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    Amériques

    Etats-Unis, rougeole: la peur des vaccins fait réapparaître une maladie disparue

    media Vaccination au centre de santé de la Paix, Vancouver (Etat de Washington). RFI/Anne Corpet

    Après une forte régression pendant plus de quinze ans grâce à la généralisation d’un vaccin peu cher et efficace, la rougeole connaît une recrudescence dans le monde entier. Officiellement éradiquée depuis vingt ans aux Etats-Unis, elle subit une nouvelle flambée. Six foyers épidémiques ont été recensés dans le pays, et c’est l’Etat libéral de Washington qui est le plus touché. En cause, la défiance généralisée à l’égard des vaccins qui a entraîné la baisse de l’immunisation. Les familles, qui peuvent facilement obtenir des dérogations pour échapper à l’obligation de vacciner leurs enfants scolarisés, sont sensibles à la propagande des mouvements contre les vaccins, qui diffusent de nombreuses informations inexactes. Reportage.

    Une maladie que l’on croyait oubliée a fait son retour en janvier dernier à la Une de la presse américaine : la rougeole. L’épicentre de l’épidémie se trouve au sud de l’Etat de Washington, autour de la petite ville de Vancouver, située à la frontière avec l’Oregon. Alan Melnick, le directeur de la santé publique du comté de Clark, est sur le pont depuis bientôt trois mois pour tenter de limiter l’expansion de la maladie. Le médecin plaisante en montrant sa cravate colorée aux motifs inspirés du virus Ebola, mais affiche une mine soucieuse. « Soixante-douze cas ont officiellement été recensés dans l’Etat, mais il y en a sans doute beaucoup d’autres et le virus n’a pas dit son dernier mot » prévient-il.

    En janvier, le taux de vaccination dans le comté, où l’immense majorité des cas ont été recensés, était juste en dessous de 80%, contre une moyenne nationale à 92%. Selon les experts, vu la nature hautement infectieuse du virus, il faut atteindre les 95% pour garantir l’immunisation d’une communauté. « Le virus de la rougeole est extrêmement contagieux, il peut rester suspendu dans l’air pendant deux heures », précise le médecin, « dans certaines écoles, seulement la moitié des élèves étaient vaccinés. L’arrivée du virus dans ces établissements revient à jeter une allumette dans un bidon d’essence ». Alan Melnick fulmine contre les « antivax », les membres du mouvement contre la vaccination qui sèment rumeurs alarmantes et informations mensongères sur les réseaux sociaux. « Ils affirment que la rougeole est un rite de passage, qu’elle est le seul moyen d’obtenir une immunisation définitive et que l’avoir eue permet d’éviter certains cancers. C’est n’importe quoi ! » s’indigne le médecin.

    La rougeole est en réalité une maladie dangereuse qui peut entraîner de sérieuses complications : elle tue dans deux à trois cas sur mille. Avant que la vaccination ne devienne la norme aux Etats-Unis dans les années soixante, quatre à cinq cents personnes décédaient chaque année dans le pays à cause de la rougeole. Quatre mille cas dégénéraient en encéphalite, une inflammation cérébrale qui peut entrainer des handicaps permanents, dont la surdité. L’arrivée du vaccin en 1963 a changé la donne, et en 2000, du fait d’un taux de vaccination suffisant pour garantir l’immunité du pays, les autorités avaient annoncé l’éradication de la maladie.

    Docteur Alan Melnick RFI/Anne Corpet

    « Ils ne laissent pas la logique remplacer la peur »

    Au centre médical de la paix, au milieu des sapins dans la périphérie de Vancouver, le docteur Tim Schoonmaker doit faire des efforts pour convaincre ses patients de se faire vacciner. Il joue sur l’humour, et les reçoit affublé d’un masque stérile et de petites gommettes rouges collées sur son front. « J’ai travaillé dans de nombreux Etats et je n’ai jamais vu cela » raconte le médecin, « dans 30 à 40% des cas, je dois me démener pour tenter de persuader les parents de faire vacciner leurs enfants. Les gens ont parfois en tête de fausses informations lues sur internet : ils y croient et c’est très dur de leur faire changer d’avis ».

