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    Amériques

    Le porte-parole des LGBTS au Brésil, Jean Wyllys, parle des raisons de son exil

    media Jean Wyllys, le 13 juillet 2016 à Brasilia, alors qu'il était député du parti Socialisme et Liberté et militant des droits des LGBT. REUTERS/Ueslei Marcelino

    Depuis l'arrivée au pouvoir du président Jair Bolsonaro au Brésil, plusieurs personnalités ont choisi de quitter le pays. C'est le cas de l'ancien député de gauche Jean Wyllys. Homosexuel, il était l'un des porte-parole des LGBTS (Lesbian, Gay, Bisexual, and Transgender Studies) au Brésil et très proche de Marielle Franco, l'ex-conseillère municipale assassinée il y a un an. Jean Wyllys vit actuellement à Berlin. Cette semaine, il est de passage à Paris où il tente se sensibiliser les responsables politiques sur la situation des droits humains au Brésil. Une situation qui, selon lui, ne cesse de se dégrader sous la présidence de Jair Bolsonaro, réputé pour ses déclarations racistes et homophobes. Au micro de RFI, il revient sur les raisons qui l'ont poussé à l'exil.

    Tout a commencé en 2011, après la première élection de Jean Wyllys en tant que député fédéral. Les premières menaces circulent dans les forums du dark web. Peu après, une campagne de diffamation est lancée par l'entourage de l'actuel président Jair Bolsonaro.

    « Ce qui a déterminé ma décision, c'était le fait que le Brésil, le gouvernement brésilien, ignorait une demande de l'Organisation des Etats américains. Elle demandait au Brésil de prendre des mesures pour garantir ma sécurité. Alors je me disais : si l'Etat brésilien fait fi de la demande de l'OEA, cette organisation importante qui estimait alors que de menaces réelles pesaient sur moi, cela voulait dire que ma vie ne comptait pas pour le gouvernement brésilien », explique-t-il.

    Lorsque la militante contre le racisme, l’homophobie et les violences policières Marielle Franco a été assassinée en mars 2018, Jean Wyllys, s’est « rendu compte que les menaces étaient très concrètes et pouvaient aller jusqu'à la mort d'une personne. Une personne qui était une amie, qui était dans le même parti que moi, une personne courageuse qui défendait les mêmes positions que moi. »

    Jean Wyllys rappelle que les premières menaces ont commencé sur les forums du dark web, fréquentés par des membres qui détestaient les membres de la communauté LGBT. « Il faut savoir que l'un des membres de ces forums a tué 12 filles dans une école de Rio de Janeiro. En 2011, l'entourage de l'actuel président Jair Bolsonaro a également commencé une campagne diffamatoire contre moi », poursuit-il.

    Selon Jean Wyllys, les conséquences du comportement du nouveau président Jair Bolsonaro se font déjà sentir avec l'augmentation des assassinats de membres de la communauté LGBT. Il rapporte que « récemment, un homme a tué une transsexuelle et lui a arraché le cœur. Et à la place du cœur, il lui a mis la photo d'une sainte. Lorsque la police lui a demandé pourquoi il avait fait ça, il a répondu que la travestie, c’était le diable. »

    « Jair Bolsonaro ne défend pas les minorités, ajoute Jean Wyllys, ce qui représente une menace non seulement pour la communauté LGBT, mais aussi pour les communautés autochtones, les Afro-Brésiliens et tous ceux qui habitent dans les favelas. Le ministre la Justice Sergio Moro a présenté un plan de sécurité qui donne à la police pratiquement une licence pour tuer. Cela concerne directement les Afro-Brésiliens pauvres qui habitent dans les favelas et qui sont déjà victimes des forces de sécurité. »

    Et Jean Wyllys conclut : « C'est donc un gouvernement qui menace une partie de la population brésilienne. »

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