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    Accord UE-Mercosur: les voix de la discorde

    media Les éleveurs sont en colère contre l'accord entre l'UE avec le Mercosur. Lúcia Müzell

    Le gouvernement français, confronté à l'inquiétude d'une partie de la population, a mis la pression mardi 2 juillet sur le Brésil, en affirmant que Paris n'était pas prêt à ratifier l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur si Brasilia ne respectait pas une série d'engagements.

    Bon pour accord. C'était la ligne du président de la République, Emmanuel Macron, la semaine dernière sur l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Mais aujourd'hui, le gouvernement a les pieds sur les freins. Au Parlement européen, sur ce traité, les eurodéputés basculent entre scepticisme et franche opposition.

    Une méfiance parmi les eurodéputés

    « C'est un problème que la Commission européenne signe un accord, dise que tout est fait. Cet accord, personne ne peut le lire, ni les chefs d'État, ni nous. Les chefs d'État sont-ils allés un peu vite en l'approuvant ? », s'interroge Pascal Canfin, eurodéputé Renaissance. « Je pense qu’il y a eu un compte rendu qui a dû être fait par la Commission, mais moi je ne l’ai pas lu. En tout cas, le Parlement européen, je considère qu’il n’est pas engagé par cet accord. »

    Les eurodéputés, toutes familles politiques confondues, s'affichent méfiants. « Il n’est pas question que nous laissions importer sur le territoire européen des bovins qui ne correspondraient pas à un élevage conforme à la sécurité sanitaire que nous nous sommes imposée dans l’Union européenne », a annoncé l'élue LR Nadine Morano.

    Le parti Les Républicains cherche à voir si des garanties sont possibles. En revanche, chez les écologistes, personne n'y croit. Forts de leur succès aux élections européennes, ils promettent de tout faire pour s'opposer à la ratification du traité. « Ce que veulent évidemment les Brésiliens, c’est exporter plus de soja transgénique, plus de viande bovine élevée dans des conditions abominables. L’impact évident sera la déforestation de l’Amazonie, un peu moins de paysans au Brésil et surtout moins de paysans en Europe », s'alarme Yannick Jadot.

    La grogne des agriculteurs français

    La colère monte chez les éleveurs français. Des manifestations ont eu lieu ce mardi soir devant les préfectures un peu partout en France. « On a prévu de ramener nos outils de travail, on va dire les plus simples, nos bottes et nos combinaisons pour marquer notre désaccord. Ensuite, ce sera peut-être du lisier ou du fumier », a détaillé Patrick Benezit, un agriculteur.

    Lui et ses confrères jugent l'accord de l'Union européenne avec le Mercosur injuste et dangereux pour leur activité. « Aujourd'hui, les autorités nous demandent de faire plus et des fois ça peut-être normal et là, tout d'un coup, les autorités européennes et les pouvoirs publics laissent rentrer n'importe quoi, que ce soit en termes d'utilisation de certains antibiotiques, pesticides qui ne sont pas autorisés sur le territoire européen et français », s'insurge Patrick Benezit.

    Si le monde agricole en France est vent debout contre cet accord, ce n'est pas le cas du Medef. « Il faut peut-être donner un coup de main aux professions qui sont peut-être plus exposées, mais on voit bien que l’ouverture des marchés, avec certaines règles, notamment d’équivalence, c’est plutôt quelque chose qui crée de la richesse et de la prospérité », a souligné Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef.

    « Aucune raison de s'inquiéter »

    Le ministre français de la Transition écologique, François de Rugy, a assuré que l'accord ne serait ratifié que si le Brésil, la plus importante économie de l'Amérique du Sud, respecte ses engagements. Sur la table : la lutte contre la déforestation en Amazonie.

    Le Mercosur va respecter les règles de cet accord. Le secrétaire brésilien du Commerce extérieur, Marcos Tryjo, l'a affirmé : « Je ne pense pas qu'il y ait de quoi s'inquiéter. La politique brésilienne est basée sur la préservation et l'utilisation responsable des ressources naturelles. Je suis persuadé que le peuple français, que les différents secteurs de la société française, se rendront compte qu’il s’agit d’un bon accord également pour la France. »

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