Depuis plusieurs semaines, des prisonniers politiques sortaient de prison au compte-gouttes. Mais les noms les plus connus restaient derrière les barreaux. Ce mardi, ce sont au contraire toutes les figures du mouvement de 2018 qui sont sorties de prison dans les minibus de la Croix-Rouge internationale.
Les dirigeants paysans Medardo Mairena et Pedro Mena, condamnés à plus de 200 années de prison, mais aussi des leaders étudiants ainsi que deux journalistes d'une chaîne de télévision locale, accusés d'incitation à la haine, sont libres.
Leur libération avant le 18 juin était la principale demande de la plateforme de l'opposition pour retourner à la table des négociations. Elle intervient aussi quelques jours avant une réunion de l'Organisation des États américains lors de laquelle la situation au Nicaragua doit être évoquée.
Officiellement, donc, la situation se normalise. Mais depuis l'année dernière, une chape de plomb est tombée sur le pays, plusieurs médias ont été fermés et quelque 62 000 personnes vivent en exil.
Ces libérations sont parfois assorties d'une assignation à résidence et s'appuient sur une loi d'amnistie controversée votée par le Parlement samedi. Elle prévoit notamment que les personnes libérées s'abstiennent de participer dans le futur à des manifestations d'opposition.
Dans la mesure où les gens reprennent leurs activités de mobilisation, la loi d'amnistie qui les couvre pourrait être révoquée
Hélène Tristan, chercheuse en sciences sociales et spécialiste du Nicaragua à l'université Paris 1
11/06/2019 - par Marie Normand Écouter
Les journalistes Pineda Ubau et Mora du journal «100% Noticias» célèbrent leur libération le mardi 11 juin.
REUTERS/Oswaldo Rivas