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    Équateur: trois questions à Marie-Esther Lacuisse, spécialiste des pays andins

    media Résidents et manifestants acclament l'arrivée de manifestants indigènes pour soutenir les manifestations contre les mesures d'austérité du gouvernement de Lenin Moreno, à Quito, le 7 octobre 2019. REUTERS/Daniel Tapia

    La tension est à son comble en Équateur depuis près d’une semaine suite à l’annonce par les autorités de la fin des subventions pour les carburants. Une décision indispensable pour obtenir un prêt négocié avec le FMI. Suite à cette annonce le secteur des transports s’est mobilisé et a littéralement paralysé le pays, obligeant les autorités à décréter l’état d’urgence.

     

    Samedi, le secteur des transports a annoncé qu’il mettait un terme à son mouvement, mais les communautés indigènes ont décidé de le poursuivre. Ce mouvement se durcit de jour en jour, pour preuve : ce lundi des manifestants ont tenté de prendre d’assaut le Congrès à Quito. Le président Lenín Moreno a annoncé le même jour le transfert du gouvernement à Guayaquil avant une grève nationale prévue pour ce mercredi

    Marie-Esther Lacuisse, docteure en science politique, spécialiste des pays andins (Bolivie, Équateur et Pérou), chercheure associée à l’IHEL et collaboratrice pour l’OPALC.

    Comment en est-on arrivé là ?

    Marie-Esther Lacuisse : Il y a un élément central dans cette crise : il s’agit de l’accord de prêt avec le Fonds monétaire international qui a été signé l’année dernière par le président Lenín Moreno. C’est dans le cadre de cet accord que doit être augmenté le prix l’essence, car il existe des conditions pour le prêt au regard de la dette publique en Équateur - notamment celle de la fin des subventions pour le pétrole. Ce n’est pas rien puisque cela représente un milliard de dollars par an. Cet accord est rejeté par la population, car il marque un retour aux politiques néo-libérales qui étaient en place dans les années 90, l’époque des accords avec le FMI, mais aussi avec des banques d’investissements, c’est-à-dire l’époque où le milieu bancaire était très proche du monde politique en Équateur. Ce qui avait conduit à la dollarisation du pays en 1998 et qui avait engendré des mobilisations très fortes. Le président Lenín Moreno a mis le doigt sur le rejet profond qui existe en Équateur par rapport à la dépendance aux prêts internationaux.

    Est-ce que ce mouvement de contestation est à même de renverser le gouvernement ?

    Marie-Esther Lacuisse : Quand on parle de l’Équateur, on se pose toujours la question puisque c’est l’un des pays qui a connu le plus de renversements de présidents. Rafael Correa est le seul président qui ait pu finir son mandat depuis 1996, et d’ailleurs il le met en avant. L’instabilité en Équateur est forte. Il existe beaucoup de divisions politiques au sein du système de parti. Donc c’est une hypothèse non négligeable, même si pour l’instant les militaires sont du côté du président puisqu’ils ont aidé au transfert du gouvernement vers Guayaquil.

    Le président Lenin Moreno accuse l’ancien président Rafael Correa d’être derrière cette vague de protestation. Sur quoi reposent selon vous ses accusations ?

    Marie-Esther Lacuisse : Lenin Moreno est en conflit avec Rafael Correa, bien qu’il ait été son vice-président jusqu’en 2013. Il a accepté d’être candidat pour l’alliance (« Alianza Pais ») en 2017, tout en critiquant la transformation de la révolution citoyenne entre 2006 et 2017 qui avait conduit à des pratiques plus autoritaires et amené beaucoup de corruption dans les institutions. Lenin Moreno voulait y mettre un terme. Sauf qu’en se présentant comme un président qui veut créer une rupture et revenir à l’origine de la révolution citoyenne alors qu’il pratique une politique inverse, c’est-à-dire néo-libérale, Lenin Moreno devient du coup une cible facile puisqu’il ne remet pas du tout en cause les réformes qu’il est en train de mener. Le conflit est là, mais on ne peut pas dire que cette mobilisation est conduite de l’extérieur puisqu’on retrouve les mêmes acteurs qu’en 1998. L’argument de l’extérieur est employé pour ne pas remettre en question les réformes souhaitées par Lenin Moreno.

    ► À lire aussi : Équateur: Lenin Moreno, ce drôle de président dont on sait peu de choses

    Quels sont les scénarios possibles à court terme ?

    Marie-Esther Lacuisse : Le premier scénario au regard de l’histoire politique de l’Équateur depuis vingt ans, c’est une destitution de président. Il ne faut vraiment pas négliger cette hypothèse étant donné la mobilisation. Le deuxième scénario passe par des négociations. Il faut que Lenín Moreno revienne sur des points de réformes. Ce qui s’annonce compliqué puisqu’il s’agit de mesures qui sont conditionnées à un prêt avec le FMI. Soit Lenin Moreno va partir, soit il y aura des négociations et une marche arrière, notamment sur la question du prix de l’essence. Les syndicats des transports ont levé leur grève samedi dernier pour engager un dialogue et obtenir des compensations. Étant donné la tournure des mobilisations depuis ce lundi on peut se demander dans quelles mesures des négociations peuvent être mises en place. Avec le gouvernement cela semble compliqué. J’ai vu que le maire de Quito avait appelé l’ensemble des maires du pays à jouer un rôle d’intermédiaire et de médiateur, ce qui pourrait être le troisième scénario possible.

    À lire aussi : Manifestations en Équateur: les raisons de la colère

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