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    Venezuela: Juan Guaido, autoproclamé «président par intérim»

    media Manifestation contre le gouvernement vénézuélien à Caracas, le 23 janvier. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

    Le président du Parlement vénézuélien, Juan Guaido, principal opposant à Nicolas Maduro, s'est proclamé mercredi chef de l'Etat par intérim et a été immédiatement reconnu par Donald Trump alors que plusieurs centaines de milliers de personnes manifestaient à Caracas. Le Venezuela a rompu ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis.

    Opposants et partisans du président Nicolas Maduro sont descendus en masse dans les rues ce mercredi dans tout le pays, dans un climat de haute tension. En deux jours, au moins 13 personnes sont mortes, majoritairement par arme à feu, selon l'Observatoire vénézuélien des conflits sociaux (OVCS), une ONG d'opposition au président Nicolas Maduro.

    Les opposants, dont nombreux s'étaient vêtus de blanc, se sont réunis dans plusieurs quartiers de la capitale et d'autres régions du pays pour exiger un « gouvernement de transition » et de nouvelles élections. De leur côté, les partisans du gouvernement, habillés de rouge pour la plupart, se sont retrouvés dans d'autres points de la capitale pour apporter leur soutien au chef de l'Etat et rejeter les revendications de l'opposition, qu'ils considèrent comme une tentative de coup d'Etat orchestrée par Washington.

    En cette date historique, qui commémore les 61 ans la chute de la dictature de Marcos Perez Jimenez, le 23 janvier 1958, les opposants et partisans du président socialiste souhaitaient compter leurs forces.

    Des heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et partisans de l'opposition quand des dizaines d'opposants ont bloqué une artère principale dans le quartier d'Altamira, dans une banlieue cossue de Caracas. Des membres de la Garde nationale ont alors tenté de les déloger en faisant usage notamment de gaz lacrymogène.

    Juan Guaido prêt à remplacer Nicolas Maduro

    Juan Guaido, nouveau président du Parlement, où l'opposition est majoritaire, espère être en mesure d'unifier les opposants à l'héritier d'Hugo Chavez et se dit prêt à le remplacer à titre provisoire, avec le soutien de l'armée, le temps d'organiser des élections libres.

    Juan Guaido s'est proclamé président par intérim à Caracas: dans le cortège de la manifestation de l'opposition, des Vénézuéliens expriment leur satisfaction 24/01/2019 - par Benjamin Delille Écouter

    « Aujourd'hui, 23 janvier 2019, en tant que président de l'Assemblée nationale, invoquant les articles de la Constitution bolivarienne de la République du Venezuela, toute notre action étant basée sur notre Constitution, devant Dieu tout-puissant, le Venezuela, et avec tout le respect de mes collègues et membres de la Table de l'Unité, je jure d'assumer formellement les compétences du pouvoir exécutif national , en tant que président en charge du Venezuela pour parvenir à l'arrêt de l'usurpation du pouvoir, un gouvernement de transition, et des élections libres », a-t-il lancé depuis une tribune.

    Quelques heures après l'annonce de Juan Guaido, l'armée vénézuélienne a rejeté son auto-proclamation comme président par intérim du Venezuela, selon le ministre de la Défense, Vladimir Padrino : « Le désespoir et l'intolérance portent atteinte à la paix de la Nation. Nous, soldats de la patrie, nous n'acceptons pas un président imposé à l'ombre d'intérêts obscurs ni autoproclamé en marge de la loi. L'armée défend notre Constitution et est garante de la souveraineté nationale. »

    Dans une motion, le Parlement vénézuélien estime que Maduro, réélu l'été dernier au terme d'un scrutin boycotté par les principales forces de l'opposition, est un « usurpateur ». La Cour suprême, favorable au régime, a jugé mardi que le Parlement ne devait pas reconnaître Guaido comme son président et demandé aux services du procureur de l'Etat d'ouvrir une enquête sur l'opposant.

    Trump et l'OEA reconnaissent Guaido « président par intérim »

    Peu de temps après la déclaration de Juan Guaido, Donald Trump a annoncé ce mercredi dans un communiqué qu'il reconnaissait le jeune opposant de 35 ans comme président du Venezuela par intérim et a invité les autres pays occidentaux à en faire autant. Le président américain a aussi prévenu que les Etats-Unis mettront à profit « le poids de leur puissance économique et diplomatique afin d'encourager le rétablissement de la démocratie vénézuélienne. »

    Jugeant que l'Assemblée nationale était « la seule branche légitime du gouvernement », Donald Trump rappelle que cette dernière a déclaré le président Nicolas Maduro « illégitime ». « Le peuple du Venezuela a courageusement parlé contre Maduro et son régime et exigé la liberté et l'Etat de droit », ajoute-t-il.