    Récemment, un patient lui a même assuré que le gouvernement plaçait des micro-transmetteurs dans chaque vaccin afin de pouvoir contrôler tous les déplacements des citoyens américains. Le docteur a répondu qu’il comprenait enfin pourquoi les portiques de sécurité sonnaient à chacun de ses passages à l’aéroport, a fait rire son patient, qui a fini par accepter l’injection. Mais la plupart du temps, les parents évoquent un lien entre le vaccin ROR ( rougeole oreillons rubéole ) et l’autisme, et restent ancrés dans leur refus. « Malgré toutes les études qui ont été faites pour démentir cette rumeur, les gens y croient toujours » déplore Tim Schoonmaker, « ils ne laissent pas la logique remplacer la peur ».

    Docteur Tim Shoonmaker RFI/Anne Corpet

    La rumeur concernant l’autisme a été lancée il y a vingt ans avec la parution d’un article suggérant un lien avec le vaccin ROR (rougeole oreillons rubéole) dans The Lancet, une revue scientifique réputée. L’auteur, Andrew Wakefield, un médecin britannique, avait été payé par des avocats qui portaient plainte contre le gouvernement anglais au sujet des vaccins. L’étude a depuis été jugée frauduleuse, le journal a désavoué l’article, et Andrew Wakefield n’a plus le droit d’exercer la médecine. Depuis, de nombreuses autres études scientifiques ont démenti tout lien entre le vaccin et l’autisme. Mais la rumeur a persisté, et a même été relayée aux Etats-Unis par un candidat à la présidence en 2015, Donald Trump, lors d’un débat télévisé. « Le premier vaccin contre la rougeole est administré autour de l’âge de douze ou quinze mois. C’est aussi à cet âge que sont diagnostiqués certains handicaps, et notamment les troubles autistiques » constate Alan Melnick directeur de la santé publique du comté de Clark, « à cause de cette association dans le temps les gens tirent des conclusions même si il n’y a aucun lien de cause à effet ».

    Deux projets de loi pour augmenter le taux de vaccination

    Dans l’Etat de Washington, il est facile d’échapper aux vaccins normalement obligatoires pour entrer à l’école. Les exemptions peuvent être obtenues pour raisons religieuses, médicales, ou personnelles. La dernière option est la plus prisée par les parents hostiles à la vaccination de leurs enfants. Il leur suffit de faire signer un formulaire par un médecin qui atteste avoir eu une discussion avec eux pour les prévenir des risques qu’ils encourent. A Olympia la capitale, les parlementaires tentent de modifier la loi afin d’augmenter le taux d’immunisation de la population. Un texte est à l’étude au sénat qui interdit l’exemption personnelle pour tous les vaccins. Un autre a déjà été adopté par la chambre, porté par le représentant républicain Paul Harris, élu du comté Clark, ne concerne que le vaccin contre la rougeole. « Mon district est confronté à l‘épidémie, il est donc urgent pour mon comté que ce texte soit voté. Et aussi pour l’Etat. On doit se faire vacciner » martèle l’élu qui précise : « Washington n’est pas un cas isolé. Sur les dix-sept Etats qui disposent encore de cette exemption personnelle, dix sont en train de voter des textes similaires ».

    Le Capitole à Olympia RFI/Anne Corpet

    Sous la haute coupole du capitole à Olympia, Matt Shea, un représentant de l’extrême droite du parti républicain, partisan des théories conspirationnistes, s’adresse à un groupe scolaire venu visiter le Parlement. Cet élu a publiquement manifesté avec les « antivax » et nous avions rendez-vous avec lui, mais sa secrétaire a annulé la rencontre au dernier moment. D’autres représentants, tous républicains et plus modérés, ont voté contre le projet de loi qui restreint les possibilités d’échapper au vaccin. Tous ont été contactés, mais aucun n’a souhaité s’exprimer : le sujet est délicat.

