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    [Reportage] Brésil: à l’ère Bolsonaro, menaces sur le Mouvement des sans-terre

    media Depuis le 14 avril 2018, plus de 1000 familles vivent sur le campement «Marielle Vive», à Valinhos, en banlieue de Campinas (État de São Paulo). RFI / Sarah Cozzolino

    Depuis la fin des années 1970, ce mouvement lutte pour une redistribution équitable de la terre aux paysans par le biais d’une réforme agraire. Désignés comme les ennemis de Jair Bolsonaro depuis quelques années, le président brésilien qualifie désormais ces militants de « terroristes ».

    Pour entrer dans le campement « Marielle Vive », il faut passer plusieurs barrages de sécurité. Devant un portail en bois coloré, des membres du Mouvement des sans-terre (MST) contrôlent les entrées et sorties et vérifient les cartes des habitants du campement.

    « On doit toujours être en état d’alerte, avec une certaine stratégie pour la sécurité, nous explique Gerson Oliveira. Nous ne sommes pas là pour provoquer ou nous battre. Mais il faut qu’on puisse défendre notre territoire et les familles qui s’organisent ici. » Gerson Oliveira fait partie de l’organisation du campement qui a vu le jour il y a un peu plus d’un an, le 14 avril 2018, un mois après l’assassinat de Marielle Franco. La conseillère municipale de Rio, noire, lesbienne, et militante des droits de l’homme, a inspiré les militants du MST.

    Menaces et tirs d’armes à feu

    Depuis sa création, le campement, où vivent environ 1000 familles, est sous pression. « On a déjà reçu des menaces, des personnes qui passent devant et tirent des coups de feu, lâchent des bombes où essaient de mettre le feu à notre campement. Tous les jours, nous vivons avec ce genre de situations. » Gerson et trois autres membres du mouvement vivent dans une ancienne grange.

    ►À lire aussi : Brésil: les violences policières ont encore augmenté en 2018

    Dans cette pièce meublée avec des objets de récupération, ils dorment, cuisinent, et se réunissent. « Il pleut encore un peu à l’intérieur, donc on dort dans des tentes de camping, pour se protéger du froid et de la pluie… », raconte Kilvin Nicolas. Ce jeune homme de 17 ans, est gay et s’occupe des questions liées aux minorités sexuelles sur le campement :

    « Être LGBT c’est une chose, mais être LGBT, sans terre, noir, et pauvre, ç’en est une autre, ajoute-t-il. On est sûrs que cette période est la meilleure pour construire notre unité, mais c’est aussi une période avec beaucoup de violence et d’incitation à la haine… »

    « Une période de grande peur »

    Avant d’être élu président du Brésil en octobre 2018, Jair Bolsonaro avait déjà qualifié les sans-terre de « terroristes » et de « délinquants qu’il faut tuer ». Depuis son élection, les violences contre ce mouvement social se multiplient. Intimidations, agressions, expulsions, les membres du MST souffrent des conséquences de ce discours dans tout le Brésil : « Je pense que c’est une période de grande peur. Et une peur collective, pas individuelle, renchérit Kilvin Nicolas. Avant 2019, on avait déjà rapporté quelques morts, et il y a eu une augmentation entre la fin de l’année dernière et cette année. »

    ►À lire aussi : Brésil : recrudescence des violences contre les petits paysans et les sans terre

    Dans le reste du campement, les habitations sont précaires, en taule, en palettes, en bois, et parfois en béton, avec les quelques ruines qu’il y avait sur le terrain. Un ancien élevage de volailles, aujourd’hui prisé par des investisseurs immobiliers.

    Une vie en communauté

    Fernanda de Andrade, cette ancienne femme de ménage, qui habitait dans la ville voisine, a visité le campement il y a un an : « Ça m’a plu et je n’ai plus jamais voulu partir d’ici ! Avant, quand on regardait la télévision, on pensait que c’était un mouvement de vandales et de bandits… les médias renvoient cette image pour que les gens soient contre nous. Mais en fait, ça n’a rien à voir ! Ici tout le monde s’entraide, on vit en communauté, donc tout ça c’est des mensonges ! »

    Fernanda est arrivée quand elle a accouché de sa petite fille qu’elle serre dans ses bras. Elle cherchait une vie qui ait du sens. « Malgré les difficultés, on redonne une valeur à la vie, aux choses… Parce que quand on habite en ville, on est indifférent : on ouvre le robinet, l’eau coule, on fait la vaisselle et on gaspille. Quand on arrive ici, on change notre comportement, on se met à recycler, à économiser » décrit l’habitante du campement. Dans le même temps, le campement comprend des espaces de formation pour les enfants, les femmes, et les personnes analphabètes.

    Une semaine après le reportage, un homme âgé de 73 ans, en cours d’alphabétisation, a été tué lors d’une manifestation du MST qui réclamaient de l’eau pour leur campement. Un homme en voiture a foncé sur la foule. Selon le président du Conseil des droits de l’Homme de l’Etat de São Paulo, c’est un crime de plus qui montre que le « discours institutionnel autorisant l’extermination des populations qui luttent pour leur droit » se répercute dans la société.

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