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    Amériques

    Juan Guaido mobilise ses partisans en pleine coupure d'électricité

    media Juan Guaido, président autoproclamé par intérim du Venezuela, mardi 12 mars à Caracas. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

    Le courant n’est pas encore revenu partout au Venezuela, mais le principal problème, notamment à Caracas, c’est que le réseau d’eau est toujours coupé. C’est dans ce contexte que Juan Guaido a invité tous les Vénézuéliens à investir les rues mardi après-midi pour protester contre cette coupure et la gestion du gouvernement.

    Avec notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille

    Devant le centre commercial de Parque Crystal, il est 15h passé et l’esplanade se remplit tout doucement. Une vieille dame porte à bout de bras un grand tableau sur lequel est écrit « Ce n’est pas un sabotage ».

    « Je suis convaincue que tout ça, c’est un mensonge du gouvernement. Le gouvernement ne s’est pas occupé d’entretenir les services publics. Et ça, c’est impardonnable », pointe-t-elle.

    L’ambiance est lourde, les visages fatigués par cinq jours de coupure. Et l’enfer n’est pas fini selon Maritza, qui habite à deux pas. « Dans notre zone, la coupure a duré jusqu’à 40 heures d’affilée. Maintenant, on a de la lumière, mais on n’a toujours pas d’eau », souligne-t-elle.

    A côté d’elle, sa voisine Ilena angoisse parce que son réservoir est presque à sec. Elle a peur que l’électricité soit à nouveau coupée. « On ne veut pas s’habituer à tout ça. Chaque année, on se dit qu’on ne peut pas tomber plus bas. Et pourtant on continue de chuter dans une crise toujours plus profonde. C’est une chute sans fin », se désole-t-elle. « Moi je pense que la fin arrive justement », réagit Maritza.

    Elle n’est pas la seule à le croire. La foule se fait plus dense : Juan Guaido arrive pour faire un discours. Comme à chaque fois, il est reçu comme un homme providentiel. Et pour redonner espoir à ses partisans, il assure que la fin est proche. « Très bientôt, nous allons tous ensemble aller chercher mon bureau à Miraflores. »

    Miraflores, le palais présidentiel, la forteresse de Nicolas Maduro. Un pari risqué car la zone est truffée de militaires. Mais l’opposant n’a plus le choix s’il veut garder la population mobilisée.

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