    Sur sa page internet, Jim Walsh, élu à la chambre de l’Etat, publie néanmoins une vidéo où il développe ses arguments. Il assure avoir vacciné ses cinq enfants mais estime que les parents doivent pouvoir conserver leur libre arbitre. « Nous devons faire confiance aux parents, aux familles, et leur donner toute latitude dans la manière d’élever leurs enfants » explique l’élu filmé dans son bureau, après avoir déploré « une volonté de bien faire qui, hélas, aboutira à limiter les choix des citoyens ». « C’est tellement simple de comprendre l’importance de l’immunisation de la communauté » riposte Paul Harris, « les bébés de moins d’un an, les malades sous chimiothérapie ne peuvent pas être vaccinés. Doit-on les exposer au risque de la maladie ? ».

    L’élu du comté Clark rappelle que, saisie à plusieurs reprises, la justice a déjà tranché. « La cour suprême a statué : les droits de la collectivité priment sur ceux de l’individu » assène le représentant républicain. Interrogé sur l’attitude des parlementaires de son parti qui ont voté contre son texte il élude : « C’est compliqué, ils disent défendre la liberté, mais je sais que dans mon caucus, tous les élus sont vaccinés ».

    ►A écouter aussi: Epidémie de rougeole aux Etats-Unis: la peur des vaccins entraîne le retour d’une maladie disparue

    La mobilisation des « antivax »

    Bernadette Pajer milite contre les vaccins depuis que son fils a développé de violentes allergies alimentaires, qu’elle attribue aux injections qu’il a reçues lorsqu’il était petit. L’enfant avait fait des convulsions après l’administration d’un vaccin. Depuis, elle est engagée dans une croisade contre la vaccination obligatoire, et est de toutes les manifestations. « Nos législateurs utilisent la peur de la rougeole pour nous priver de notre liberté médicale. C’est effrayant de penser qu’un gouvernement veut restreindre nos droits si on refuse de se faire injecter un produit pharmaceutique » soupire la mère de famille avant d’affirmer contre toute évidence « ces vaccins comportent des risques de maladie ou de mort ». Comme beaucoup de militants « antivax », Bernadette Pajer croit profondément à son combat. Elle reconnaît ne disposer d’aucune donnée précise sur les dommages que susciterait l’immunisation des bébés, mais les récits de parents traumatisés par la découverte d’un handicap chez leur enfant l’ont convaincu : « Les parents s’expriment et disent : mon enfant allait bien avant le vaccin, et après ce n’était plus le cas. Vous savez c’est toujours la même histoire : ils ont de la fièvre, ils se tapent la tête contre les murs, ils crient, ils perdent le langage ».

    Patricia Conen, qui a manifesté devant le capitole à Olympia pour protester contre les projets de loi en cours, croit également dur comme fer à la nocivité des vaccins. « Beaucoup de vaccins ont fait du mal à de nombreux enfants, beaucoup plus que ce que l’on sait » affirme-t-elle. Interrogée sur ses sources, elle cite des sites internet et des études produites par des personnes qui n’ont aucune qualification médicale. Les « antivax » sont également persuadés que le gouvernement cherche à leur cacher la vérité, et pour appuyer leur thèse, beaucoup évoquent une loi qui empêche les particuliers de porter plainte contre les fabricants de vaccins en cas d’effet secondaire indésirable. « Cela prouve que le gouvernement est de mèche avec l’industrie pharmaceutique. Cette dernière peut nous empoisonner en toute impunité » affirme Bernadette Pajer.

    En réalité, le texte a été voté en 1986 pour garantir l’approvisionnement de vaccins. A l’époque, la faiblesse des marges bénéficiaires et l’augmentation du nombre de poursuites judiciaires contre les fabricants avaient en effet conduit certaines entreprises à interrompre leur production, et les Etats Unis s’étaient retrouvés face à un risque de pénurie. Un fonds de dédommagement fédéral a été créé, pour permettre d’offrir des compensations aux familles qui estiment avoir subi des préjudices dus aux injections. Sur les 20 428 dossiers déposés depuis trente ans auprès de cet organisme, 6 430 ont abouti au versement de fonds, mais dans 80% des cas, les experts ont estimé qu’il était impossible de prouver la responsabilité du vaccin dans les souffrances du plaignant.

