GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 14 Octobre
Mardi 15 Octobre
Mercredi 16 Octobre
Jeudi 17 Octobre
Aujourd'hui
Samedi 19 Octobre
Dimanche 20 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Amériques

    États-Unis: un Parti démocrate en quête de leader

    media Premiers débats des démocrates pour les primaires à la présidentielle de 2020 à Miami. REUTERS/Files/File Photo

    Ce mercredi soir aux États-Unis se tient le premier débat entre dix candidats démocrates qui briguent l’investiture pour l’élection présidentielle de 2020. Dix autres candidats débattront le lendemain au même endroit. Au total, ils sont 24 candidats, mais quatre n’ont pas été qualifiés pour ces débats. Le Parti démocrate, après les élections de mi-mandat, semblait en mesure de se battre pour la présidence des États-Unis. Mais plus le temps passe, plus on a l’impression que ce parti est divisé, notamment sur la question de l’impeachment de Donald Trump.

    La question de l’unité du Parti démocrate divise même les spécialistes de la politique aux États-Unis. Car si pour certains experts une ligne directrice semble se démarquer avec un positionnement bien plus à gauche du Parti démocrate, pour d’autres experts cela ne semble pas si évident. C’est le cas notamment de Françoise Coste, maître de conférences à l'université de Toulouse et spécialiste de la politique intérieure des États-Unis, qui estime que ce parti est dans un état « chaotique » :

    « C’est surprenant. Après les mid-terms de novembre assez largement gagnées à la Chambre des représentants, on s’attendait à une série d’attaques coordonnées de la part du Congrès démocrate contre Trump et cela n’a pas du tout été le cas. La cheffe des démocrates Nancy Pelosi à l’évidence est très réticente, a même parlé de la possibilité d’un éventuel impeachment contre Trump. Par contre, la base du parti piaffe. Donc, entre la base et le leadership, on sent une certaine incompréhension mutuelle se développer qui est accentuée par le fait qu’il y a plus de 20 candidats à cette primaire. Donc, le positionnement du parti en devient illisible. On a l’impression qu’il n’y a pas de vrai leadership pour essayer de mettre un peu d’ordre dans tout ça. »

    Une quantité impressionnante de candidats

    Joe Biden, 76 ans, ancien vice-président des États-Unis sous Barack Obama, est actuellement en tête des sondages. Il est suivi par Bernie Sanders, 77 ans, qui briguait déjà l’investiture en 2016 (et qui représente l’aile la plus à gauche du parti) et Elizabeth Warren, 70 ans, sénatrice du Massachusetts. Trois ténors alors que c’est la jeunesse démocrate qui pousse le parti à prendre ce virage à gauche. Alors, est-ce qu’un candidat surprise pourrait affronter Donald Trump en novembre 2020, comme ce fut le cas en 2016 dans le camp républicain ?

    Pour Alix Meyer, Me de conférence à l’Université de Bourgogne et spécialiste de l’histoire politique des États-Unis, tout reste possible : « Je crois que l’exemple Trump montre que tout peut arriver, des outsiders, il y en a beaucoup, donc c’est difficile de les qualifier d’outsider dans la mesure où l’offre est assez vaste. Il y a beaucoup de candidats dont la candidature semble trouver un écho auprès de l’électorat démocrate. Kamala Harris par exemple, la sénatrice de Californie, ou Pete Buttigieg, qui est le maire d’une petite ville dans l’Indiana, ou encore Beto O’Rourke, ancien représentant du Texas. Bref, il y a un grand nombre de candidats qui ont une certaine capacité à mobiliser des électeurs à créer un engouement. La dynamique des campagnes est telle que c’est vraiment très difficile à prédire. Pour l’instant, Joe Biden est en tête des sondages, mais honnêtement son avance est finalement assez faible à ce niveau de la course et encore une fois, l’élection ne commence qu’au mois de février 2020. D'ici là, beaucoup de choses vont se passer. C’est une histoire de dynamique de course électorale qui va permettre de faire un peu le tri entre les différents candidats. Ensuite : difficile de prédire qui en ressortira gagnant. »

    Les jeunes démocrates ne veulent pas d’un ténor

    Une victoire dans cette primaire d’une nouvelle figure politique ou alors d’un cacique du Parti démocrate aura des conséquences le jour du scrutin. Ce fut le cas en 2016, le choix d’Hillary Clinton avait alors fait fuir les partisans les plus à gauche du Parti démocrate qui soutenaient l’investiture de Bernie Sanders. Donc le choix du prochain candidat pourrait avoir de fortes répercussions sur le vote des partisans démocrates, comme le confirme Françoise Coste.

    « La gauche, qui est plutôt jeune et plutôt non blanche, à l’évidence, est en colère contre le fait que les premières positions dans les sondages pour l’instant sont occupées par quelqu’un comme Joe Biden, qui a presque 80 ans, qui a une carrière au Congrès depuis 50 ans, qui a beaucoup de casseroles sur la question des relations raciales, sur la question du droit des femmes. Ces électeurs-là pourraient être un peu dégoutés par le résultat des primaires, même si on n’y est pas encore, mais c’est un risque et peut-être un peu bouder le parti l’année prochaine à l’élection présidentielle. »

    Quel serait alors le candidat au profil idéal pour affronter Donald Trump en 2020 ? Il existe deux manières d’envisager la chose, deux écoles, comme l’explique Françoise Coste. Tout d’abord les experts, qui estiment qu’il faut un candidat à l’image de Trump, un candidat âgé et blanc. « Une symétrie parfaite qu’incarne par exemple Joe Biden. Un candidat à même de récupérer l’électeur ouvrier blanc qui s’est tourné vers Trump en 2016. Et puis l’autre école qui plaide pour un candidat totalement opposé, totalement différent à Trump. Ce pourrait être une femme, jeune, non blanche, quelqu’un de bien plus à gauche que Joe Biden. »

    Mais peut-être que finalement le pire adversaire pour Donald Trump comme le souligne Alix Meyer n’est pas à chercher dans le camp démocrate : « Le meilleur adversaire de Donald Trump, ce sera au final Donald Trump et les résultats de l’économie américaine d’ici là. Malgré tous les efforts du candidat démocrate, quel qu’il soit, ou de la candidate démocrate, quelle qu’elle soit, une grande partie de l’élection va se jouer la popularité ou l’impopularité de Donald Trump et la situation économique américaine. » Le Parti démocrate sait à quoi s’en tenir !

    Le jeu de massacre en réalité a déjà commencé, puisque les jeunes n’arrivent pas à émerger. Ils se font de l’ombre les uns les autres. Donc c’est vrai qu’il va y avoir des candidats qui vont s’écharper, parce qu’il va falloir faire du vide. Il va falloir, bien sûr, éliminer. Et tous ceux qui vont être le maillon faible, si je peux le dire ainsi, vont subir les foudres de ceux qui sont plus forts. Pas les plus forts - ils n’ont intérêt à n’attaquer personne -, mais ceux qui sont moyens et qui vont vouloir sortir la tête du peloton et qui ont intérêt, effectivement, à écraser les autres. Souvenez-vous de Donald Trump, qui était un outsider, totalement, en 2016, qui a émergé le 6 août 2015 dans un débat, en écrasant tous ces candidats, puisqu’il avait dit ce jour-là: "Ils sont tous des losers et moi j’ai l’intention de gagner"

    Jean-Eric Branaa, Me de conférences à l'univeristé Panthéon-Assas 26/06/2019 - par RFI Écouter
    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.