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    Amériques

    Guatemala: Alejandro Giammattei veut revenir sur l'accord migratoire

    media Le président élu du Guatemala Alejandro Giammattei exige de la «réciprocité» de la part de son homologue américain Donald Trump. REUTERS/José Cabezas

    Au Guatemala, la nouvelle équipe constituée par le président élu Alejandro Giammattei est déjà au travail alors qu'il ne prend officiellement ses fonctions que le 14 janvier prochain. RFI Espagnol a pu interviewer le nouveau président élu en exclusivité notamment sur le fameux accord migratoire, que le président sortant a signé avec Donald Trump.

    RFI : Monsieur le président Alejandro Giammattei, quelles seront les priorités de votre mandat ?

    Alejandro Giammattei : Nous allons avoir une période de transition très longue de cinq mois. Le plus important pour nous sera de mettre l’accent sur la création d’emplois pour attirer les investissements. Notre deuxième priorité, c’est de mettre en œuvre un plan national de développement rural surtout dans les zones limitrophes avec le Mexique et au centre du pays. Dans ces zones, il est urgent de mettre en place des mesures « choc », non seulement pour arrêter l’immigration, mais aussi pour générer des emplois et de la productivité pour éviter que les gens partent d’ici.

    Et la troisième priorité sera la lutte frontale contre les maras, les groupes délinquants, et contre les extorsions de fonds. Nous allons mettre en place une nouvelle politique de sécurité publique, et ceci dès le premier jour de notre mandat.

    Vous vous êtes engagé à modifier le pacte sur l’immigration, signé par votre prédécesseur Jimmy Morales avec Donald Trump, qui fait du Guatemala un pays tiers sûr. Allez-vous renégocier ou modifier ce pacte migratoire avec les États-Unis ?

    Ce concept de « pays tiers sûr », on peut déjà l’éliminer. Il s’agirait simplement d’un pacte ou d’un accord migratoire, uniquement circonscrit aux ressortissants du Nicaragua et du Honduras. Deuxièmement, nous avons obtenu que le président actuel du Guatemala nous permette d’assister aux négociations, ce que le gouvernement américain voit d’un bon œil. Et troisièmement, il est clair que cet accord n’est pas encore entré en vigueur.

    ►À lire aussi : Guatemala : le nouveau président Giammattei promet d'être ferme avec Trump

    Et je peux vous dire que cela prendra beaucoup de temps pour qu’il soit appliqué. Il n’y a aucune feuille de route, aucun plan de mise en œuvre, les États-Unis n’ont pas établi de budget adéquat pour qu’il soit réalisable. Donc il manque beaucoup de choses. Cela va nous laisser suffisamment de temps non seulement pour mettre en œuvre ce plan, mais surtout pour s’interroger sur sa pertinence, lorsque nous prendrons nos fonctions au gouvernement. Par conséquent, j’ai beaucoup d’espoir que cela ne nous mine pas pendant la transition.

    Pendant la campagne, vous vous êtes engagé à lutter contre la délinquance et les trafiquants de drogue « avec de la testostérone », comme vous l’avez dit. La peine de mort qui a été abrogée pour les délits de droit commun en 2017 pourrait donc être rétablie totalement au Guatemala ?

    La peine de mort n’a jamais été abolie au Guatemala. Elle est toujours en vigueur. On pouvait l’appliquer pour les délits qui étaient décrits à l’époque, comme l’enlèvement ayant occasionné la mort de la personne kidnappée, viol et assassinat de la personne violée, surtout s’il s’agit d’un mineur. Mais la peine capitale n’était jamais indiquée pour les délits de droit commun, jamais ! Uniquement pour les délits les plus graves stipulés dans le Code pénal. La peine de mort a toujours été en vigueur. Mais les juges ne l’appliquent pas.

    Une trentaine de personnes ont été condamnées à mort, mais leur peine n’a jamais été commuée, et ils n’ont jamais été graciés. Ils sont dans cet entre-deux. Les jugent disent : pourquoi appliquer la peine de mort si personne ne va jamais les exécuter ? Actuellement au Guatemala, la peine maximale est de cinquante années de prison.

    Que se passera-t-il avec la CICIG, la mission de l’ONU contre la corruption et le crime organisé, auquel les candidats à la présidentielle souhaitaient mettre un terme ?

    Le mandat de la CICIG s’achève le 3 septembre 2019 au Guatemala. Nous allons mettre en place une commission contre la corruption qui sera nationale, et nous ferons appel à tous les soutiens nécessaires, aux nations du monde entier, pour qu’elles nous aident à combattre la corruption au Guatemala. Nous ouvrons une nouvelle page pour parvenir à développer le pays en combattant cette maudite corruption dans laquelle on nous a plongés.

    (Propos traduits par Véronique Gaymard)


    • Les États-Unis veulent préserver l'accord

    Alors que le président élu Alejandro Giammattei a fait savoir qu'il ne comptait pas appliquer le texte tel quel, l'administration Trump veut sauver l'accord migratoire à tout prix et tente donc de rassurer l'opinion publique guatémaltèque. Par vidéo interposée, le chargé d'affaire de l'Amérique latine du département d'État américain a donc adressé un message.

    Face caméra, Mauricio Claver sourit et sa voix transpire la bienveillance quand il déplore que l'accord - selon lui - « historique » entre les États-Unis et le Guatemala ait provoqué des malentendus. « Cet accord stipule simplement que le Guatemala accordera l'asile à un nombre précédemment convenu de migrants, et uniquement en provenance du Honduras et du Salvador » a-t-il expliqué.

    L'accueil sur son sol de migrants des pays voisins a suscité une levée de bouclier au Guatemala, où près de 6 personnes sur 10 vivent elles-mêmes sous le seuil de pauvreté. La Maison Blanche se dépêche donc d'assurer que les Guatémaltèques n'auront pas à mettre la main à la poche. « Ensemble avec des organisations internationales, les États-Unis se sont engagés à aider le Guatemala afin de couvrir les coûts de ce processus et créer la capacité nécessaire » a poursuivi Mauricio Claver qui a poussé l'opération séduction un peu plus loin. « Le fait d'appliquer l'accord conclu avec les États-Unis signifiera aussi pour le Guatemala d'avoir accès à un accord de visa H2A qui multipliera par trois le nombre de Guatémaltèques ayant accès à des permis de travail temporaires aux États-Unis », a-t-il finalement conclu.

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