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    Michael Cohen: une audition spectaculaire, mais peu d’éléments probants

    media L'ex-avocat de Donald Trump, Michael Cohen, a eu des mots très durs à l'encontre de son ancien client mais sans apporter de preuves tangibles. REUTERS/Joshua Roberts

    Pendant plus de cinq heures ce mercredi 27 février, l’ancien avocat de Donald Trump a livré un portrait au vitriol de son ancien patron. Mais le témoignage de Michael Cohen ne risque pas de faire basculer le camp républicain, qui reste uni derrière le président, et il n’a pas apporté la preuve formelle de ses accusations. L’ancien avocat du président sera ce jeudi à nouveau entendu, cette fois par la commission du renseignement de la Chambre des représentants. Mais cette audition aura lieu dans le secret du huis clos.

    De notre correspondante à Washington,

    « Un raciste, un escroc, un tricheur » : la formule lapidaire de Michael Cohen a fait sensation. Tout au long de son audition, l’ancien avocat du président a brossé le portrait d’un homme sans scrupule, préoccupé avant tout par ses propres intérêts, et l’a accusé d’une série d’actions susceptibles de le conduire devant la justice : fraude fiscale, escroquerie, menaces… Mais au cours de son long témoignage devant la commission de contrôle de la Chambre des représentants, l’ancien avocat du président n’a pas été en mesure d’apporter des éléments concrets pour étayer ses nombreuses accusations.

    Michael Cohen a ainsi apporté la copie d’un chèque signé par Donald Trump après son accession à la Maison Blanche, mais rien ne prouve que ces 35 000 dollars correspondent effectivement au remboursement de sommes versées par son avocat pour acheter le silence de deux de ses anciennes maitresses supposées, comme il l’a affirmé.

    Une autre déclaration clé de l’audition concerne un appel téléphonique de Roger Stone, au sujet de la publication prochaine des emails piratés d’Hillary Clinton par le site Wikileaks. Michael Cohen assure avoir entendu l’ancien sulfureux conseiller de campagne de Donald Trump, sur haut-parleur, annoncer l’imminence de la sortie de ces documents, et prévoir qu’ils porteront un coup sérieux à la campagne de son adversaire démocrate. Donald Trump s’en serait ouvertement félicité.

    Cette déclaration est potentiellement explosive : dans un courrier au procureur spécial qui enquête sur les ingérences russes dans sa campagne, le président a affirmé n’avoir rien su du vol des courriels des démocrates par des pirates russes et de leur publication par le site de Julien Assange. Mais là encore, aucune preuve : la conversation n’a pas été enregistrée, et Roger Stone, récemment inculpé, a fermement démenti avoir passé ce coup de téléphone.

    Michael Cohen a également affirmé avoir à cinq cents reprises menacé de poursuites judiciaires ceux qui pouvaient nuire à son ancien client, mais il n’a produit que la copie d’un courrier qu’il a envoyé aux écoles et universités fréquentées par le président, pour les prévenir que la publication de ses bulletins scolaires conduirait à une riposte immédiate devant les tribunaux.

    Une crédibilité douteuse

    Tout au long du témoignage de Michael Cohen, les élus républicains ont dénoncé son absence de crédibilité. Condamné à trois ans de prison pour fraude fiscale, violation de la loi électorale et parjure, l’avocat déchu constituait, il est vrai, une cible facile pour ses détracteurs, qui n’ont pas manqué d’exploiter son passé. Ils ont tenté de débusquer les contrats que Michael Cohen a pu signer avec des puissances étrangères, ont dénoncé la trahison de la confidentialité de ses échanges avec son client, et l’ont qualifié de « faux témoin ».

    Plutôt que de rebondir sur les déclarations incendiaires de Michael Cohen au sujet du président, les élus républicains ont resservi avec efficacité les éléments de langage employés la veille par la porte-parole de la Maison Blanche, qui qualifiait l’ancien avocat de « menteur pathologique ». Ils ont également mis en doute ses motivations, estimant qu’il agissait par pur dépit, après avoir échoué à obtenir un poste à la Maison Blanche.

    De son côté, le président a affirmé sur Twitter depuis le Vietnam que Michael Cohen ne cherchait qu’à diminuer sa peine de prison. Les républicains ont offert un front uni, et pour cause : même si elles sont fracassantes, les déclarations d’un homme qui sera prochainement incarcéré n’ébranleront pas la base électorale de Donald Trump, qui lui reste fidèle quelques soient les avaries traversées par le président.

    Pas de preuve, mais des pistes à exploiter

    Le témoignage incendiaire de Michael Cohen confirme le portrait déjà brossé dans plusieurs ouvrages et par un certain nombre d’anciens conseillers de la Maison Blanche : un Donald Trump sans scrupule et très égocentrique. « Il a présenté un homme qu’il connait depuis dix ans, je crois à la véracité de ses propos » a déclaré à l’issue de l’audition Elijah Cummings, le président démocrate de la commission de la chambre des représentants. Et même s’il n’a apporté aucun élément décisif permettant de prouver une conduite criminelle du président, Michael Cohen a suggéré plusieurs pistes à creuser pour les différentes commissions de la chambre, qui disposent d’un pouvoir d’assignation à comparaitre pour des prestations sous serment.

    Interrogé avec précision par la charismatique Alexandria Ocasio-Cortez, la plus jeune élue du Congrès, l’ancien avocat a par exemple assuré que le président avait régulièrement sous-estimé ses biens afin d’obtenir des avantages fiscaux. Michael Cohen n’a pas pu confirmer ses affirmations, mais a cité les noms de personnes qui devraient pouvoir fournir au Congrès les informations nécessaires, dont celui d’Allen Weisselberg, le très discret comptable de Donald Trump qui dirige les finances de son organisation et qui reste jusqu’à présent d’une loyauté sans faille.

    Toujours en réponse aux questions de l’élue démocrate de New York, Michael Cohen a aussi déclaré qu’il serait judicieux de comparer les déclarations financières de Donald Trump avec sa feuille d’imposition, que le Congrès n’a pour l’instant pas réussi à obtenir. Michael Cohen a aussi mis en cause le fils du président, Donald Trump Junior, signataire d’un des deux chèques qu’il a produit devant la commission, destiné selon lui à rembourser les sommes versées à la star du cinéma porno Stormy Daniels pour acheter son silence sur sa liaison supposée avec le président.

    L’avocat récemment radié du barreau a également révélé que le district de New York était en train de travailler sur des activités illégales liées à Donald Trump : « je ne peux rien dire de plus car l’enquête est en cours » a-t-il simplement précisé.

    Sur le dossier crucial de l’ingérence russe dans la campagne enfin, l’ancien avocat du président a confirmé que les négociations sur un projet de construction de tour à Moscou s’étaient poursuivies tout au long de la campagne. Mais il n’a rien révélé qui puisse suggérer une collusion avec les autorités russes. S’il dispose d’informations supplémentaires, et pour ne pas nuire à l’enquête en cours, Michael Cohen les réserve sans doute à la commission du renseignement de la Chambre des représentants qui l’auditionne ce jeudi, dans la confidentialité du huis clos.

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