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    Amériques

    Aide humanitaire: violences aux frontières du Venezuela

    media Un camion d'aide humanitaire est déchargé après avoir incendié lors de heurts sur le pont Francisco de Paula Santander, à la frontière colombiano-vénézuélienne, le 23 février 2019. REUTERS/Marco Bello

    Des heurts ont éclaté ce samedi 23 février 2019 à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, par laquelle le chef de file de l'opposition vénézuélienne Juan Guaido entendait faire entrer dans son pays l'aide humanitaire stockée depuis deux semaines en Colombie. Le président Maduro, qui voit dans cette assistance une manœuvre des Etats-Unis pour intervenir militairement contre son régime, a bloqué tous les accès entre les deux pays.

    A la frontière entre le Venezuela et la Colombie, des « colectivos » ont rejoint l'armée vénézuélienne. Ces groupes armés par le gouvernement vénézuélien et qui soutiennent le président Nicolas Maduro sont venus prêter main-forte aux militaires face aux manifestants de l'opposition qui tentent de faire entrer au Venezuela l'aide humanitaire stockée en Colombie depuis deux semaines.

    Ils circulent à moto dans un ballet incessant, armés de pistolets ou de fusils d'assaut, entre les différents postes-frontières de l'Etat de Tachira. Ces « colectivos », souvent cagoulés, n'hésitent pas à tirer à balles réelles pour maintenir l'ordre, rapporte notre envoyée spéciale Marie Normand. Ils ciblent aussi les journalistes vénézuéliens et étrangers qui se trouvent sur les lieux des affrontements. Une équipe de télévision vénézuélienne et une journaliste suédoise ont ainsi été mises en joue et leur matériel dérobé à proximité du pont Simon Bolivar.

    Heurts à Ureña et San Antonio Tachira

    Plus tôt dans la journée, des militaires vénézuéliens ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des dizaines de personnes qui voulaient traverser la frontière entre le Venezuela et la Colombie au niveau d'Ureña, sur le pont Francisco de Paula Santander, dans l'Etat de Tachira. Après ces heurts, la route d'accès à la zone a été coupée. Caracas avait annoncé la veille la fermeture de ce pont, parmi d'autres, pour empêcher le passage d'aide humanitaire prévu par l'opposition, et perçu par le régime chaviste comme un cheval de Troie.

    Toujours à Ureña, où des barricades ont été installées par des manifestants, la garde nationale bolivarienne a répondu aux jets de pierre par des tirs de gaz lacrymogènes, mais aussi de balles en caoutchouc. Parmi les manifestants se trouvaient des volontaires, mais aussi de nombreux habitants souhaitant traverser la frontière pour aller travailler en Colombie, parce qu’ils dépendent du commerce informel de l’autre côté, explique notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille.

    J’étais là devant en train de parler avec eux pour qu’ils nous laissent passer. Et quelqu’un derrière moi a lancé une pierre… Et ils ont commencé à riposter. Mais en réalité, le peuple n’est pas contre la garde nationale.

    Heurts à Urena, à la frontière entre la Colombie et le Venezuela 23/02/2019 - par Marie Normand Écouter

    Des incidents entre militaires et manifestants ont également éclaté au niveau du pont Simon Bolivar, à San Antonio Tachira. Ce pont est le principal point de passage des piétons entre la Colombie et le Venezuela, précise notre envoyée spéciale Marie Normand. Quelques centaines de personnes, parmi lesquelles des médecins et des députés de l'opposition vénézuélienne, s'étaient rassemblées là pour exiger l'entrée de l'aide humanitaire. Elles ont encouragé la garde nationale bolivarienne, positionnée en nombre devant cette frontière, à se joindre au mouvement. « Nous ne sommes pas contre eux. Ils vivent la même chose que nous. Nous voulons juste qu'ils changent de camp », expliquait un manifestant.

    La garde nationale a peu à peu été obligée par les manifestants à reculer vers le pont Simon Bolivar. C'est là que les affrontements ont commencé. Comme à Ureña, les militaires ont tenté de repousser les manifestants avec des gaz lacrymogènes et des tirs de balles en caoutchouc.