    En réaction, le président vénézuélien a annoncé que son pays rompait ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis : « J'ai décidé de rompre les relations diplomatiques et politiques avec le gouvernement impérialiste des Etats-Unis. Dehors ! Qu'ils s'en aillent du Venezuela, ici il y a de la dignité, voyons ! », a déclaré Nicolas Maduro, qui a donné 72 heures aux représentants diplomatiques nord-américains pour quitter le pays. Ce à quoi le département d'Etat américain a répondu que le dirigeant vénézuélien n'en avait pas « l'autorité légale », dans la mesure où Washington ne reconnait plus son régime.

    Le Venezuela lâché par ses voisins

    Dans la foulée de Donald Trump, l'Organisation des États américains (OEA) a elle aussi reconnu Guaido comme « président en exercice ». Luis Almagro, secrétaire général de l'OEA, basée à Washington, a félicité Juan Guaido : « Nos félicitations à Juan Guaido, le président en exercice du Venezuela. Il a toute notre reconnaissance pour impulser le retour de la démocratie dans ce pays », a-t-il fait savoir dans un tweet. Le Canada, le Pérou, le Costa Rica, le Brésil, l'Argentine, le Guatemala et la Colombie ont reconnu à leur tour Guaido comme « président par intérim ». Une majorité de pays membres du Groupe de Lima, un organisme qui regroupe 12 pays réunis afin d'établir une sortie pacifique de la crise au Venezuela, ont également reconnu Juan Guaido comme « président en exercice ».

    Même prise de position du Chili qui par la voix de son président, Sebastian Piñera, a confirmé la reconnaissance par Santiago de Juan Guaido : « Nous avons décidé de reconnaître Juan Guaidó comme président par intérim et nous tenons à lui manifester notre soutien le plus total dans son importante mission de rétablir la démocratie au Venezuela en appelant à des élections libres et démocratiques sous un délai de 30 jours. De plus, nous sommes convaincus que le mal nommé président Maduro fait partie du problème et non de la solution. La solution aux problèmes du Venezuela passera par le rétablissement des véritables valeurs démocratiques dans le pays ». « Maduro » signifie « mûr » ou « réfléchi » en espagnol, précise notre correspondante à Santiago, Justine Fontaine.

    En revanche, le Mexique d’Andres Manuel Lopez Obrador, membre du groupe de Lima, a annoncé maintenir son soutien au gouvernement de Nicolas Maduro. Ainsi que Cuba qui a exprimé son « ferme soutien » au gouvernement de Caracas face à une « tentative de coup d'État ».

    De l'autre côté de l'Atlantique, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dit sur Twitter « espérer que toute l'Europe va être unie en soutien des forces démocratiques au Venezuela ». « Contrairement à Maduro, l'assemblée parlementaire, y compris Juan Guaido, ont un mandat démocratique », a-t-il ajouté.

    (Avec agences)


    ► REPORTAGE

    Des dizaines de milliers de personnes marchent contre le président Nicolas Maduro dans les rues de Caracas et partout au Venezuela. Une foule immense qui dépasse les dernières grandes manifestations de 2017 à en croire les premières estimations.

    Avec notre correspondant à CaracasBenjamin Delille

    Dès 10 heures du matin, l’avenue Francisco de Miranda à Caracas est déjà pleine de manifestants. Un flux ininterrompu de personnes arrive de toute part, du métro, des rues adjacentes.

    Les drapeaux vénézuéliens sont légion. Les casquettes jaunes, bleues et rouges aussi. Comme celle de Jose Antonio, 69 ans. Il observe le regard humide ce cortège qui s’étend à perte de vue : « Je n’ai jamais vu autant de gens. Rien qu’en regardant, ça se voit que nous sommes la majorité. Que le président arrête de nous tromper. Avec ça, je suis sûr qu’il a peur. »

    Le vieil homme a été de toutes les manifestation depuis 20 ans, et il assure que celle-ci les dépasse toutes, de loin. Et cela s’explique facilement selon lui : « Il n’y a pas de médicaments, pas de nourriture, rien, les enfants meurent ici ! On a atteint la limite, la coupe est pleine. »

    Juan Guaido s'est autoproclamé «président par intérim» du Venezuela mercredi 23 janvier à Caracas. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins
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