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    [Entretien] Bianca Jagger: «Daniel Ortega est un traître de la révolution sandiniste»

    media La Nicaraguayenne Bianca Jagger est militante pour les droits humains. Pour elle, le président Daniel Ortega trahi l’esprit de la révolution sandiniste AFP/Timothy A. Clary

    Au Nicaragua, le processus de dialogue est toujours au point mort. L'opposition soutient que 89 personnes arrêtées lors des manifestations anti-gouvernementales de 2018 sont toujours derrière les barreaux et que 62 000 personnes ont été poussées à l’exil. Pour Bianca Jagger, qui est née au Nicaragua et préside la Bianca Jagger Human Rights Foundation, il est urgent que l’Union européenne sanctionne le président Daniel Ortega.

    Marie Normand : Vous rentrez de Medellín, en Colombie, où s’est tenue la 49e Assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA). 20 pays membres ont voté une résolution sur le Nicaragua qui demande au président Ortega d’autoriser le retour de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) et de trouver un moyen de résoudre la crise politique et sociale, sous 75 jours, à travers un processus de négociation. Vous, Bianca Jagger, plaidiez pour une échéance moins longue. Pourquoi ?

    Bianca Jagger : C‘est un premier pas important de la part de l’OEA. Mais ma grande préoccupation, ainsi que celle des anciens prisonniers politiques, c’est que 75 jours, c’est très long ! Chaque jour qui passe au Nicaragua, les personnes qui s’opposent au gouvernement peuvent être assassinées, séquestrées, mises en prison ou poussées à l’exil. Ce sont des crimes contre l’humanité qui sont commis en ce moment au Nicaragua.

    Le Secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, estime que le président Daniel Ortega est prêt à négocier…

    Je me permets de dire au secrétaire général que je ne suis pas d’accord avec lui. Je connais Daniel Ortega, il va tout faire pour rester au pouvoir. Comme l’a fait Nicolas Maduro au Venezuela, il entend utiliser le dialogue pour gagner du temps et pour réprimer toute forme d’opposition. J’espère que l’OEA ne favorisera pas des négociations qui impliquent un maintien de Daniel Ortega au pouvoir.

    C’est pour cela que nous avons besoin de l’appui de l’Union européenne. Il faut que les Européens imposent des sanctions à ce gouvernement qui est en train de commettre des crimes contre l’humanité. C’est la seule manière de l’affaiblir. Il est très important que les sanctions ne viennent pas que des États-Unis ou des pays latino-américains.

    Plusieurs centaines de personnes arrêtées lors des manifestations antigouvernementales de 2018 ont été libérées. Quelle est leur situation aujourd’hui ?

    Daniel Ortega n’a pas libéré tous les prisonniers politiques. Il a permis à certains de sortir de prison, mais ils restent sous résidence surveillée ou bien leur jugement est toujours en cours. D’autres sont persécutés, attaqués, leurs maisons brûlées, et 89 personnes sont toujours en prison. Daniel Ortega utilise ces libérations comme une monnaie d’échange. J’étais accompagnée d’anciens prisonniers politiques à Medellín. J’étais d’ailleurs surprise qu’ils soient autorisés à sortir du pays.

    Mais il faut comprendre la mentalité de Daniel Ortega. C’est sa stratégie pour éviter les sanctions : faire croire que les prisonniers politiques sont libres. Ma stratégie, avec la Fondation Bianca Jagger, était de faire entendre la voie de ces anciens prisonniers à l’OEA pour qu’ils témoignent de la réalité au Nicaragua.

    Vous avez soutenu cette révolution sandiniste qui, il y a 40 ans, a fait tomber la dictature des Somoza. Quand avez-vous cessé d’y croire ?

    J’ai cru au sandinisme, mais je n’ai jamais adhéré au Parti, ni à aucun autre. Aujourd’hui, je me sens trahie, car j’ai mis ma crédibilité en jeu. J’ai cru à cette révolution comme des millions de personnes. J’ai cru qu’il s’agissait d’une révolution démocratique, qu’on allait avoir des élections libres. Daniel Ortega est un traître de la révolution. Et il ne faut pas se faire avoir : ne continuez pas à appuyer un gouvernement parce que vous pensez que c’est un gouvernement de gauche.

    Quand un gouvernement commet des crimes contre l’humanité, peu importe qu’il soit de gauche ou de droite. Ce sont des criminels qui doivent répondre de leurs actes devant la justice. Le secteur privé à sa part de responsabilité. Il a laissé Daniel Ortega prendre le contrôle de toutes les institutions, car tout ce qui l’intéressait, c’était les avantages qu’il en tirait. La grande question est aujourd’hui de savoir si le secteur privé va pousser ou non Daniel Ortega à négocier.

    La militante Bianca Jagger, entourée d’anciennes prisonnières politiques nicaraguayennes, à l’Assemblée générale de l’Organisation des Etats américains, fin juin, à Medellin (Colombie). Archives personnelles de Bianca Jagger
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