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    Amériques

    Crise au Venezuela: la crainte de l'enlisement

    media Le leader de l'opposition vénézuélienne, Juan Guaido et le président brésilien, Jair Bolsonaro, avant leur conférence de presse à Brasilia, le 28 février 2019. REUTERS/Ueslei Marcelino

    Tandis que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni pour la troisième fois en un mois jeudi 28 février pour tenter sans succès de trouver une solution politique à la crise que connaît le Venezuela, le président autoproclamé du pays, Juan Guaido, poursuit son périple en Amérique du Sud. Alors même qu'une division de la communauté internationale pourrait avoir des conséquences dramatiques pour son pays, il a notamment reçu ce jeudi le soutien du Brésil de Jair Bolsonaro.

    Avec nos correspondants à São Polo et à New-York,

    Le président auto-proclamé par intérim du Venezuela, Juan Guaido, a eu une activité diplomatique très intense à Brasilia, la capitale politique du Brésil. Arrivé dans la nuit, il a tout d’abord rencontré les ambassadeurs de l’Union européenne et du Canada, avant de s’entretenir avec le président brésilien, rapporte notre correspondant à São Polo, Martin Bernard. Le Brésil soutient la démarche de Juan Guaido pour tenir de nouvelles élections libres, mais écarte la participation à toute intervention militaire au Venezuela.

    « Ce n’est pas vrai que l’alternative au Venezuela soit entre la guerre et la paix. Le Venezuela est à la croisée des chemins entre la démocratie et la dictature. Le Venezuela vit aujourd’hui entre la misère, notre peuple qui meurt de faim et le retour à la prospérité »,  a assuré Juan Guaido.

    « La politique est une activité risquée au Venezuela », a aussi soutenu Juan Guaido, qui a évoqué le chiffre de 1 000 prisonniers politiques dans le pays. Il est lui-même menacé d’arrestation lors de son retour au Venezuela, prévu d’ici lundi 4 mars. Juan Guaido s’était en effet rendu clandestinement en Colombie le week-end dernier afin de participer à l’acheminement de l’aide humanitaire, mais l’opération a été bloquée par le président Nicolas Maduro.

    Un statu quo diplomatique à l'ONU

    A l’ONU, le Conseil de sécurité s’est réuni pour la troisième fois en un mois, jeudi 28 février, pour tenter de trouver une solution politique à la crise que connaît le pays. Deux projets de résolutions étaient sur la table : l’un américain appelant à des élections présidentielles et à laisser entrer l’aide humanitaire et l’autre, porté par Moscou qui dénonçait les menaces de recours à la force. Les deux projets ont été rejetés. Une division de la communauté internationale qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le pays.

    Pékin et Moscou sont restés fermes dans leur soutien au gouvernement Maduro, assure notre correspondante à New-York, Marie Bourreau. Ils ont donc opposé leur veto au texte américain qu’ils considèrent comme une tentative dissimulée de renverser le régime de Caracas. Les membres occidentaux du Conseil avaient pourtant négocié ces dernières heures pour aboutir à un texte faisant référence à la nécessité d’obtenir une solution politique, démocratique et pacifique au Venezuela.

    Impasse diplomatique

    Cette mention était explicite pour que ce texte ne puisse pas constituer une base juridique en vue d’un recours à la force. Moscou, de son côté, a essuyé un échec cuisant sur son texte concurrent, qui ne faisait pas mention de la grave crise humanitaire qui touche les Vénézuéliens et se contentait de dénoncer les menaces d’utiliser la force contre le régime de Maduro.

    Les premières victimes de cette impasse diplomatique sont les Vénézuéliens, a regretté Eliott Abrams, l’envoyé spécial des Etats-Unis dans le pays. Une impasse qui risque de conduire à un enlisement de la crise même si Eliott Abrams a dit espérer la chute de Maduro aussi vite que possible.

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