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    Amériques

    À New York, des traders se muent en musiciens de rue à la nuit tombée

    media Les Wicked Straps en concert un samedi soir dans Washington Square Park. RFI/Loubna Anaki

    Dans les couloirs du métro, à un coin de rue ou dans un parc… Les musiciens de rue sont partout. New York est leur scène. Certains réussissent à en vivre ou espèrent se faire remarquer, d’autres, aux profils plus improbables, font vibrer la ville uniquement par amour de la musique. Reportage.

    De notre correspondante à New York,

    Tous les jours de la semaine, il est chef d’entreprise, à la tête d’une flotte de jets privés. Mais le samedi soir, Nik Tarascio tombe la tenue de patron. Avec un groupe d’amis, dans les rues de New York, il se transforme en showman : chanteur et guitariste. Pour lui, la vie d’artiste de rue a commencé il y a six ans.

    « C’est vraiment particulier : après une semaine de boulot, c’est un peu mon espace magique », explique-t-il en accordant sa guitare.

    Son espace magique, c’est Washington Square Park, une place avec une fontaine et un petit Arc de Triomphe. À Manhattan, c’est l’un des coeurs battants de la ville qui ne dort jamais. Vous y trouverez la petite fanfare du vendredi après-midi, le pianiste du mercredi soir, le peintre, le poète et même de temps en temps, une chanteuse lyrique.

    Ici, tous les jours, des musiciens viennent installer leur piano, leur batterie ou sortent leur saxophone, pour égayer les pauses déjeuner des cadres des entreprises du coin ou des étudiants de l’université qui borde la place.

    Dès tôt le matin, des musiciens sont là. Et jusque tard dans la nuit. Comme les Wicked straps, le groupe de Nik.

    À ses côtés ce soir-là, l’autre guitariste chanteur du groupe, Nick Ganju. Avec ses longs cheveux noirs attachés en chignon, son t-shirt et son jean, rien ne laisserait penser qu’il est l’un des grands noms de l’économie en ligne à New York. À la ville, il est à la tête d’une compagnie estimée à plus d’un milliard de dollars, mais à Washington Square Park, il ne vient que pour l’amour de l’art. « On ne fait pas ça pour l’argent. On est tout simplement des amoureux de musique », confie le percussionniste Michael. Lui est trader à Wall Street. « On ne parle jamais de ce qu’on fait dans la vie. On a peur que ça change la dynamique avec le public s’ils apprennent qu’on est des businessmen », ajoute Nik Tarascio.

    Les Wicked Straps, c’est ça, un groupe de passionnés devenus, au fil du temps, le rendez-vous festif de dizaines de New-Yorkais.

    Ce soir, de la pluie est annoncée, mais le spectacle est maintenu. Les instruments sont prêts, les micros sont en place, et une guirlande lumineuse donne une touche finale à l’ensemble.

    La fièvre du samedi soir

    Aux premières notes d’une chanson de Justin Bieber et Ed Sheeran, quelques passants s’arrêtent. Certains esquissent de timides mouvements de danse. Nick Ganju en profite pour chauffer la foule. « Allez, c’est samedi soir, on est là pour faire la fête ! », lance-t-il avant de lui-même rejoindre les danseurs au milieu du cercle.

    « La première fois que je suis venu dans ce parc, c’était il y a quinze ans », se souvient Nick, il y avait un groupe de vieux qui jouait des classiques. Je suis resté à les écouter pendant des heures. La semaine d’après, je les ai rejoints avec ma guitare. » C’est ainsi que celui qui est devenu père il y a quelques mois a rejoint la communauté new-yorkaise des musiciens de rue. Aujourd’hui, il est dans son élément lorsqu’il entame une chanson culte des Jets.

    Petit à petit, la foule grossit. Plus d’une cinquantaine de spectateurs de tous âges entourent le groupe. De Lady Gaga à Michael Jackson, en passant par Britney Spears, les Wicked Straps enchaînent les tubes accompagnés en choeur par la foule.

    « Ils mettent vraiment le feu », s’exclame un jeune en dansant avec sa fiancée. » « J’aime bien leur façon d’interagir avec le public. On était là le week-end dernier et on est là ce soir. On est des clientes satisfaites », rit une jeune femme aux côtés de ses amies. « S’ils se produisaient sur scène, je n’hésiterais pas à aller les voir, » ajoute un autre spectateur, en filmant le spectacle sur son téléphone.

    New York, scène à ciel ouvert

    À New York, les musiciens de rue sont une institution. Beaucoup vivent principalement de leur art, comme Joe Mitchell. Ce batteur de 28 ans vient tous les jours du New Jersey voisin pour jouer en public. « J’aime bien jouer dans le métro, parce que ça résonne, l’acoustique est sympa. Mais rien ne vaut de jouer dans un parc quand il fait beau » explique-t-il.

    Car jouer dans les couloirs d’une station, c’est jouer devant des passants souvent pressés, parfois distraits. « C’est vrai que c’est plus rare d’avoir une connexion avec les gens dans le métro, raconte Joe avant de préciser qu’il y a tout de même certains moments magiques, quant au milieu de leur journée de folie, les gens s’arrêtent pour nous écouter ».

    Pour Lindsay James, dont la voix rappelle celle Whitney Houston, « chanter dans la rue est un bon moyen de se faire remarquer. On peut vous demander de chanter à un mariage ou dans un club ».

    Contrairement à d’autres villes comme Paris ou Bruxelles, n’importe qui peut jouer dans le métro new-yorkais à condition de respecter certaines règles : ne pas gêner la circulation, ne pas demander directement de l’argent… Impossible donc de savoir combien de musiciens de rue compte New York.

    Le seul chiffre concerne les artistes qui passent par le programme de sélection officielle de la MTA (Société du métro new-yorkais). 350 personnes choisies sur casting. L’avantage est que les meilleures places dans les stations de métro leur sont réservées.

    À Washington Square Park, pas de places réservées. Chacun a son spot habituel. Les premières gouttes de pluie annoncées commencent à tomber. Il est minuit et les Wicked Straps jouent leur dernière chanson. Leurs fans savent déjà qu’ils seront là le week-end prochain. « Je pense qu’on continuera à faire ça aussi longtemps qu’on le pourra promet Nick Ganju,on aura des cheveux blancs, ou plus de cheveux et on chantera encore Lady Gaga. Je pense que c’est aussi ça que les gens aiment chez nous, des trentenaires grisonnants qui jouent aussi des chansons d’ados ».

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