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    Le Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga a présenté jeudi sa démission au chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta, qui l'a acceptée, selon un communiqué de la présidence. Cette démission intervient à quelques heures de l'examen par l'Assemblée nationale d'une motion de censure du gouvernement déposée par des députés de l'opposition, mais aussi de la majorité.

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    Rupture d'un barrage minier au Brésil: une centaine de morts et 250 disparus

    media Les sauveteurs s'affairent sur le site du barrage minier de Vale dans l'Etat du Minas Gerais, barrage qui s'est rompu le 25 janvier 2019: quelque 300 personnes ont disparu, englouties par les boues. REUTERS/Washington Alves

    Au moins 115 personnes ont trouvé la mort et environ 250 autres sont portées disparues après la rupture d’un barrage du géant minier Vale dans l’État brésilien du Minas Gerais vendredi 25 janvier, provoquant une gigantesque coulée de boue. L’incident intervient trois ans après le pire drame environnemental du pays et qui avait fait 19 morts autour d’un barrage appartenant au même groupe minier.

    Le barrage qui a rompu faisait partie du complexe minier de Córrego do Feijão, qui en compte trois au total, à Brumadinho, commune de 39 000 habitants située à 60 km au sud-ouest de Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais. Près de 13 millions de mètres cubes de déchets de la production minière ont été lâchés et la zone a été couverte d’une marée de boue de couleur marron aux reflets grisâtres.

    Des chances « minimes » de retrouver des survivants

    « La police, les pompiers et les militaires ont tout fait pour tenter de secourir d'éventuels survivants, mais nous savons qu'à partir de maintenant les chances sont minimes et nous ne trouverons probablement que des corps », a déclaré le gouverneur Romeu Zema à des journalistes à Brumadinho.

    Selon le gouvernement du Minas Gerais, une centaine de pompiers a été mobilisée et plusieurs dizaines hélicoptères ont été utilisés par les équipes de secours.

    Le président Jair Bolsonaro a annoncé que des troupes d'un régiment de Minais Gerais avaient été déployées et que plusieurs ministres devraient arriver sur place dès vendredi pour mettre en place une cellule de crise. Le chef de l’État devrait survoler la région samedi 26 janvier.

    Il a « regretté ce qui s'est passé à Brumadinho », dans un tweet.

    La marée de boue a englouti la cantine à l'heure du déjeuner

    Lors d’une conférence de presse, l’entreprise responsable du barrage, le géant minier Vale, avait affirmé que quelque 300 employés étaient présents sur les locaux et environ 100 avaient déjà été retrouvés en vie. « La plupart des personnes touchées sont nos employés, a affirmé le PDG de Vale, Fabio Schvartsman. Nous ne connaissons pas encore le nombre des victimes, mais nous savons qu'il sera élevé », a-t-il ajouté précisant que l’incident est survenu à l’heure du déjeuner et la marée de boue a englouti entièrement la cantine, bondée.

    Rupture du barrage minier du groupe Vale à Brumadinho, commune de 39 000 habitants située à 60 km au sud-ouest de Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais, le 25 janvier 2019. REUTERS/Washington Alves

    Le dirigeant du groupe minier a dit redouter un bilan humain bien plus lourd que celui de la catastrophe de la mine de Samarco Mineração, où la rupture d'un barrage avait fait 19 morts en 2015, près de Mariana. Il a en revanche estimé que les conséquences environnementales devraient être moindres.

    Le barrage était en travaux pour des fuites depuis plusieurs mois

    Dans une vidéo tournée sur place, un témoin indique qu’il « ne reste plus rien. Tout est fini, tout », après la rupture du barrage, entouré d'une scène apocalyptique.

    Les causes exactes de la rupture sont encore inconnues, mais selon nos informations, le barrage était en travaux pour des fuites depuis plusieurs mois.

    Les autorités étaient au courant des problèmes techniques

    Selon le site de journalisme d’investigation The Intercept, le gouvernement de l’État du Minas Gerais était au courant de la situation dangereuse du barrage au moins depuis décembre 2018.

    Lors d’une étude pour analyser l’expansion de cette mine de Burmadinho, le Forum national de la société civile de gestion des bassins hydrographiques (Fonasc) avait qualifié le projet de « folie », « d’un grand potentiel dévastateur », des problèmes techniques avaient déjà été décelés. Le projet a toutefois été approuvé.

    Vale était derrière la pire catastrophe environnementale du Brésil, à Mariana

    La même compagnie avait déjà été mise sur la sellette pour le pire drame écologique de l’histoire du pays. En novembre 2015, la rupture du barrage de Samarco-Fundão, une copropriété de Vale et du groupe anglo-australien BHP près de Mariana, à environ 150 km de Belo Horizonte, avait fait 19 morts.

    Des centaines de kilomètres carrés avaient été submergés par un tsunami de boue, qui avait traversé deux États brésiliens et s'était répandu sur 650 kilomètres jusqu'à l'océan Atlantique à travers le lit du fleuve Rio Doce, l'un des plus importants du Brésil.

    « C'est incroyable que trois ans et deux mois après Mariana, un autre accident avec les mêmes caractéristiques ait lieu dans la même région », s'est insurgé Greenpeace dans un communiqué, après cette nouvelle catastrophe à .

    Mais le procureur Carlos Eduardo Ferreira Pinto, qui a enquêté sur le désastre de Mariana, n’est pas surpris. « C’était logique qu’ [un nouveau drame du genre] arriverait », a-t-il dit au magazine Piaui. « Depuis la rupture de Fundão, rien n’a été fait pour éviter que ce genre de désastre arrive ».

    Tout au long de sa campagne présidentielle et après sa prise de pouvoirs, le nouveau président Jair Bolsonaro a menacé assouplir les lois environnementales du pays. Il avait promis d’annuler le système d’amendes de l’Institut brésilien de l’Environnement et des ressources naturelles renouvelables (Ibama).

    A la tristesse se mêle la colère contre une entreprise minière qui n'a pas su éviter cette catastrophe. Un rapport sorti à la fin de l'année 2018 faisait passer de 25 à 45 le nombre de barrages à risque. Mais ce barrage ne figurait même pas dans la liste. L'entreprise Vale avait même reçu l'autorisation du gouvernement de Minas Gerais d'augmenter sa production de 88% d'ici 2032.

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