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    Amériques

    [Reportage] Les communautés amérindiennes d’Équateur se battent contre les mines

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    Le préfet indigène Yaku Pérez, buvant de l'eau à Quimsacocha le 2 septembre 2019, est contre l'installation des mines qui risquent de polluer les réserves d'eau. AFP Photos/Rodrigo Buendia

    L’Équateur s’ouvre depuis juillet à l’exploitation industrielle de ses sols fertiles en or et argent notamment. Mais des communautés amérindiennes andines s’opposent à ces gisements qui détruisent leurs terres.

    En juillet dernier, avec l’entrée en exploitation du gisement de cuivre de Condor Mirador, l’Équateur a fait son entrée dans le monde de l’exploitation minière industrielle. Le pays souhaite aujourd’hui développer de nouveaux gisements considérés comme stratégiques comme celui de Quimsacochaqui, près de la ville de Cuenca, qui dispose de réserves de plus de 2 millions d’onces d’or et 13 millions d’onces d’argent. Dans cette région au sud de l’Équateur, de nombreuses communautés indigènes sont opposées au projet ainsi que le préfet de la province.

    L’eau avant l’or

    À plus de 3 000 mètres d’altitude, le paramo, sorte de prairies alpines tropicales, de Quimsacocha est balayé par le vent glacial des Andes. Si l’endroit s’appelle « les trois lacs » en quichua, ce n’est pas un hasard. C’est ici que naissent les rivières qui alimentent en eau potable la ville de Cuenca et que le préfet amérindien Yaku Pérez souhaite défendre : « Un jour, mon père m’a montré les lacs de Quimsacocha et m’a dit que la Pachamama [la Mère Nature ndlr] testait notre sagesse et notre intelligence. Il m’a demandé si je préférais l’or qui se trouve dans le sous-sol ou l’eau de la surface. Qu’est-ce que nous préférons camarade ? » « L’eau ! » lui répondent-ils en chœur.

    ►À lire aussi : Équateur : manifestation pour bloquer l’exploitation pétrolière du Yasuni

    Ayant changé son prénom pour « Yaku », le mot quichua pour « eau », cet indigène cañari de 50 ans est la figure visible de la lutte contre la compagnie canadienne INV Metals qui souhaite construire une mine d’or souterraine dans sa concession de 10 000 hectares. Une lutte qui a mobilisé de nombreux indigènes de la zone et notamment des femmes comme Dolores Peralta : « Étant femmes et mères de famille, nous utilisons l’eau tous les jours pour cuisiner, laver, nettoyer. L’eau c’est la vie, c’est nécessaire pour prendre soin de nos enfants ».

    Le discours des entreprises ne convainc pas

    Devant les sources où quelques truites se font visibles dans l’eau glaciale, une arche construite par INV Metals donne la bienvenue au projet Loma Larga et annonce le début d’une activité minière « moderne ». Pas assez pour convaincre l’indigène Esther Remache : « Ils nous disent qu’ils vont nous donner du travail, de l’argent, qu’on ne sera plus pauvre, qu’on va pouvoir offrir un futur à nos enfants. Ils nous promettent une vie plus facile parce que travailler dans les champs, c’est dur. Ils nous disent qu’avec l’activité minière on ne va plus souffrir. C’est facile à dire, mais en attendant, même si l’on a un travail, comment va-t-on mieux vivre s’ils contaminent notre eau et provoquent la montée de la délinquance et de la prostitution ? »

    ►À lire aussi : Équateur : victoire des indiens Waorani contre l’exploitation de pétrole

    Originaire de la communauté Victoria del Portete, Luz Marina Yumipuya est dans la lutte pour l’eau depuis 20 ans : « Je me suis battue avec une femme de la compagnie, je l’ai frappée parce qu’elle voulait prendre mes deux enfants, les retirer de l’école de la communauté pour les amener à celle de la compagnie. Et là, ils les embrigadent, ils leur font croire que la mine ne provoque pas de contamination ».

    Le paramo, un environnement fragile

    Biologiste travaillant pour la préfecture de l’Azuay, Martin Vega est inquiet pour le futur du paramo de Quimsacocha, véritable éponge naturelle : « Les paramos sont reconnus dans la Constitution équatorienne comme des écosystèmes fragiles. Leur équilibre naturel dépend de quelques caractéristiques qui, si elles sont altérées, peuvent provoquer des changements considérables dans le milieu naturel et dans cet écosystème ».

    Pour le préfet Yaku Pérez, la lutte pour l’eau a le pouvoir de fédérer la population. Il reconnaît que cela n’a pas toujours été le cas : « Tout le monde était contre nous. La presse de Cuenca était contre nous. L’université de Cuenca a reçu 250 000 dollars de la compagnie minière pour sortir une étude disant qu’il n’y a pas d’eaux souterraines ici. Il n’y avait pas une autorité politique en notre faveur, ni un maire, ni un conseiller municipal, ni un préfet. Les curés étaient contre nous… Tout le monde… Nous étions si peu ».

    En mars dernier, une large majorité de la population locale a voté contre l’exploitation minière dans la réserve de Quimsacocha. Yaku Pérez a regretté la récente décision de la Cour Constitutionnelle de ne pas autoriser le même référendum anti-mine au niveau régional, mais il a un plan B : « Si la cour n’accepte pas notre demande, nous nous coordonnerons avec toutes les organisations indigènes du pays pour exiger un référendum anti-mine au niveau national ».

    Un plan que le gouvernement a promis de combattre, lui qui espère recevoir deux milliards d’euros d’ici 2021 de l’activité minière à grande échelle.

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