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    [Reportage] Honduras: l'opposition peine à mobiliser une population qui a peur

    media Les habitants de Pimienta se disent persécutés depuis leur participation aux manifestations post-électorales de 2017. Marie Normand/RFI

    Il y a près d’un an, au Honduras, Juan Orlando Hernandez entamait un second mandat à la tête du pays après une élection entachée de fraudes, selon l’Organisation des Etats américains. A l’occasion de cet anniversaire, la société civile et les partis d’opposition appellent à des blocages de route cette semaine et à une grève nationale le jeudi 24 janvier. Même si une partie de la population estime que le chef de l’Etat n’est pas légitime, il est difficile de savoir si cet appel sera suivi. Car la répression du mouvement de protestation de 2017 a laissé des traces dans un pays très divisé et miné par la corruption.

    De notre envoyée spéciale,

    La maison de Yeny Ciru apparaît au bout d’une route de terre, à Pimienta, une petite ville située à une heure environ de la capitale économique, San Pedro Sula. « Avant, Pimienta était une commune très tranquille. Il n’y avait aucun des problèmes que nous connaissons aujourd’hui. Mais depuis la crise politique, ceux qui ont participé aux blocages de routes sont persécutés », raconte-t-elle.

    A Pimienta, les manifestants de 2017 ont peur

    Ici, en décembre 2017, comme dans d’autres villes du nord du Honduras, le poste de police a été incendié. Onze habitants de Pimienta ont été emprisonnés. Yeny Ciru a tenté d’organiser leur défense et c’est, selon elle, ce qui lui vaut aujourd’hui des représailles : « Nous sommes persécutés par des individus non identifiés. Parce que ces personnes sont encagoulées. J’ai peur pour ma vie. Samedi, ils sont restés près d’une heure juste en face de chez moi ». Sa voisine, Lourdes Gomez, soutient que son mari a été torturé. Elle a passé quatre mois dans une prison de haute sécurité pour femmes. En surpoids, elle se déplace très difficilement mais, selon les autorités, c’est elle qui a mis le feu au commissariat de police : « Cela fait sept mois que nous sommes en liberté conditionnelle. On est juste sortis dans la rue et, depuis, c’est le chaos. Ma famille vivait d’un petit commerce. J’ai perdu la somme de 60 000 lempiras, environ 2 500 dollars. Ils se sont envolés le jour de mon arrestation. Puis, ils ont expulsé mes enfants de la maison que je louais. Nous sommes passés par beaucoup de moments très difficiles ».

    Impensable pour Lourdes Gomez de retourner manifester cette semaine. « Ici, tout le monde sait que les Etats-Unis sont complices de ce qui se passe au Honduras, affirme-t-elle. Et tant que les Etats-Unis voudront maintenir le président au pouvoir, il le restera ». Elle dit attendre la fin de sa liberté conditionnelle, dans quelques mois, pour partir avec la prochaine caravane de migrants. Cette peur, on la retrouve chez tous les manifestants de 2017 que nous avons interrogés à Pimienta et à San Pedro Sula.

    L'opposition appelle à une grève nationale le 24 janvier

    Difficile de mobiliser dans ces conditions, reconnaît l’avocat Joaquin Mejia. Il est membre de l’Eric, un centre de recherche jésuite proche de l’opposition : « Pour la première fois, des secteurs éloignés politiquement ont un discours commun, sur un point particulier. Et ce qu’ils ont en commun, c’est de demander le départ du président Hernandez, pour revenir à un système démocratique. C’est une première étape. Le problème, c’est la capacité d’organisation pour réussir à mobiliser une population qui a peur. Et c’est logique qu’elle ait peur. Il faut rappeler ce que dit la Commission interaméricaine des droits de l’homme : le gouvernement du Honduras privilégie la répression au dialogue. Une partie de la violence généralisée que connaît le Honduras vient de la police, de l’armée, de la police militaire, parfois avec la complicité du crime organisé. Donc, il faut voir quelle sera la capacité de mobilisation face à cette peur et la manière dont réagira le gouvernement de Juan Orlando Hernandez face à ce mouvement social. »

    Un mouvement que la plupart des organisateurs souhaitent pacifique. Mais l’ancien président Manuel Zelaya, chassé par un coup d’Etat en 2009, appelle, lui, ouvertement à la formation de commandos et à l’insurrection. 

    Ici, tout le monde sait que les Etats-Unis sont complices de ce qui se passe au Honduras. Et tant que les Etats-Unis voudront maintenir le président au pouvoir, il le restera
    Reportage de Marie Normand à Pimienta 23/01/2019 - par RFI Écouter

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