    Bernadette Pajer, militante «antivax» RFI/Anne Corpet

    Des militants passionnés et engagés

    Les « antivax » fondent leur stratégie de communication sur la peur : sites internet, journaux dédiés, films, la désinformation s’étale sur tous supports. Très engagés, et pour la plupart parents d’enfants malades ou handicapés, les militants occupent le terrain sur les réseaux sociaux, et se relaient aussi pour faire entendre leur voix dans les institutions locales.

    Le bureau de la santé de l’Etat de Washington se réunit ainsi en audience publique tous les deux mois, et doit régulièrement examiner les requêtes portées par les « antivax ». Ce mercredi 13 mars, Bernadette Pajer dépose une motion : « Je demande au bureau de statuer sur le retrait de l’obligation de vacciner contre la coqueluche afin d’alléger la pression de l’Etat sur les familles » entame la mère de famille devant l’assemblée d’experts médicaux. Et d’une voix convaincue elle affirme : « Nous avons des données irréfutables sur le fait que le vaccin contre la coqueluche est inefficace pour protéger les individus, qu’il abîme le système immunitaire des enfants, et qu’il augmente leur risque de contracter la maladie tout au long de leur vie. Ce n’est pas juste que l’Etat utilise son pouvoir pour contraindre à l’utilisation de ce produit ».

    Les membres du bureau ont reçu et attentivement consulté les documents fournis par Bernadette Pajer plusieurs jours avant l’audience, mais aucun n’est d’accord avec ses conclusions. Tous l’écoutent néanmoins avec attention. « Nous sommes chargés d’élaborer les politiques de santé publique de l’Etat. C’est important que toutes les voix puissent être entendues » explique Kathy Lofy, directrice scientifique de l’assemblée. Mais les « antivax » accaparent les débats : quatre intervenants sont inscrits à l’ordre du jour, dont un ancien sénateur démocrate, Erick Olmet, qui réclame la création d’une base de données sur les méfaits des vaccins. « Comme cela arrive fréquemment aux Etats Unis les opposants s’expriment plus fort et plus souvent que la masse consentante silencieuse » commente Thomas Pendegrass, pédiatre et membre du bureau de la santé de l’Etat. « Ceux qui soutiennent les vaccins supposent qu’il y en aura toujours, et les opposants se sentent investis d’une mission personnelle. C’est un défi pour nous d’être respectueux vis-à-vis d’eux tout en assumant notre responsabilité de santé publique ».

    Mais la campagne des « antivax » inquiète Kathy Lofy : « quand on regarde les médias sociaux on voit beaucoup de désinformation sur les vaccins, donc on a très peur que les gens hésitants se procurent des informations qui sont scientifiquement infondées. Nous tentons de contrecarrer les rumeurs, mais c’est impossible d’assurer une présence constante sur les réseaux » reconnait la directrice scientifique. Depuis le début de l’épidémie de rougeole, plusieurs plateformes ( Facebook, Pinterest ) ont d’ailleurs annoncé qu’elles allaient mieux contrôler la diffusion de fausses informations sur les vaccins. « De la censure pure et simple » commente Bernadette Pajer, après avoir échoué à convaincre le bureau de santé de l’Etat de suspendre l’obligation de vacciner les enfants contre la coqueluche « Je suis déçue mais pas étonnée » réagit la militante, « l’industrie pharmaceutique prend en otage la santé publique pour promouvoir les vaccins ». La thèse d’un complot ourdi par les entreprises productrices de médicaments est très populaire parmi les « antivax ». Même l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui classe le rejet des vaccins comme l’une des dix plus grandes menaces contre la santé en 2019, est soupçonnée d’être dépendante de l’industrie privée.

    Jackie, une mère de famille décidée à quitter l'Etat de Washington si la loi sur la vaccination change RFI/Anne Corpet

    Pris dans cette théorie du complot, certains parents, apeurés, n’hésitent pas à envisager de déménager, de quitter l’Etat si les lois changent et rendent obligatoires la vaccination pour les écoliers. Jackie Gallien, mère de huit enfants l’affirme : « Je suis née et j’ai grandi ici dans l’Etat de Washington. Mais je partirai si la loi me contraint à vacciner mes enfants pour les envoyer à l’école »; Sur son manteau, Jackie arbore un autocollant sur lequel figurent les numéros des deux projets de loi en cours d’examen à Olympia, barrés d’un sens interdit.

