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    Tueries de masse: il y a 20 ans, le tournant Columbine

    media Des élèves s'échappent du lycée de Columbine, le 20 avril 1999. MARK LEFFINGWELL / AFP

    Le 20 avril 1999, Eric Harris et Dylan Klebold abattent treize personnes dans leur lycée de Columbine avant de se donner la mort. L’attaque devient un tournant dans la longue histoire des tueries de masse aux Etats-Unis.

    20 avril 1999, Littleton, Colorado. La matinée touche à sa fin au lycée de Columbine lorsqu’Eric Harris, 18 ans, et Dylan Klebold, 17 ans, pénètrent dans l’enceinte de l’établissement. Les deux adolescents ont longuement mûri leur projet. Grâce à leurs petits boulots, ils se sont constitué un modeste arsenal qu’ils ont complété par des dizaines de bombes artisanales. Ils prévoient d’en faire sauter deux dans la cafétéria, puis d’abattre les survivants qui tentent de fuir.

    Au lycée de Columbine, Eric Harris et Dylan Klebold sont connus des autres élèves comme membres de la « mafia en imperméable », une bande d’une dizaine de jeunes gens passionnés de jeux de guerre et d’internet, qui se distinguent par leur tenue vestimentaire composée de longs manteaux noirs et pour certains de bottes militaires. En termes de caractères, les deux garçons n’ont pas grand-chose en commun. Harris est un psychopathe atteint d’un complexe de supériorité, tandis que Klebold est dépressif et paranoïaque. Cela fait plus d’un an qu’ils préparent la tuerie. Leur objectif  : tuer des centaines de personnes et terroriser l’Amérique tout entière.

    15 morts, 24 blessés

    Mais le programme ne se passe pas comme prévu. Les deux bonbonnes de propane placées dans la cafétéria n’explosent pas. Place au plan B. Eric Harris et Dylan Klebold s’équipent : fusils, carabine, pistolet semi-automatique, couteaux… Et se dirigent vers l’intérieur du lycée. Sur le tee-shirt du premier, il est écrit « Natural selection », « Sélection naturelle » ; sur celui du second « Wrath », « Colère ». Les deux adolescents tirent sans distinction, d’abord sur les pelouses qui bordent le bâtiment, puis dans la cafétéria et la bibliothèque. Ils paraissent détendus, rigolent, échangent avec d’autres élèves avant de les abattre. A 12h08, ils se suicident d’une balle dans la tête. Le massacre aura duré moins d’une heure. Il aura fait 15 morts et 24 blessés.

    Retransmis en direct à la télévision, l’événement devient le plus médiatisé de toute la décennie 90, juste derrière le procès du footballeur américain O. J. Simpson. L’onde de choc s’étend à l’ensemble du pays. Cette tuerie n’est pas la première que connaissent les Etats-Unis, loin de là. Mais elle est inédite de par son ampleur et sa nature. « Elle a choqué parce que les auteurs de la fusillade étaient deux élèves du lycée, situé dans une banlieue relativement aisée, note Didier Combeau, spécialiste des Etats-Unis et chercheur associé à l’institut des Amériques à Paris. Tous ceux en âge d'avoir des enfants pouvaient s'identifier, soit aux parents des tueurs soit à ceux des victimes. »

    Le débat sur les armes relancé

    Les établissements scolaires renforcent leurs mesures de sécurité. A l’entrée des bâtiments, les sacs sont désormais fouillés. Viendront ensuite la mise en place de portiques de sécurité, le recrutement de gardes armés et le port de cartables transparents, vite abandonné. Les forces d’intervention changent également leur méthode d’opération. Finie la sécurisation, c’est maintenant la neutralisation qui prime.

    « Les Américains réalisent soudain qu’ils vivent avec des armes autour d’eux », remarque Jean-Eric Branaa, spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Panthéon-Assas. Le débat sur la réglementation des armes à feu, en sommeil depuis plusieurs années, est relancé. De nouveaux groupes de pression apparaissent pour peser face à la toute-puissante NRA. Mais comme il est impossible de réformer le deuxième amendement de la Constitution, qui garantit à chaque Américain le droit de porter une arme, les partisans de la réglementation ne peuvent se battre que sur des détails.

    « Du point de vue fédéral, il ne s'est rien passé », indique Didier Combeau. L'interdiction des armes d'assaut, votée par le Congrès en 1994 pour une durée de dix ans, n'a pas été reconduite. « Au niveau des Etats, on a plutôt assisté à une libéralisation », poursuit le chercheur. Alors que les ports d’arme ne sont normalement autorisés qu’au niveau de l’Etat où ils ont été établis, des accords bilatéraux sont signés pour étendre leur validité. Une disposition que la NRA souhaite généraliser à l'ensemble du pays, de la même manière que le permis de conduire. En Floride, la loi Stand Your Ground passée en 2005 permet à quiconque qui défend son droit de rester là où il se trouve, y compris en tuant, d’être exonéré de poursuites.

    « L’étalon du massacre »

    Vingt ans plus tard, le drame de Columbine continue d’exercer une fascination macabre. Le Washington Post rapporte que le lycée du Colorado attire quotidiennement des curieux. Certains expliquent vouloir rendre hommage aux victimes, d’autres affirment être amoureux des tueurs. L’attaque est même devenue une référence pour les auteurs de tueries de masse. Sur douze fusillades commises en milieu scolaire entre 1999 et 2007, huit assaillants se réfèrent à celle de Columbine, révèle ainsi le sociologue Ralph Larkin. C’est le cas notamment du massacre de Virginia Tech en 2007, le plus meurtrier du genre depuis celui de Bath Consolidated School en 1927. Mais également de la tuerie de Newtown en 2012, dont l’auteur possédait une importante documentation sur Columbine.

    « Columbine a influencé les fusillades ultérieures de plusieurs manières. Elle a d’abord fourni un modèle sur la manière de planifier et de perpétrer une tuerie de masse en milieu scolaire. Ensuite, elle a encouragé des tueurs à se venger des torts, des humiliations et de l’isolation sociale qu’ils avaient subis. Enfin, elle a généré un “record” que les assaillants suivants ont cherché à dépasser », analyse Ralph Larkin. « C'est devenu l’étalon du massacre », résume Jean-Eric Branaa.

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