés à avancer constitutionnellement et sous la protection de la communauté internationale », explique Desiree Barboza, élue du parti Voluntad Popular. « Nous espérons pouvoir compter également sur le soutien des forces armées. Qu'elles s'en tiennent à la Constitution et au droit. Il est urgent d'arriver à une transition politique. Parce qu’en ce moment, Nicolas Maduro veut poursuivre sa farce. Il nous défie en se maintenant au pouvoir. Ce faisant, il viole une nouvelle fois la constitution. Nous devons agir. Et nous sommes disposés à le faire ». Nicolas Maduro prêtera serment aujourd’hui devant le Tribunal suprême de justice, proche du pouvoir, et non devant l’Assemblée nationale comme le voudrait la Constitution.

    Le régime chaviste impassible

    Malgré les pressions internes et la stratégie d’une partie de la communauté internationale d’isoler le régime chaviste, ses membres se montrent impassibles aux critiques. « Un pays qui déclare ne pas reconnaître un processus électoral que les Vénézuéliens ont reconnu, c'est de l'ingérence ! C'est de l'ingérence dans les affaires internes d'une autre nation. C'est contraire à la charte des Nations unies et cela vaut pour le Venezuela et tout autre pays du monde », martèle Tania Diaz, la vice-présidente de l'Assemblée constituante, une institution exclusivement composée d'élus pro-gouvernementaux. Elle souligne que la dernière présidentielle n'a pas seulement confirmé Nicolas Maduro au poste de président, mais par la même occasion a validé le projet politique de la révolution bolivarienne, qui fête ses 20 ans cette année. « A deux reprises, le peuple vénézuélien a majoritairement voté pour Nicolas Maduro. Mais à travers le président Maduro, le peuple a surtout voté pour le programme gouvernemental présenté par feu le président Hugo Chavez lors de sa dernière élection. C'était le même programme que Nicolas Maduro a présenté lors de sa première campagne électorale. Et puis Nicolas Maduro a renouvelé ce programme par le biais de sa réélection. Ce plan du président Maduro, nous en avons débattu, nous l'avons construit et enfin à travers une élection libre, démocratique, ouverte et légitime, les Vénézuéliennes et les Vénézuéliens l'ont approuvé ».

    Un exode des Vénézueliens persistant

    Depuis 2015, quelque 2,3 millions de Vénézuéliens ont fui l’hyperinflation ainsi que des pénuries alimentaires et de médicaments. L’ONU prévoit qu’en 2019 cet exode devrait encore s’accélérer. Andrés d’Ascoli a quitté le Venezuela en juillet 2017. A 26 ans, ce jeune économiste et étudiant en politiques publiques se dit découragé quant à l’avenir proche de son pays natal : « Moi je ne pense pas que la situation changera de sitôt », confie-t-il. « On pensait que la crise sociale allait déclencher un mouvement de contestation de grande ampleur. Parce que cette crise touche tous les secteurs de la population pas seulement les moins favorisés. Force est de constater que rien ne se passe. Et que le gouvernement ne fait rien pour résoudre cette crise. Tant que le régime a le contrôle de l'armée il est sûr de rester au pouvoir. Et les militaires qui essayent de se soulever, ils sont en prison ».

    Pour cette journée d’investiture de Nicolas Maduro, les forces spéciales ont été déployées massivement dans les rues de Caracas et dans toutes les grandes villes du Venezuela.

    → LIRE AUSSI L'interview de Tania Diaz, première vice-présidente de l’Assemblée constituante vénézuélienne

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