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    Amériques

    Remue-méninges au Québec pour sauver la presse régionale

    media Le Premier ministre du Québec, François Legault, en avril dernier à Laval, au Canada. MARTIN OUELLET-DIOTTE / AFP

    Ce vendredi 30 août se terminent les consultations sur l’avenir des médias au Québec, devant les parlementaires. Patrons de presse, chercheurs, syndicats ont défilé toute la semaine pour tracer le portrait d’une presse nationale et régionale mise à mal par la migration des revenus publicitaires vers les grandes plates-formes numériques comme Amazon, Facebook ou Google.

    de notre correspondante à Québec,

    L'avenir de la presse régionale québécoise est suspendu à un fil. Le groupe Capitales Médias, qui détient six quotidiens, se trouve en effet sous respiration artificielle depuis la semaine dernière. Il a tout simplement manqué d’argent.

    Même si le gouvernement canadien a promis une aide qui devrait être débloquée en janvier, le propriétaire n’avait plus les moyens d’attendre. Il a donc tiré sa révérence, laissant le gouvernement du Québec mettre la main au portefeuille pour 3,5 millions d’euros.

    Dans le même temps, une société d’investissement publique d'État examine les comptes de l’entreprise, ainsi que les offres d’éventuels repreneurs.

    Le public ne lit-il plus la presse au Québec ?

    Cet épisode illustre de façon assez dramatique la disparition des quotidiens et magazines québécois. En sept ans seulement, plus de 80 ont fermé leurs portes.

    Paradoxalement, le nombre d’abonnés des journaux papier se maintient, et les sites numériques des médias bénéficient d’une bonne fréquentation.

    Le manque à gagner vient principalement d’une chute des revenus publicitaires. Les entreprises ont vu leurs recettes fondre de près d’un tiers, alors même que la pub constituait le plus gros apport de leurs fonds.

    Comme bien d’autres médias à travers le monde, la presse au Québec subit de plein fouet la concurrence des médias sociaux.

    Facebook, Google et autres géants du web draînent les annonces des publicitaires sans débourser un sou pour les contenus qui attirent les internautes.

    Même le gouvernement et les municipalités s’y mettent. Une grande partie de la publicité institutionnelle passe désormais par ces multinationales, au détriment de la presse locale.

    Que compte faire le Québec pour lutter contre cette hémorragie ? Une grande partie des mémoires présentés devant les parlementaires réclament une aide publique de l’État.

    Plusieurs évoquent des crédits d’impôt sur le salaire des journalistes, ainsi qu’une taxation des revenus des géants du Web comme l’a fait la France.

    Offre de reprise pour Capitales Médias

    Le Premier ministre du Québec hésite. Il voudrait que le gouvernement du Canada prenne les devants dans ce dossier. Et au moins un dirigeant d’un groupe de presse fait bande à part.

    À la tête d’un empire qui regroupe deux quotidiens, des stations de télévision, de radio, une entreprise de télécommunications, le propriétaire de Québecor rejette en effet toute aide de l’État.

    Il offre même de reprendre Capitales Médias en faillite. Lorsqu’on lui parle d’un manque de concurrence possible avec ses journaux déjà existants, il rétorque que mieux vaut une concentration de la presse, que pas de presse du tout.

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