    La situation était calme en revanche sur le pont Tienditas. C'est là qu'étaient organisés vendredi 22 février deux concerts. L'un en faveur de l'entrée de l'aide humanitaire au Venezuela, l'autre en soutien au président Nicolas Maduro. Les partisans du chef d'Etat vénézuélien ont installé des tables de ping-pong devant la scène où doit avoir lieu un nouveau concert contre l’entrée de l’aide humanitaire, perçue comme une ingérence.

    La Colombie ordonne le retour des camions

    Ce n'est qu'à 10h30 locales (15h30 TU) que le président colombien Ivan Duque a formellement remis ces camions d'aide à l'opposant vénézuélien Juan Guaido. Les quatorze 35 tonnes remplis au tiers de leur capacité sont arrivés en début d'après-midi sur les trois ponts qui séparent les deux pays. Les volontaires attendaient depuis 6h du matin. Ils étaient moins nombreux que prévu, peut-être 5 000 au total, estime notre correspondante à Cucuta, Marie-Eve Detoeuf. Selon une députée de l'opposition, l'un de ces camions a été incendié quand la police et l'armée vénézuélienne sont intervenues pour bloquer un convoi.

    Affirmant que les violences à la frontière avaient fait 285 blessés, dont 255 Vénézuéliens et 30 Colombiens, Bogota a ordonné le retour des camions d'aide. « Cette action pacifique et de caractère humanitaire a été interrompue depuis le Venezuela sous le régime usurpateur de Maduro avec une répression violente et disproportionnée », a déclaré aux médias le ministre colombien des Affaires étrangères Carlos Holmes Trujillo.

    Deux camions rebroussent chemin à la frontière brésilienne

    Les deux camions chargés d'aide humanitaire envoyée par le Brésil au Venezuela ont regagné samedi la ville brésilienne de Pacaraima, après avoir passé plusieurs heures à attendre face aux militaires vénézuéliens qui bloquaient la frontière. « En Colombie, nous avons perdu un camion. Juan Guaido nous a demandé de maintenir les vivres en sûreté. Ceux que nous voulons, c'est passer au Venezuela de façon pacifique », a affirmé un des coordinateurs de l'opération peu avant que les poids lourds ne rebroussent chemin vers Pacaraima. « Notre bien le plus précieux est notre vie, nous ne voulons pas être massacrés », a-t-il ajouté.

    Juan Guaido avait pourtant affirmé plus tôt dans la journée qu'un premier camion d'aide humanitaire était parvenu à entrer au Venezuela par la frontière brésilienne. « Attention Venezuela : nous annonçons officiellement qu'est entré le premier chargement d'aide humanitaire depuis notre frontière avec le Brésil. C'est un grand succès, Venezuela ! », a tweeté le président par intérim autoproclamé.

    Au moins deux personnes, ont un garçon de 14 ans, ont été tuées par balles, et 31 autres blessées dans des heurts à la frontière entre le Brésil et le Venezuela. Une ONG locale, Foro Pena, a accusé les militaires vénézuéliens d'avoir ouvert le feu sur la foule mobilisée pour obtenir le passage de l'aide humanitaire.

    Au nord, un navire parti mercredi 20 février de Porto Rico avec de l'aide humanitaire a dû faire demi-tour après avoir « reçu des menaces directes de tir de la part de vaisseaux vénézuéliens », a affirmé le gouverneur du territoire américain Ricardo Rossello dans un communiqué. « Cette menace est une grave atteinte à une mission humanitaire menée par des citoyens américains. C'est inacceptable et indigne », a poursuivi le gouverneur qui a informé le gouvernement américain de l'incident. « Nous sommes en contact pour déterminer la marche à suivre », a-t-il indiqué.

    Désertion de 60 membres des forces de sécurité vénézuéliennes

    Au moins 60 membres des forces de sécurité du Venezuela ont déserté ce samedi, passant en Colombie. L'un d'eux s'est présenté comme le major Hugo Parra, en uniforme de la Force armée nationale bolivarienne. « Je reconnais notre président Juan Guaido et je lutterai avec le peuple vénézuélien à chaque étape », a-t-il déclaré à la presse.

    Juan Guaido, qu'une cinquantaine de pays ont reconnu comme président vénézuélien par intérim, a promis l'amnistie aux militaires qui rompraient avec le régime de Nicolas Maduro. Vendredi, M. Guaido a bravé l'ordre judiciaire lui interdisant de quitter le territoire de son pays, affirmant que l'armée avait « participé » à l'opération.

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