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    Amériques

    États-Unis-Allemagne: Mike Pompeo en visite officielle à Berlin

    media Mike Pompeo, le 19 avril 2019. Le secrétaire d'État va tenter de faire passer la pilule de l'unilatéralisme de Donald Trump auprès des Allemands. REUTERS/Joshua Roberts

    Ce vendredi 31 mai, Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine se rend en Allemagne pour une visite officielle après avoir annulé à la dernière minute début mai un précédent rendez-vous auprès de cet allié souvent malmené par Donald Trump. Berlin est la première étape d'un voyage qui conduira M. Pompeo en Suisse, aux Pays-Bas et enfin au Royaume-Uni.

    À Berlin, Mike Pompeo doit d'abord rencontrer son homologue Heiko Maas, puis la chancelière Angela Merkel, après leur avoir fait faux bond le 7 mai dernier. Cette annulation avait suscité la consternation en Allemagne, où de nombreuses voix s'étaient élevées pour juger qu'elle était symptomatique de l'état des relations bilatérales, très dégradées depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. « Nous sommes très heureux d'avoir pu trouver un moment avant la fin du mois de mai », a dit à des journalistes un haut responsable américain avant le voyage. « C'est une année très importante », a-t-il souligné, « puisque c'est le 70e anniversaire de la République fédérale d'Allemagne et de l'Otan, ainsi que du pont aérien de Berlin » organisé par les alliés occidentaux pour ravitailler la partie ouest de la ville soumise à un blocus par les soviétiques.

    Mike Pompeo, comme souvent, va donc tenter de faire passer la pilule de l'unilatéralisme de Donald Trump auprès d'un allié ébranlé par nombre de ses décisions. Début mai, au lieu d'aller à Berlin, le secrétaire d'Etat avait fait un déplacement surprise en Irak pour mettre en garde contre des menaces présumées d'attaques iraniennes contre les intérêts américains. Avant de s'envoler pour Berlin, il a affirmé jeudi que les récents actes de sabotage contre quatre navires dans le Golfe, qui ont fait monter la tension dans la région, étaient « une tentative iranienne de faire monter le prix du pétrole brut à travers le monde ».

    L'Iran et la Chine

    L'Iran devrait d'ailleurs être un sujet au coeur des discussions avec Angela Merkel et Heiko Maas. L'Allemagne, comme le reste de l'Europe, n'a toujours pas digéré le départ américain de l'accord sur le nucléaire iranien, et les sanctions que Washington ne cesse de durcir contre Téhéran. La diplomatie allemande n'a, elle, pas rompu le contact avec la République islamique, où un haut responsable du ministère allemand des Affaires étrangères vient de se rendre. Or, Donald Trump, contre l'avis de certains de ses collaborateurs les plus va-t-en-guerre, a lancé plusieurs appels du pied aux dirigeants iraniens pour entamer un dialogue, et Mike Pompeo a assuré avoir plusieurs canaux de communication possibles avec Téhéran. L'Allemagne est-elle un de ceux-là ? Ou la Suisse, où le secrétaire d'Etat se rendra ce weekend et qui représente déjà les intérêts américains en Iran ?

    « Partage du fardeau » militaire

    Il y aura plusieurs autres sujets sensibles au menu des discussions américano-allemandes. L'Ukraine, après l'élection d'un nouveau président, mais aussi des dossiers où les deux pays alliés n'ont pas réussi à trouver de terrain d'entente ces deux dernières années : le « partage du fardeau » des dépenses militaires au sein de l'Otan, avec l'armée allemande dans le rôle du mauvais élève aux yeux de Donald Trump, et le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne, auquel Washington est franchement opposé.

    Les relations avec Huawei se sont récemment invitées dans la liste des différends. Berlin refuse de bannir le géant chinois de la mise en place de sa future 5G malgré la guerre ouverte déclarée par l'administration Trump au leader mondial des équipements de téléphonie mobile. « Le secrétaire d'Etat va rappeler que la sécurité des réseaux télécom de nos alliés a un impact direct sur notre sécurité nationale à tous », a expliqué le haut responsable américain. « Nous avons dit clairement que si le risque du partage d'informations devenait trop important pour les Etats-Unis, nous serions contraints de limiter ce partage d'informations » avec les alliés qui continueraient de faire affaire avec Huawei, soupçonné d'espionnage au profit de Pékin, a-t-il prévenu.

    (avec AFP)

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