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    Après le Canada, les Etats-Unis à leur tour clouent au sol les Boeing 737 MAX

    media Un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie American Airlines, à son arrivée à l'aéroport international de Miami, en Floride, le 13 mars 2019. JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

    Les Etats-Unis ont à leur tour ordonné, mercredi 13 mars, l'immobilisation au sol des Boeing 737 MAX 8 et MAX 9, comme l'ont fait l'Europe et de nombreux
    autres pays, après l'accident dimanche d'un 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts. Les Etats-Unis se rangent donc à l’avis général. Une décision à effet immédiat.

    L'annonce a d'abord été faite par le président américain. « Nous allons décréter en urgence l'interdiction de tous les vols des 737 MAX 8 et 737 MAX 9 », a dit Donald Trump devant des journalistes à la Maison Blanche, ajoutant que la Federal Aviation Authority (FAA), les autorités américaines de régulation du secteur aérien, s'exprimerait sur le dossier dans la journée. « La sécurité des Américains, et de tous les passagers, est notre priorité absolue », a-t-il souligné.

    Lorsque Donald Trump a annoncé l’interdiction, plusieurs 737 MAX étaient encore dans le ciel américain. Tous ont été cloués au sol dès leur atterrissage, rapporte notre correspondant à San Francisco, Eric de Salve. Il faut dire que les Etats-Unis étaient de plus en plus isolés. Depuis le crash de dimanche, la quasi-totalité des agences aéronautiques mondiales ont progressivement interdit de vol cet appareil.

    Jusqu’à ce mardi, malgré les nombreux appels de politiques, d’experts, de syndicats, la FAA, l'agence fédérale de l’aviation américaine résistait assurant que rien ne justifiait une interdiction. Mais aujourd’hui, c’est le revirement, en raison, selon la FAA de « nouvelles données ». Des informations qui tendraient à confirmer une même défaillance du système de stabilisation dans les deux crashes, à cinq mois d’intervalles, celui d’Ethiopian et celui de Lion Air.

    La presse américaine rapporte des témoignages inquiets de pilotes de 737 MAX postés depuis des mois sur un forum. L’un d’eux déplore notamment un manuel de bord « inadéquat et d’une insuffisance presque criminelle ». Un autre explique que son avion s’est mis à piquer du nez de façon abrupte et sans explication une seconde après avoir activé le pilotage automatique... C’était en novembre, juste après le crash de la Lion Air.

    La FAA a donc finalement annoncé ce mercredi que « l'immobilisation au sol restera en vigueur pendant l'enquête, qui comportera l'examen des informations tirées des boîtes noires et des enregistrements de la cabine de pilotage ».

    Le Canada avait annoncé dans la journée la suspension immédiate des vols

    L'annonce américaine intervient après celle du Canada qui, jusqu'à ce mercredi, était le seul pays à accompagner les Américains dans leur refus de suspendre les vols des appareils Boeing 737 MAX.

    Le gouvernement canadien a pris la décision d'interdire les vols des Boeing 737 MAX après avoir reçu mercredi matin de « nouvelles données » sur les circonstances de cet accident qui a fait 157 morts, dont 18 Canadiens, a expliqué le ministre des Transports, Marc Garneau, en conférence de presse.

    Les informations reçues et analysées mercredi matin « viennent de données satellitaires qui suggèrent une similarité dans le profil du vol de ces deux accidents », a expliqué Marc Garneau, ancien astronaute, précise notre correspondante, Marie-Laure Josselin.

    Une décision qui a un impact puisque trois compagnies au pays - Air Canada, Sunwing et Westjet - ont des boeings 737 MAX dans leur parc aérien. Ce qui fait une quarantaine d'appareils au total pour le Canada. Sunwing avait, avant l'interdiction du gouvernement, déjà décidé de clouer au sol ses quatre appareils. Air Canada, qui en possède la majorité (24), va tenter de minimiser autant que possible les perturbations pour les clients, car au total ces boeings transportaient en moyenne de 9 000 à 12 000 clients par jour.

    Impact économique pour Boeing

    De son côté, Boeing dont l’action a encore dévissé en Bourse persiste à nier tout danger. Le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, est intervenu pour renouveler sa « confiance totale en la sécurité du 737 MAX », assurant même que l’interdiction a été décrétée à l’initiative de Boeing et uniquement pour rassurer le public.

    L'avionneur joue gros dans cette affaire. Les compagnies pourraient demander des comptes à Boeing. Selon les spécialistes, si tous les avions 737 MAX sont cloués au sol, le groupe pourrait devoir débourser jusqu'à 5 milliards de dollars. C'est aussi l'image de Boeing qui sort écornée. Le fleuron américain fabrique la flotte civile mais aussi les avions de combat, des équipements aérospatiaux et le fameux Air Force One, l'avion présidentiel. Outre Boeing et ses 150 000 employés, les sous-traitants pourraient être touchés, notamment General Electric, United Technologies qui fournit les capteurs, et Spirit AeroSystems, fabriquant de fuselage et de cockpit.

    Les boîtes noires du Boeing d'Ethiopian Airlines analysées en France

    « Les autorités éthiopiennes ont demandé au BEA son assistance pour l'analyse des FDR et CVR », les deux boîtes noires contenant les paramètres de vol et les conversations dans le cockpit, a indiqué le BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses).

    L'Ethiopie avait indiqué, plus tôt dans la journée, qu'elle entendait envoyer en Europe pour analyse les boîtes noires du Boeing 737 MAX 8 qui s'est écrasé dimanche, selon un porte-parole de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines.

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