    Autocollant contre les lois sur l'immunisation RFI/Anne Corpet

    Un regain de vaccinations sous l’effet de l’épidémie

    Depuis le retour de la rougeole, dans le comté Clark, le plus touché, beaucoup de parents hésitants ont retrouvé le chemin des dispensaires. « Il y a mille vaccinations par semaine contre deux cents habituellement » se félicite l’élu local Paul Harris. Sarah Jean qui a fait partie d’un groupe « antivax », s’est finalement résolue à faire administrer le produit à ses enfants, après avoir mené ses propres recherches. « Les « antivax », c’est presque comme un mouvement religieux. On a le sentiment d’appartenir à une communauté soudée et c’est dur de la quitter » explique la jeune mère de famille, qui a perdu tout contact avec le mouvement depuis qu’elle a tenté de leur opposer des arguments scientifiquement fondés. « Je comprends leur méfiance et leurs peurs mais je crois qu’ils ne réalisent pas le privilège qu’ils ont de vivre dans un pays immunisé par des décennies de vaccination » lâche-t-elle. Dans son cabinet, le docteur Tim Schoonmaker espère que le nouvel engouement pour le vaccin contre la rougeole durera, mais craint qu’il ne s’agisse que d’un effet secondaire provisoire de l’épidémie. « Les opposants aux vaccins ne sont pas tous des gens irrationnels, certains veulent simplement éviter une piqure désagréable » souligne le médecin, « des amis viennent de me contacter : ils veulent exempter leurs trois enfants, parce que le dernier vaccin leur a fait mal à la jambe ( la douleur n'a pas duré ) »; Un rendez-vous a été pris et le médecin devra signer l’exemption pour raisons personnelles. « Je vais tâcher de les convaincre de changer d’avis, mais j’ai peu d’espoir. Je déteste signer ces formulaires, à chaque fois je m’inquiète pour les enfants » soupire Tim Schoonmaker avant d’ajouter : « pas un seul médecin n’est d’accord avec ces exemptions. Si la loi pouvait être adoptée demain pour qu’on en finisse je serai ravi ».

    Paul Harris, représentant du comté de Clark, porteur du projet de loi HB1638 sur le vaccin ROR RFI/Anne Corpet

    Le comté de Clark a déjà dépensé cinq cent mille dollars pour lutter contre l’épidémie de rougeole, auxquels l’Etat de Washington a ajouté six cent mille dollars supplémentaires. Des centaines d’écoliers non vaccinés ont été renvoyés chez eux, des agents sanitaires, des médecins, des infirmières ont été mobilisés pour tenter de contenir la maladie et récolter des données. « Pour l’instant, il n’y a eu qu’une seule hospitalisation, faut-il un mort pour faire revenir les gens à la raison ? » s’interroge Alan Melnick, le directeur du bureau de la santé du comté. Le médecin ne cache pas sa colère devant l’efficacité de la campagne des antivax, et se désole de leur capacité à semer le doute au sein de la population. « Qu’il y ait, en 2019, un débat sur l’une des interventions médicales les plus efficaces, qui a sauvé des vies innombrables, me sidère. Est-ce qu’on veut vraiment revenir au XVIIIe siècle quand les gens mourraient en masse de maladies contagieuses ? ».

    Dans l’Oregon, tout proche de l’Etat de Washington, les autorités ont annoncé début mars qu’un enfant de six ans avait été hospitalisé pendant cinquante-sept jours, dont quarante-sept en soins intensifs, après avoir attrapé le tétanos à cause d’une blessure qu’il s’était fait en jouant dehors. L’enfant n’était pas immunisé. Son hospitalisation a coûté huit mille dollars à sa famille, mais à l’issue de son lourd traitement les parents ont maintenu leur refus de vacciner leur fils. Celui-ci devra patienter jusqu’à sa majorité pour faire valoir son droit à être immunisé.

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