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    Amériques

    Brésil: questions sur les moyens engagés en Amazonie, colère de la rue

    media Vue aérienne de l'Amazonie brûlée, non loin de Boca do Acre, dans l'État d'Amazonas, au Brésil, le 24 août 2019. Lula SAMPAIO / AFP

    Au Brésil, des centaines de nouveaux incendies de forêt ont éclaté, samedi 24 août, dans tout le nord du pays. Face à la pression internationale, et l’ampleur de la déforestation, le président a décidé d’autoriser l’emploi des forces armées, pour lutte contre les feux de forêt, mais aussi pour y assurer l’ordre. Des milliers de soldats vont être mobilisés, même si l’intervention militaire reste pour l’instant assez floue. Face à l’ampleur du désastre, les Brésiliens sont divisés, entre colère et désarroi.

    De notre correspondant à Rio de Janeiro, François Cardona

    Six régions du nord du pays, largement couvertes par la forêt vierge, ont déjà demandé l'aide fédérale et l'intervention de l'armée : l'immense État du Para, mais aussi le Rondonia, à la frontière avec la Bolivie, ainsi que le Roraima qui jouxte le Venezuela et la Guyane française.

    Le Mato Grosso, le coeur agricole du Brésil, le plus touché par les incendies, devrait lui aussi voir arriver des militaires. Le ministre de la Défense a annoncé que 44 000 soldats étaient disponibles et opérationnels dans la région amazonienne.

    Les moyens n'ont pas été précisés

    En revanche, les moyens matériels qui seront engagés, aériens notamment, n'ont pas été précisés. Des avions de l’armée de l’air ont commencé à être déployés sur plusieurs zones touchées par les incendies – chacun peut déverser 12 000 litres d’eau. Mais les surfaces à couvrir sont immenses, le ravitaillement est un problème majeur.

    Selon le décret présidentiel, l'armée pourra agir en Amazonie jusqu'au 24 septembre prochain, y compris sur les territoires indigènes, jusqu'à présent sanctuarisés. Les soldats interviendront la fois pour la lutte contre les incendies, mais aussi pour le maintien de l'ordre.

    ►À lire aussi: Amazonie: Bolsonaro autorise l'envoi de l'armée pour lutter contre les incendies


    Les Brésiliens entre colère et désarroi

    Dans le petit marché du centre-ville, autour des étalages de fruits et légumes, tout le monde discute des incendies en Amazonie.

    « Certains veulent profiter de l'Amazonie, dit José Luis, un commercial, qui s’étonne de la réaction tardive du président Jair Bolsonaro. Heureusement que le monde nous regarde. Comme cela nous nous sommes plus seuls dans cette bataille. L'ONU doit faire pression sur le Brésil. Les leaders mondiaux doivent se réunir pour en parler. Bien sûr, l'Amazonie fait partie de notre territoire, mais c'est un problème pour le monde entier »

    Manifestant brandissant une pancarte "l'Amazonie est en feu" durant une manifestation, à Sao Paulo, le 23 août 2019. REUTERS/Nacho Doce

    Face à l’ampleur la crise, Jair Bolsonaro a décidé de faire appel à l’armée, pour contenir les incendies, mais aussi pour assurer le maintien de l’ordre. Une mesure d’urgence approuvée par ses soutiens, nostalgiques de la dictature militaire, comme Eduardo.

    « Il faut qu’on tire plus de profit de l’Amazonie. Elle a beaucoup de valeur. Mais nous n’y attachons pas assez d’intérêt au Brésil. J'espère que l’armée va pouvoir résoudre tout ça. Mais à l’époque sous les militaires, les choses allaient mieux », assure l’homme, âgé de 69 ans.

    Mais la politique environnementale de Jair Bolsonaro soulève des critiques grandissantes. Plusieurs manifestations de protestation sont attendues partout dans le pays. Face à l’ampleur du désastre, les Brésiliens, entre colère et désarroi, sont divisés. Lors de son intervention télévisée, le président a ainsi été hué dans plusieurs grandes villes du pays.

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