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    Le Pérou en état de choc après le suicide de l'ancien président Alan Garcia

    media La dépouille de l'ancien président péruvien Alan Garcia arrive au siège de son parti après son suicide. Lima, le 17 avril 2019. REUTERS/Guadalupe Pardo

    Deux fois président du Pérou, de 1985 à 1990, puis de 2006 à 2011, Alan Garcia s’est tiré une balle mercredi 17 avril 2019 alors que la police était à son domicile pour l’arrêter. Au lendemain de cette nouvelle, Lima est sous le choc.

    Avec notre correspondant dans la région,  Éric Samson

    Le Pérou est encore en état de sidération. Le président Martin Vizcarra s’est dit « consterné » par le suicide d'Alan Garcia, à son domicile de Lima mercredi matin, alors qu'il allait être arrêté pour son implication présumée dans le vaste scandale de corruption dit « Odebrecht », parti du Brésil.

    L'ancien président s'est tiré une balle dans le cou. Rapidement pris en charge et opéré, il n'a pas survécu. En novembre, il avait demandé l'asile en Uruguay, se disant persécuté par le pouvoir en place. L'actuel chef de l'État a néanmoins décrété trois jours de deuil national après l'annonce de sa mort.

    Le corps de celui qui avait été deux fois président est arrivé mercredi soir à la Maison du peuple, les locaux de son parti, l’Alliance populaire révolutionnaire américaine (Apra). Le cortège funèbre est parti directement de l’hôpital où M. Garcia, 69 ans, père de six enfants, est mort sur la table d’opération.

    Il aura été veillé toute la nuit par ses proches, et ses partisans auront jeté des fleurs blanches sur le cercueil à son arrivée. Élu la première fois à 36 ans, Alan Garcia avait été surnommé « le JFK péruvien », plus jeune président de l'histoire de son pays, fort de son éloquence et d'un physique imposant.

    Alan Garcia, en 2006 à Lima. REUTERS/Stringer/File Photo

    L'ancien secrétaire général de la présidence et l'ex-vice-président inquiétés

    Le tentaculaire scandale qui a fait tomber M. Garcia touche pratiquement toute la classe politique péruvienne. Odebrecht, l’une des grandes compagnies de travaux publics du Brésil, a reconnu avoir versé environ 650 millions d’euros de pots-de-vin pour remporter des contrats un peu partout dans le monde.

    Au Pérou, l’entreprise a reconnu avoir versé dans les 25 millions, entre 2005 et 2014, à des anciens présidents et candidats présidentiels, dont Keiko Fujimori, actuelle chef de l’opposition. Pour obtenir des remises de peine, les principaux dirigeants d’Odebrecht ont négocié avec le parquet péruvien.

    Ils ont surtout commencé à parler. Et mercredi, l’ordre de détention préventive ne touchait pas seulement Alan Garcia mais également Luis Nava, ex-secrétaire général de la présidence durant son deuxième mandat, et Miguel Atala, ex-vice-président, dans le cadre d'un présumé paiement de pots-de-vin.

    En cause, la construction de la première ligne du métro de Lima. Ces deux fonctionnaires étaient très proches d’Alan Garcia, mais ce dernier a toujours défendu son innocence, parlant de spéculation. En 2018, l'ex-numéro un du pays avait été affublé du titre d'homme politique « le plus impopulaire du Pérou ».

    ► À lire aussi : L'ex-président du Pérou se suicide avant son interpellation

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