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    Venezuela: un 1er-Mai de violences à Caracas

    media Les violentes échauffourées ont commencé en fin de matinée à proximité de la base aérienne La Carlota, dans l'est de Caracas, lorsque les manifestants ont cherché à bloquer l'autoroute qui longe la base, à Caracas, le 1er mai 2019. Federico PARRA / AFP

    L'opposant vénézuélien Juan Guaido a tenté mercredi de renforcer la pression sur le président Nicolas Maduro lors des manifestations du 1er mai, au lendemain de la tentative de soulèvement ratée d'un groupe de militaires. Les heurts entre forces de l'ordre et partisans de l'opposant ont fait un mort et 27 blessés à Caracas.

    L'opposant vénézuélien Juan Guaido a tenté mercredi de renforcer la pression sur le président Nicolas Maduro lors des manifestations du 1er mai, au lendemain de la tentative de soulèvement ratée d'un groupe de militaires.

    Ils étaient plusieurs milliers d'opposants à agiter des drapeaux et crier leur rejet du président Maduro en une quinzaine de points de rassemblement dans la capitale. Si les habitants de Caracas sont sortis en masse en soutien à Juan Guaido, ce dernier ne semble pas avoir réussi son pari de faire de cette journée-là « plus grande manifestation de l'histoire du Venezuela ».

    Les violentes échauffourées ont commencé en fin de matinée à proximité de la base aérienne La Carlota, dans l'est de Caracas, lorsque les manifestants ont cherché à bloquer l'autoroute qui longe la base. Les contestataires, dont certains avaient le visage masqué, ont commencé à lancer des pierres et des cocktails Molotov en direction de la Garde nationale bolivarienne (GNB), un corps militarisé chargé du maintien de l'ordre, qui a répondu par des tirs de gaz lacrymogène.

    Les affrontements se sont poursuivis tout au long de la journée de mercredi aux abords de la base. C'est de cette même base de La Carlota que Juan Guaido avait revendiqué la veille le soutien d'un groupe de soldats et appelé à un soulèvement militaire, qui a échoué. Des affrontements ont eu lieu dans d'autres quartiers de Caracas.

    Une femme de 27 ans, Jurubith Rausseo, est morte mercredi soir à l'hôpital après avoir reçu une balle dans la tête pendant une manifestation contre le président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas, selon une organisation de défense des droits humains. « Nous condamnons l'assassinat de la jeune Jurubith Rausseo » par « impact de balle dans la tête pendant une manifestation », a tweeté l'Observatoire vénézuélien des conflits sociaux.

    Parmi les blessés, la presse n'a pas été épargnée : au moins quatre journalistes, dont le journaliste vénézuélien Gregory Jaimes, touché au coup et au torse, ou encore le photojournaliste John FQ qui a été touché par un tir de chevrotine au bras et à l'abdomen. Les journalistes auraient été délibérément visés par la Garde nationale bolivarienne (GNB).

    Guaido appelle à une grève générale

    « Demain, nous allons accompagner la proposition de grève tournante (faite par les travailleurs) pour arriver à la grève générale », a déclaré devant des milliers de partisans Juan Guaido. « On va continuer dans la rue jusqu'à obtenir la liberté », a assuré l'opposant.

    Les partisans de l'opposant Juan Guaido défilent, à Caracas, le 1er mai 2019. Federico Parra / AFP
    Reportage dans la manifestation des partisans côté Juan Guaido 02/05/2019 - par Benjamin Delille Écouter

    Maduro «n'hésitera pas» à punir les «traîtres» pour le soulèvement raté

    « Je n'aurai aucune hésitation, lorsque la justice l'ordonnera, à mettre derrière les barreaux les responsables de ce coup d'État criminel », a déclaré le chef d'État vénézuélien à plusieurs milliers de partisans dans un discours prononcé devant le palais présidentiel de Miraflores à l'occasion de la fête du Travail. Nicolas Maduro a également affirmé que ce « soi-disant coup d'État » a été orchestré « depuis la Maison Blanche » par John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. « Dans les prochains jours, je montrerai qui a conspiré et j'apporterai des preuves de la façon dont ils ont conspiré pour que le peuple sache qui sont les traîtres et que la justice fasse son travail », a-t-il ajouté.

    Les partisans du président Nicolas Maduro défilent à Caracas, le 1er Mai 2019. REUTERS/Carlos Eduardo Ramirez

    Les partisans de Nicolas Maduro sont eux aussi sortis dans la rue. Au cri de « No pasaran! » (Ils ne passeront pas!), le pouvoir avait donné rendez-vous à ses fidèles dans le centre de Caracas, aux abords du palais présidentiel de Miraflores, pour le traditionnel défilé du 1er-Mai, qui, cette année, prend une connotation particulière, après l'échec la veille de ce que Nicolas Maduro qualifie de tentative de coup d'État.

    Reportage dans la manifestation des partisans de Nicolas Maduro 02/05/2019 - par Benjamin Delille Écouter

    Entretien téléphonique entre Pompeo et Lavrov

    Lors d'un entretien téléphonique tenu « sur initiative américaine », Sergueï Lavrov a estimé que « l'ingérence de Washington dans les affaires du Venezuela est une violation flagrante du droit international » et que « cette influence destructrice n'a rien à voir avec la démocratie », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.  Il a ajouté que « seul le peuple vénézuélien a le droit de décider de son destin, réclamant pour cela le dialogue de toutes les forces politiques du pays, ce que reconnaît depuis longtemps le gouvernement ».

    Mike Pompeo a accusé Moscou de « déstabiliser » le Venezuela, et de nouveau demandé à la Russie de cesser de soutenir le président socialiste Nicolas Maduro. Il a prévenu qu'« une intervention militaire (était) possible. Si c'est nécessaire, c'est ce que feront les États-Unis ».

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