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    Amériques

    États-Unis: le rapport Mueller sur l'enquête russe rendu public

    media Ancien directeur du FBI, Robert Mueller, ici au Capitole le 21 juin 2017, est le procureur chargé d'enquêter sur de possibles ingérences russes dans la campagne présidentielle de Donald Trump. Alex Wong/Getty Images/AFP

    Le rapport de l’enquête sur les soupçons de collusion entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016 a été publié ce jeudi 18 avril. Expurgé de ses données confidentielles, ce document revient sur le résultat des 22 mois d'enquête du procureur spécial Robert Mueller.

    Dans son rapport très attendu, le procureur spécial Robert Mueller établit que les Russes ont bien interféré dans la campagne électorale de 2016 aux États-Unis, en faveur de Donald Trump, mais son équipe de campagne, bien qu'ayant été au courant n'a pas « conspiré » avec les Russes.

    Le procureur Mueller revient par ailleurs sur une dizaine d'incidents qui tendent à démontrer que Donald Trump a cherché à entraver le bon déroulement de son enquête. Comme par exemple lorsqu'il a limogé le chef du FBI, James Comey, ou qu'il a « ordonné » au chef des services juridiques de la Maison Blanche, Don McGahn, d'accuser Robert Mueller de « conflits d'intérêt » et de demander « sa révocation ». McGahn a refusé de s'y plier, écrit le procureur spécial dans son rapport.

    Ces éléments se révèlent toutefois insuffisants pour conclure à une réelle volonté de faire obstruction à la justice. Pas de délit, mais pas d'exonération pour autant de Donald Trump, conclut le rapport, qui laisse songeur et relate également une scène hallucinante : lorsque Donald Trump a appris qu'un procureur spécial avait été nommé sur l'enquête russe, il s'est effondré sur son fauteuil en déclarant « Mon Dieu, je suis foutu, c'est la fin de ma présidence ».

    Sur la partie obstruction, ce qui est très frappant, c’est la conclusion mi-chèvre mi-chou du rapport Mueller qui dit qu’il ne peut pas exonérer complètement le président des accusations d’entrave.

    Corentin Sellin

    professeur agrégé d'histoire, spécialiste des États-Unis

    19/04/2019 - par Murielle Paradon Écouter

    Trump jubile

    Après vingt-deux mois d'enquête, le président américain exulte à la publication de son rapport. Car malgré tous ces faits troublants qui ont conduits à 34 inculpations, dont six de ses plus proches collaborateurs, Donald Trump n’est pas inquiété par la justice.

    Ce qui lui permet de se réjouir des conclusions de l'enquête : « C'est un bon jour pour moi », a lancé le président à la Maison Blanche au moment de la publication du rapport. « Il ne faudra jamais que cela arrive à un autre président, cette arnaque », a-t-il ajouté à propos d'une enquête qu'il qualifie de « chasse aux sorcières ».

    Plus tôt, Donald Tump avait exulté sur Twitter en faisant une référence à la célèbre série Game of Thrones. « Pas de collusion, pas d'obstruction. Pour les rageux et les démocrates de la gauche radicale, c'est Game Over ».

    Une réaction postée juste après la conférence de presse de son ministre de la Justice dans laquelle William Barr a rappelé qu’en 22 mois d’enquête, le procureur Mueller n’a trouvé aucune preuve de collusion avec la Russie malgré les nombreuses ingérences du Kremlin, « dont personne n’était au courant » dans l'entourage de Trump, assure William Barr.

    Cette prise de parole tenue juste avant la publication du rapport a été dénoncée par l’opposition comme une tentative de manipuler l’opinion. Le ministère de la Justice a en effet permis aux conseillers de la Maison Blanche d’étudier le rapport pour leur permettre de se préparer avant sa publication. Signe de « la partialité du ministre de la Justice », qui se comporte comme « l’avocat de Donald Trump », a réagi Nancy Pelosi, la cheffe des démocrates à la chambre.

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