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    Viktor Orban reçu ce lundi par Donald Trump à la Maison Blanche

    media Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d'une conférence de presse à Budapest, le 2 mai 2019. REUTERS/Bernadett Szabo

    Le Premier ministre de la Hongrie, Viktor Orban, un des rares Européens admirateurs revendiqués du président américain est reçu ce lundi 13 mai par Donald Trump à la Maison Blanche. Un tête-à-tête entre deux critiques de l’UE, à deux semaines des élections européennes.

    Viktor Orban, très heureux, avait été l’un des tout premiers dirigeants à féliciter Donald Trump pour son élection, lui qui venait de traverser des années houleuses avec l’administration Obama, une équipe qui lui reprochait pèle-mêle des atteintes à la liberté de la presse, de la justice et de la société civile.

    Ce lundi, l’homme fort de Budapest aura un tête à tête avec un président qu’il avait qualifié d’icône pour le mouvement souverainiste, pas moins. Les deux hommes partagent une proximité idéologique : déclarations contre l’immigration, exaltation des frontières. Ils ont une bête noire commune aussi : Georges Soros, le milliardaire et philanthrope américain d’origine hongroise.

    Des valeurs communes, mais pas toujours des intérêts économiques partagés. Quand Washington est en conflit commercial avec Pékin, Viktor Orban, lui, espère beaucoup de la Chine. Pas question de diaboliser sa puissance économique, le Premier ministre hongrois aimerait bien tirer parti de la situation géographique centrale de son pays et récolter les fruits des « nouvelles routes de la soie ».

    ► À lire aussi : Etats-Unis-UE: Mike Pompeo entame une tournée européenne par la Hongrie


    Realpolitik et intérêts commerciaux

    La proximité idéologique entre Donald Trump et Viktor Orban a permis un réchauffement des relations entre Washington et Budapest. Des relations qui n’ont pas toujours été au beau fixe.

    Avec notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère

    Le président Barack Obama reprochait régulièrement à Viktor Orban ses atteintes à la liberté de la presse et aux droits humains. Ce temps-là est révolu. Avec Donald Trump, on parle moins de droits de l’homme que de Realpolitik et d’intérêts commerciaux.

    Même s’il y a eu des accrochages sous sa présidence comme l’affaire des vendeurs d’armes arrêtés à Budapest. Les deux hommes, citoyens russes, étaient recherchés par les Américains, car ils fournissaient les narcotrafiquants mexicains. Le gouvernement Orban s’était engagé à les livrer aux États-Unis, mais l’an dernier, il a préféré les extrader vers la Russie. D’où l’irritation de Washington.

    En visite à Budapest en février dernier, le secrétaire d’État américain a rappelé Viktor Orban à l’ordre. « On ne peut pas laisser Poutine créer des divisions entre amis » a déclaré Mike Pompeo qui a laissé entendre que pour être amis, et pour être invité à la Maison Blanche, il fallait faire des affaires ensemble.

    Message reçu. La Hongrie est sur le point de signer un contrat d’un milliard de dollars pour acheter du matériel militaire américain, notamment un système de défense aérienne.

    Par ailleurs, selon l’ambassadeur américain à Budapest, David Cornstein, le gouvernement hongrois a réduit ses importations de gaz russe et négocie actuellement un contrat d’achat de gaz avec l’américain ExxonMobil, qui exploite des gisements offshore en Roumanie.

    Autre sujet qui sera sur la table des discussions entre Donald et Viktor Orban : l’accord récent signé entre Budapest et l’opérateur chinois Huawei qui va développer le réseau 5G en Hongrie. Le géant chinois est soupçonné d’espionnage par les autorités américaines.

    À écouter et lire aussi : En Hongrie, une curieuse banque russe s’installe à Budapest

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